Magazine Observatoire de Paris n°12 sep/oct/nov 2009
Magazine Observatoire de Paris n°12 sep/oct/nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de sep/oct/nov 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (211 x 298) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : exposition évènement... Cosmos, un cheminement jusqu'aux confins de l'Univers.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
PrEMIEr InSTrUMEnT dE 2 e GÉnÉrATIOn équipant le VLT, le spectrographe X-shooter est unique en son genre : il enregistre en une seule fois le rayonnement complet d’un objet céleste./The first second-generation instrument to be mounted on the VLT, the X-shooter spectrograph is unique in its kind : it can record in one shot the entire radiation spectrum of a celestial object. ESO. Contact : François hAMMEr Astronome PI France X-shooter GEPI + 33 (0)1 45 07 74 08 francois.hammer@obspm.fr cOnFÉrEncE dE PrESSE L’European Southern Observatory - ESO a choisi l’Observatoire de Paris pour la tenue de sa conférence de presse sur les débuts prometteurs du spectrographe X-shooter. Elle s’est déroulée le 25 mai dernier en présence des principaux responsables européens de l’instrument dont l’astronome François Hammer (debout, photo ci-contre), directeur du GEPI de l’Observatoire de Paris. The European Southern Observatory (ESO) chose the Observatoire de Paris to hold its press conference about the promising beginnings of the X-shooter spectrograph on 25 May 2009. The astronomer François Hammer (standing, see picture), director of GEPI, was among the European scientists responsible for the instrument who were present. (1) Voir « Une intégrale de champ pour X-shooter » /See « An integral field unit for X-shooter », Magazine n o 8, September 2007, p.10. 16 – MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°12/SEpTEMBRE 2009 GEPI/rEchErchE X-ShOOTER fAIT TOuTE LA LuMIèRE SuR LES cONfINS DE L’uNIVERS X-ShOOTER ShEDS A LIGhT ON ThE VERy OuTER REGIONS Of ThE uNIVERSE À peine installé, il prouve déjà son efficacité ! X-shooter, un spectrographe d’une capacité sans précédent, a vu sa première lumière céleste le 14 mars dernier. c’est un succès et une joie pour les équipes du laboratoire Galaxies, Étoiles, Physique et Instrumentation - GEPI et du laboratoire Astroparticule et cosmologie - APc qui ont porté ce projet dans le cadre d’un consortium impliquant, aux côtés de l’European Southern Observatory - ESO, plusieurs instituts de recherche européens. Recently installed, it has already shown its worth ! X-shooter, a uniquely powerful spectrograph, saw its first light on 14 March of this year. A complete success and a source of delight for the teams at the Galaxies, Stars, physics, and Instrumentation Laboratory (GEpI) and the Astroparticle and cosmology Laboratory (Apc), who carried out this project as part of a consortium that involved, besides the European Southern Observatory (ESO), several European research institutes. Le Very Large Telescope - VLT de l’ESO, installation phare de l’Europe pour l’astronomie au sol, est désormais équipé de son premier instrument de seconde génération : X-shooter. Unique parmi les spectrographes actuels, il permet de couvrir simultanément un domaine de longueurs d’onde très étendu, depuis l’ultraviolet jusqu’à l’infrarouge proche, avec une efficacité sans précédent. Le GEPI a été responsable de l’intégrale de champ 1 qui permettra d’observer en détail les sursauts gamma et leurs environnements ainsi que de cartographier les galaxies lointaines. Il a également conçu le logiciel de réduction de données, en collaboration avec le laboratoire APC. Le nom de l’instrument de 2,5 tonnes a été choisi afin d’illustrer sa capacité à acquérir des données sur une source dont la nature et la distribution d’énergie sont inconnues avant le début de l’observation. Cette propriété est cruciale dans l’étude des sursauts de rayons gamma, les explosions les plus énergétiques connues dans l’Univers. Les sources les plus lumineuses de l’Univers Ce sont les explosions les plus brillantes qu’il soit donné d’observer dans l’Univers. Connus depuis les années 1970, les sursauts gamma (les GRB, pour Gamma-Ray Bursts) intéressent pour eux-mêmes mais aussi, et surtout, pour ce qu’ils pourraient nous apprendre sur les régions les plus éloignées et donc sur les temps les plus reculés du cosmos. En particulier, les sursauts pourraient bien être les témoins de la toute première génération d’étoiles, nées très tôt, des étoiles dont la masse faisait de 30 à 100 fois celle de notre Soleil. Jusqu’à présent leur étude était rendue difficile par la brièveté du phénomène car la luminosité décroît très rapidement après l’explosion. Il faut donc être réactif et pouvoir identifier immédiatement le domaine spectral à étudier. C’est justement une des qualités de X-shooter qui est le seul à pouvoir détecter des sursauts gamma jusqu’à l’époque, reculée, de la formation des premières étoiles. Dès qu’ils sont détectés par les satellites sentinelles (Integral, SWIFT, SVOM), les sursauts gamma sont pointés par X-shooter. Les premières observations en configuration complète ont eu lieu le 14 mars 2009. Elles ont démontré que l’instrument fonctionne parfaitement. Pendant ses premières séances d’essai sur le ciel, le spectrographe X-shooter a eu la chance de pouvoir analyser la lumière en provenance d’un sursaut gamma détecté la veille par le satellite SWIFT de la NASA. Il a éclaté à 11,7 milliards d’années-lumière (z = 3,37) dans la constellation de la Vierge. Ce qui le situe à une époque très reculée où l’Univers n’avait que 1,92 milliard d’années, soit 14% de son âge actuel ! On comprend l’impatience de la communauté scientifique à accéder à X-shooter dès le 1 er octobre 2009. The ESO Very Large Telescope (VLT), Europe’s most advanced telescope for ground-based observations, is now equipped with its first second-generation instrument : X-shooter. Unique among the present spectrographs, it can cover simultaneously a very large wavelength domain, from the ultraviolet to the near infrared, with unparalleled efficiency. GEPI has built the integral field unit 1 that willallow the detailed observation of gamma-ray bursts and their environment and will permit the mapping of distant galaxies. It has also designed the data reduction software, in collaboration with the APC laboratory. The name of the 2.5-ton instrument was chosen to highlight its ability to observe a source of unknown energy distribution. This is a crucial property for the study of gamma-ray bursts, the most violent explosions known. The brightest sources in the Universe Known since the 1970s, gamma-ray bursts (GRB) are the brightest explosions in the Universe. They are studied for themselves but also, and especially, because of the light they may shed on the most distant regions, and therefore on the earliest times, of the cosmos. In particular, these bursts could well be witnesses of the very first generation of stars, born in the early Universe, with masses between 30 to 100 times that of our Sun. Until now, their study was made difficult by the brevity of the phenomenon, since the luminosity decreases very quickly after the explosion. It is then imperative to be able to immediately identify the spectral domain to be studied. This is precisely one of the features of X-shooter, the only instrument capable of detecting gamma-ray bursts back to the time of the formation of the first stars. As soon as bursts are detected by one of the sentry satellites (Integral, SWIFT, SVOM), X-shooter is aimedat them. The first observations in its full configuration were made on 14 March 2009, and they showed that the instrument operated perfectly. During its first test observations, X-shooter had the opportunity to analyze the light coming from a gamma-ray burst that NASA’s SWIFT satellite had detected the previous day. The explosion took place in the Virgo constellation 11.7 billion light-years away (z = 3.37), and therefore at a very remote time, when the Universe was only 1.92 billion years old, which is 14 percent of its present age. One can understand why the scientific community is impatiently waiting to have access to X-shooter, starting on 1 st October 2009. Conférence de presse. Ramon Navarro (NOVA-ASTRON the Netherlands)
recherche/apc MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°12/SEpTEMBRE 2009 – 17 VuE DE LA TERRE, VuE Du CIEL : pERSpECTIVES COMpLéMENTAIRES SuR uNE GALAxIE AS SEEN fROM EARTh AND fROM SpACE : COMpLEMENTARY pERSpECTIVES Of A GALAxY les galaxies actives font partie des objets les plus puissants et violents de l’univers. elles émettent une grande quantité de rayonnements lumineux dans toutes les longueurs d’onde. la collaboration entre les observatoires internationaux fermi et hess a permis d’observer, pour la première fois, ce rayonnement simultanément à haute et très haute énergie. une équipe du laboratoire astroparticule et cosmologie - apc a participé à l’analyse des données. Active galaxies are some of the most powerful and violent objects in the universe, emitting prodigiously over the whole electromagnetic spectrum. for the first time, a collaboration between the international observatories fermi and hESS has made possible the simultaneous observation of this emission at high and very high energies. A team from the ApC participated in the analysis of these data. les galaxies actives sont parmi les sources les plus énergétiques du cosmos. un trou noir supermassif se dissimule vraisemblablement au centre de chacune d’entre elles. dans ces objets, l’accrétion de la matière par le trou noir supermassif s’accompagne de la formation de jets dans lesquels des particules sont éjectées à des vitesses proches de celle de la lumière. Pour la première campagne d’étude conjointe entre l’observatoire hess (au sol, en namibie) et le satellite fermi de la nasa, les chercheurs ont décidé de s’intéresser à une galaxie active de type « blazar », qui émet son jet en direction de la terre. hess avait déjà observé cette galaxie en 2006 alors qu’elle connaissait un sursaut énergétique de grande ampleur. beaucoup plus calme, pendant la campagne de 2008, la galaxie a néanmoins réservé quelques surprises de taille aux équipes d’aPc qui ont analysé les données recueillies par hess. des pièces du puzzle pour les théoriciens l’intérêt d’une telle campagne simultanée fermi/hess est de pouvoir observer le rayonnement à la fois en haute et en très haute énergie (un milliard et mille milliards de fois plus énergétique que la lumière visible). l’émission de la source est ainsi caractérisée sur une gamme en énergie très large et très contraignante pour les modèles d’émission. et pour parfaire cette campagne, des observations ont également été menées dans les longueurs d’ondes X et dans le visible. or, tandis que durant les épisodes éruptifs de ce blazar en 2006, les émissions en rayons X et en gamma variaient de concert, tel n’a pas été le cas en 2008, alors que la galaxie était dans un état calme. Plus étranges encore, les variations de la lumière visible semblent liées aux variations des rayons gamma de plus haute énergie vues par hess. ces résultats remettent en question les modèles théoriques les plus élémentaires. d’autres campagnes d’observation seront donc nécessaires pour collecter de nouvelles informations inédites et percer certains mystères de ces galaxies extrêmes. Voir aussi/See : « Observatoire HESS : l’envolée des très hautes énergies/The HESS Observatory : very high energy takes off », Magazine n°7, March 2007,pp. 6-7. dans le cœur d’une GalaxIe actIve, la matière tombant dans un trou noir supermassif crée des jets de particules qui se déplacent à une vitesse proche de la vitesse de la lumière. Dans les galaxies actives du type « blazar », un de ces jets est pointé droit vers la Terre./At the centre of an active galaxy, the matter falling into a supermassive black hole gives rise to jets formedof particles moving close to the speed of light. In the active galaxies of the « blazar » type, one of these jets points right in the direction of the Earth. NASA/Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab. active galaxies are amongst the most powerful and energetic objects in the universe. they most probably harbour a supermassive black hole at their centres. in these objects, the accretion of matter by the super-massive black hole engenders the formation of jets in which particles are ejected at speeds close to the speed of light. for the first joint observation campaign between hess (ground-based, in namibia) and fermi (nasa satellite), scientists chose to observe an active galaxy of the « blazar » type, a sub-class whose jet is emitted in the direction of the earth. hess had already observed this galaxy in 2006 when it was in a very high flux state. while it was much calmer in 2008, the galaxy still reserved a few surprises for the aPc team who analysed the data collected by hess. pieces of the puzzle for theoreticians the motivation of such a simultaneous campaign fermi/hessis the observation of photons of both high and very high energies (a billion and a trillion times more energetic than visible light). the emission of the source is thus characterized over a wide energy range, which poses strong constraints on the emission models. and to complete this campaign, observations in X-ray and optical were also taken. though in the observations of the eruptive episodes of this blazar in 2006 the X-ray and very high energy gamma emission varied in tandem, this wasn’t the case in 2008, when the galaxy was in calm. even stranger, this time the variations in optical emission seem to be linked to those in very high energy gamma rays, as seen by hess. these results cast doubt on the most elementary theoretical models of such sources. further observation campaigns will be needed to collect new data which may allow some of the mysteries surrounding these extreme galaxies to be solved. en namIbIe, les quatre télescopes identiques du High Energy Stereoscopic System détectent des éclairs ténus dans l’atmosphère engendrés par l’absorption des rayons gamma d’ultra haute énergie./In Namibia, the four identical telescopes of the High Energy Stereoscopic System (HESS) detect faint light flashes in the atmosphere produced by the absorption of ultra-high energy gamma rays. HESS contactC : lucie Gerard Doctorante APC +33 (0)1 57 27 69 70 lucie.gerard@apc.univ-paris7.fr fermI, Large Area Telescope (LAT), vue d’artiste./Artist’s view of Fermi, Large Area Telescope (LAT). NASA/Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab HESS (High Energy Stereoscopic System) est un ensemble de quatre télescopes installé en Namibie, à 1 800 mètres d’altitude. Il fonctionne à pleine sensibilité depuis janvier 2004. La collaboration est conduite principalement par des laboratoires français et allemands aux côtés d’autres partenaires européens et d’Afrique australe. Outre la participation des équipes du LUTH, autre laboratoire de l’Observatoire de Paris, les physiciens d’APC participent aux activités de prises de données, de simulation et d’analyse des données, ainsi qu’à l’interprétation physique des résultats obtenus. HESS (acronym of « High Energy Stereoscopic System »), is an ensemble of four telescopes installed in Namibia, at an altitude of 1,800 metres, which is in operation at full sensitivity since January 2004. This collaboration is principally carried out by French and German laboratories together with other European and Southern African partners. In addition to the participation of teams from LUTH, another laboratory of the Observatoire de Paris, physicists from APC participate in data taking, simulation and analysis of the data, as wellas the physics interpretation of the results that are obtained.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :