Magazine Observatoire de Paris n°14 déc 11/jan-fév 2012
Magazine Observatoire de Paris n°14 déc 11/jan-fév 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de déc 11/jan-fév 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (211 x 298) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : vision d'avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Nuages moléculaires dans la Voie lactée, saisis par le télescope Herschel./Molecular clouds in the Milky way, captured by the Herschel telescope. ESA Contacts Jean-Michel LAMARRE Directeur de recherche CNRS LERMA + 33 (0)1 40 51 20 64 jean-michel.lamarre@obspm.fr Edith FALGARONE Directrice de recherche CNRS LERMA - ENS + 33 (0)1 44 32 33 47 edith.falgarone@lra.ens.fr 8 – MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°14/DÉCEMBRE 2011 ÉVÉNEMENT HERSCHEL ET PLANCK : DEUX ANS DE MOISSON HERSCHEL AND PLANCK : TWO YEARS OF ACHIEVEMENTS En mai 2009, une communauté de plusieurs centaines de chercheurs retenait son souffle : les satellites Herschel et Planck s’élançaient dans un long périple de 1,5 million de kilomètres. Plus de deux ans après, l’aventure scientifique bat son plein. Notamment, à l’Observatoire de Paris. In May 2009, several hundreds of scientists were holding their breath : the Planck and Herschel satellites set out for a long, 1.5-million-kilometre journey. More than two years later, the scientific adventure is in full swing— in particular at the Observatoire de Paris. Après leur lancement par la fusée Ariane, les deux joyaux de l’Agence spatiale européenne ESA se sont installés au voisinage du point de Lagrange « L2 », loin de la Terre et du Soleil. Là, les observations infrarouges ont commencé. Leur but astrophysique ? Nous faire remonter le temps... Un voyage de près de 14 milliards d’années. Herschel scrute l’Univers froid de la naissance des étoiles et des galaxies. Planck capte la première lumière émise par le cosmos, 380 000 ans après le big bang. L’un et l’autre dispensent leurs flots d’informations. Du berceau des galaxies... Le télescope spatial Herschel tient son rang d’excellence. Qu’il s’agisse de l’exploration des comètes du Système solaire, de la Voie lactée ou des galaxies voisines : le plus grand télescope jamais lancé dans l’espace livre ses secrets. À l’Observatoire de Paris, différentes équipes participent au décryptage. Parmi les découvertes marquantes : celle d’un réservoir de noyaux glacés de comètes au-delà de Neptune, loin du Soleil, à porter au crédit du Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique - LESIA ; celle de la vapeur d’eau enfouie dans l’atmosphère d’une étoile géante rouge, riche en carbone : un résultat du Laboratoire Univers et Théories - LUTH ; enfin, la découverte de la richesse insoupçonnée des toutes premières étapes de la chimie dans le milieu ténu qui emplit l’espace entre les étoiles, une recherche conduite au Laboratoire d’Étude du Rayonnement et de la Matière en Astrophysique - LERMA. C’est la chimie de ce milieu ténu qui le transforme peu à peu et permet aux nouvelles générations d’étoiles d’apparaître aujourd’hui à la prime enfance de l’Univers Le satellite cosmologique Planck, lui, a livré son premier catalogue d’objets célestes en janvier dernier. La moisson comporte 15 000 sources - nurseries de jeunes étoiles, galaxies lointaines riches en poussières et amas de galaxies. À l’Observatoire de Paris, le LERMA et son partenaire le laboratoire Astroparticule et Cosmologie - APC ont participé à la conception de l’instrument High Frequency Instrument HFI doté de 52 bolomètres. À ce titre, leurs équipes font partie du noyau dur qui travaille à interpréter les données. En janvier 2013 paraîtra la fameuse carte, très attendue, du rayonnement primordial. Un document fondamental par ses implications sur la composition intime et l’histoire de notre Univers. Une version plus aboutie du résultat de très grand intérêt cosmologique suivra en février 2014. After their launch by an Ariane rocket, the two European Space Agency (ESA) gems reached the vicinity of Lagrange equilibrium point L2, far away from Earth and Sun. Infrared observations then began. Their astrophysical mission is to take us back in time, almost 14 billion years ago. Herschel explores the cold early Universe, where stars and galaxies are formed. Planck detects the first light of the cosmos, 380,000 years after the Big Bang. Both satellites Le premier ciel complet observé par Planck, au terme d’une année d’activité./The first complete sky observed by Planck, after one year of operation. ESA, HFI & LFI Consortia send their flow of data to Earth. From the cradle of the galaxies... The Herschel Space Observatory performs excellently. The largest ever space-borne telescope continues to unravel the secrets of the comets in the solar system, of the Milky Way, and nearby galaxies. At the Observatoire de Paris, several teams take part in deciphering the data. Among their outstanding discoveries : frozen cores of comets beyond Neptune, a result obtained by the Laboratory for Space Studies and Astrophysics Instrumentation (LESIA) ; water vapour in the atmosphere of a carbon-rich red giant star, to be credited to the Laboratory Universe and Theories (LUTH) ; and finally, the discovery of the unexpected richness of the very first stages of the chemistry at work in the interstellar medium, by scientists from the Laboratory for the Study of Radiation and Matter in Astrophysics (LERMA). It is the chemistry of that faint environment that gradually transforms it and allows the creation today of new generations of stars to the early stages of the Universe The Planck cosmological satellite produced a first catalogue of celestial objects, that was issued last January. A collection of 15,000 sources—nurseries of young stars, distant dusty galaxies, and galaxy clusters. At the Observatoire de Paris, LERMA and its partner, the Astroparticle and Cosmology Laboratory (APC), contributed to the design of the High Frequency Instrument (HFI), equipped with 52 bolometers. Scientists from these laboratories are now members of the HFI team whose task is to interpret the data. The much awaited chart of the primeval radiation will be released in January 2013. This fundamental cosmological information is essential for our understanding of the ultimate composition and history of our Universe. The final, and more complete version of this chart will follow in February 2014.
ÉVÉNEMENT MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°14/DÉCEMBRE 2011 – 9 TROIS QUESTIONS À NABILA AGHANIM Cosmologiste à l’Institut d’Astrophysique Spatiale THREE QUESTIONS TO NABILA AGHANIM Cosmologist at the Institute of Space Astrophysics L’astronomie française prend part aux deux grandes aventures spatiales européennes, Herschel et Planck. Témoignage. French astronomy participates in two major European space adventures : Herschel and Planck. Nos connaissances sur l’Univers vont-elles être bouleversées ? Comme pour toutes les grandes missions, l’immense masse de données fournie par Planck et Herschel va alimenter les travaux de la communauté scientifique internationale pendant plusieurs dizaines d’années. Pour prendre un exemple dans mon domaine de recherche, Planck vient de fournir des images uniques à des longueurs d’ondes inférieures au millimètre de certaines des plus grandes structures de l’Univers : environ 200 amas de galaxies ou superamas, dont trente étaient jusqu’alors inconnus. Or, la plupart de ces objets sont encore en train de se former, de s’amalgamer. En les scrutant en détail, nous tentons de mieux comprendre comment la matière s’assemble à grande échelle. C’est une clé pour appréhender l’histoire et l’évolution de l’architecture de l’Univers depuis ses origines. Peu à peu, nos connaissances progressent. Peutêtre même seront-elles chamboulées ! Outre leur lancement commun, y-a-t-il des liens entre Herschel et Planck ? Les deux se complètent. C’est passionnant. Des programmes d’observation conjoints se dessinent : une des niches d’Herschel porte sur les pouponnières d’étoiles, régions glacées et obscures, à des températures de seulement quelques degrés au-dessus du zéro absolu. Planck les repère de manière efficace dans le ciel. C’est là que germeront bientôt de jeunes soleils. Deux ans après, le satellite cosmologique Planck tient-il ses promesses ? Et comment ! il délivre tous les jours des données de qualité exceptionnelle sur l’Univers. En janvier dernier, à partir de sa cartographie intégrale du ciel, nous avons pu fournir à la communauté scientifique un premier catalogue de sources « compactes », c’est-à-dire peu étendues sur la voûte céleste : il recèle 15 000 objets situés à l’intérieur ou à l’extérieur de notre galaxie. Les premiers résultats sont enthousiasmants. Avant de parvenir à son but ultime - le fond de rayonnement primordial - Planck apporte des informations inédites sur la Voie lactée et les galaxies plus ou moins lointaines situées à l’avant-plan. Do you expect our knowledge of the Universe to beupturned ? As it is the case with all major missions, the huge volume of data generated by Planck and Herschel will be analyzed by the international scientific community for several decades. For example, in my own research field, Planck has just provided unique images at submillimeter wavelengths of some of the largest structures in the Universe : about 200 galaxy clusters or superclusters, including thirty previously unknown ones. Most of these objects are still in the process of being formed, of amalgamation. By observing them in details, we seek a better understanding of the way matter comes together at a large scale. It is a key to understanding the history and evolution of the architecture of the Universe since its origins. Little by little, our knowledge improves. Who knows, it could even be turnedupside down ! Apart from their joint launch, are there connections between Herschel and Planck ? They complement each other. It’s exciting. Joint observation programs are taking shape : one of Herschel’s niches is star nurseries. These are dark, frozen regions, with temperatures of only a few degrees above absolute zero. Planck is very efficient in spotting them in the sky. There, new suns will soon shine. Two years on, has the Planck cosmological satellite livedup to expectations ? It did brilliantly ! Every day it delivers data of exceptional quality about the Universe. Last January, using its complete map of the sky, we have been able to provide the scientific community with a first catalogue of « compact » sources, that is, those in a narrow region of the sky. The catalogue lists 15,000 objects inside and outside our Galaxy. Early results are exciting. Before attaining its ultimate goal—the cosmic microwave background—Planck provides new information about the Milky Way and the more or less distant galaxies located in the foreground. PORTRAIT/PROFILE Cosmologiste à l’Institut d’Astrophysique Spatiale IAS (CNRS - Université Paris-Sud), Nabila Aghanim est spécialiste de l’interprétation du rayonnement fossile de l’Univers. Elle a coordonné le groupe de travail Planck dédié aux « anisotropies secondaires », ces altérations qu’ont subies les photons en croisant sur leur parcours la matière ionisée. Nabila Aghanim est membre du haut comité scientifique de l’Observatoire de Paris. Cosmologist at the Institute of Space Astrophysics IAS (CNRS - Université Paris Sud), Nabila Aghanim is an expert of the interpretation of the cosmic microwave background. She has coordinated the Planck working group on « secondary anisotropies », the changes photons undergo when they meet ionized matter. Nabila Aghanim is a member of the Observatoire de Paris high scientific council. CNRS Photothèque/P. Bazogue Contact Nabila AGHANIM Directrice de recherche CNRS IAS +33 (0)1 69 85 86 46 nabila.aghanim@ias.u-psud.fr



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