Magazine Observatoire de Paris n°11 déc 08/jan-fév 2009
Magazine Observatoire de Paris n°11 déc 08/jan-fév 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de déc 08/jan-fév 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : 1609-2009, quatre siècles d'astronomie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’astéroïde Steins dévoilé par la caméra à grand champ de Rosetta./The Steins asteroid as revealed by Rosetta’s large field camera. ESA Contacts : Pierre DROSSART Directeur de recherche CNRS LESIA +33 (0)1 45 07 76 64 pierre.drossart@obspm.fr Marcello FULCHIGNONI Professeur des universités, Paris 7 LESIA +33 (0)1 45 07 75 39 marcello.fulchignoni@obspm.fr Antonella BARUCCI Astronome LESIA +33 (0)1 45 07 77 75 antonella. barucci@obspm.fr Nicolas BIVER Chargé de recherche CNRS LESIA +33 (0)1 45 07 78 09 nicolas.biver@obspm.fr En novembre 2014, Rosetta déposera le module Philae sur le noyau de sa comète cible. Vue d’artiste./In November 2014, Rosetta will land the Philae Lander on the nucleus of its target comet. ESA 22 – MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°11/janvier 2009 Plein succès pour la première escale de Rosetta Rosetta’s first leg a resounding success En route vers la comète Churyumov-Gerasimenko, la sonde européenne s’est approchée à 803 kilomètres de l’astéroïde Steins le 5 septembre dernier. Pour le plus grand bonheur des astronomes du Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique - LESIA. On its way to the Churyumov-Gerasimenko comet, on 5 September the European orbiter closed in to within 803 kilometres of the Steins asteroid, to the delight of astronomers at the Laboratory for Space Studies and Astrophysics Instrumentation (LESIA). Vu de loin, c’est un gros diamant de 5,3 ¥ 3,9 kilomètres de dimensions. Mais de près, le roc irrégulier apparaît couvert d’au moins 23 cratères, dont deux de diamètre supérieur à 2 kilomètres, et sept alignés comme s’ils avaient été créés par la chute d’un corps fragmenté. Les analyses de la moisson de données acquises lorsque la sonde Rosetta a survolé l’astéroïde 2867 Steins, au plus près à 20 h 58 le 5 septembre 2008, n’en finissent pas de combler et de susciter de nouvelles interrogations sur l’origine et l’évolution de ce petit astre du type rare E (Enstatite) qui navigue dans la région interne de la ceinture principale située entre Mars et Jupiter. Les chercheurs supposent que cet objet de composition riche en silicates et pauvre en fer provient du manteau d’un astéroïde plus ancien détruit à la faveur des collisions qui ont régné tôt dans l’histoire du Système solaire né voici 4,55 milliards d’années. Les mesures enregistrées, alors que le robot croisait Steins à l’allure de 31 000 kilomètres/heure, ne manqueront pas d’être interprétées en ce sens. Trois des expériences embarquées ont été conçues avec la contribution du LESIA et du Laboratoire d’Études du Rayonnement et de la Matière en Astrophysique - LERMA. Prochain rendez-vous : Lutetia en juillet 2010 Le spectro-imageur VIRTIS (Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer) a contribué à établir une carte minéralogique de la surface de Steins. En combinaison avec lui, le radiomètre MIRO (Microwave Instrument for the Rosetta Orbiter) a permis d’évaluer la conductivité thermique et la température moyenne des matériaux sousjacents. La caméra à grand champ d’OSIRIS (Optical, Spectroscopic and Infrared Remote Imaging System) a délivré des clichés uniques. Seule ombre au tableau : la caméra haute résolution s’est mise inopinément en veille quelques minutes avant le sommet de la rencontre, après avoir saisi 60% des paysages de Steins. Un comportement qu’il importera de bien comprendre afin d’optimiser la suite. Car Rosetta n’en est qu’au début de son périple de 6,5 milliards de kilomètres entamé le 2 mars 2004 avec son lancement par Ariane 5. En effet, Steins ne constituait que la première étape - répétition générale - avant le survol d’un second astéroïde 21 Lutetia le 10 juillet 2010 et le rendez-vous majeur avec la comète 67P/Churyumov- Gerasimenko à l’été 2014. Il s’agira alors de se placer autour du noyau de glace, puis de le scruter intensément avec 14 instruments et d’y déposer le module Philae afin qu’il s’y ancre automatiquement. Une conclusion des plus ambitieuses. LESIA/recherche Seen from a distance, it is a big 5.3-by-3.9-kilometre diamond. But at close range, the irregularly-shaped rock reveals its craters ; twenty-three at least, of which two with a diameter of over 2 kilometres, and seven in a line, as if they had been created by the fall of fragments from an object coming apart. Analysis of the data from Rosetta’s flyby of the 2867 Steins asteroid, at 8:58 pm on 5 September 2008, when the distance was the shortest, have delighted astronomers but also raised new questions about the origin and evolution of this small object of rare E (Enstatite) type, travelling in the inner region of the main asteroid belt between Mars and Jupiter. Scientists believethat this object, rich in silicates and poor in iron, comes from the mantle of an even more ancient asteroid that was destroyed in one of the frequent collisions that occurred early in the life of the solar system, born 4.55 billion years ago. The data gathered as the orbiter flew by Steins at 31,000 kilometres per hour will likely confirmthis hypothesis. Three onboard experiments were designed with the participation of LESIA and the Laboratory for the Study of Radiation and Matter in Astrophysics (LERMA). Next stop : Lutetia, in July 2010 The Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer (VIRTIS) helped to drawup a mineralogical map of Steins’surface. In combination with it, the Microwave Instrument for the Rosetta Orbiter (MIRO) radiometer permitted an evaluation of the thermal conductivity and mean temperature of the underlying materials. The Optical, Spectroscopic and Infrared Remote Imaging System (OSIRIS) large field camera produced some amazing images. Only one thing went wrong : the high resolution camera switched to safe mode, a few minutes before the closest approach, after having caught 60 percent of Steins’landscape. This malfunction needs to be addressed, for Rosetta is only at the beginning of its 6.5-billionkilometre journey that began on 2 March 2004 with its launch by Ariane 5. Steins was only the first leg—a kind of general rehearsal— before the flyby of a second asteroid, 21 Lutetia, on 10 July 2010, and the main rendez-vous with the 67P/Churyumov-Gerasimenko comet in the summer of 2014. The probe will then orbit the icy nucleus to study it thoroughly with fourteen instruments and send the Philae Lander to automatically anchor itself to the comet’s surface— an ambitious conclusion for an extraordinary journey. La trajectoire de la rencontre./The encounter trajectory. ESA
recherche/APC ASPERA : les astroparticules regardent l’avenir ASPERA : astroparticles look towards the future MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°11/janvier 2009 – 23 Plus de 90% de la matière de l’Univers nous est inconnue ! Pour percer des mystères comme celui-ci, les astrophysiciens européens des particules ont décidé d’unir leurs forces sous l’égide du réseau ASPERA. Ils se sont retrouvés en septembre dernier pour finaliser leur feuille de route. Parmi eux, des astrophysiciens du laboratoire Astroparticule et Cosmologie - APC. More than 90 percent of the matter in the Universe is unknown to us. To solve mysteries like this, European particle astrophysicists joined forces under the sponsorship of the ASPERA network. They met last September to finalise their road map. Astrophysicists from the Astroparticle and Cosmology Laboratory (APC) were among them. De quoi est fait l’Univers ? Plus précisément : quelle est la nature de la matière noire et de l’énergie noire ? D’où viennent les rayons cosmiques ? À quoi ressemble le ciel aux énergies extrêmes ? … À l’intersection de la physique des particules, de la cosmologie et de l’astrophysique, l’astroparticule se définit à travers des questions majeures qui relèvent plus d’un consensus sur les champs d’investigation que d’une définition. En pleine expansion, cette jeune discipline nécessite des moyens importants et des technologies innovantes. C’est ce qui a motivé en juillet 2006 la création d’ASPERA 1, un réseau d’agences nationales européennes chargé de coordonner et de financer la recherche dans le domaine de la physique des astroparticules. Lors du meeting annuel d’ASPERA, en septembre dernier à Bruxelles, la feuille de route (complémentaire de celle du réseau ASTRONET dédié pour sa part à l’astronomie et à l’astrophysique) a été rendue publique. Cette feuille de route définit les axes prioritaires de la recherche en astroparticule pour les prochaines années. À cette occasion, le renouvellement d’ASPERA par la Commission Européenne a été officiellement annoncé. Les recommandations La « feuille de route » ASPERA propose des recommandations pour des instruments dans sept domaines de recherche (voir encadré). Deux de ces projets, CTA et KM3 Net, sont déjà bien avancés et de ce fait considérés comme prioritaires. La liste des projets retenus se complète avec différents soutiens : à la recherche sur l’énergie noire, au développement des laboratoires souterrains, à la synergie avec les sciences de l’environnement, à la formation d’un centre européen pour la théorie en astroparticule. Enfin, compte tenu des questions fondamentales que pose cette physique, la feuille de route met en exergue le rôle essentiel de l’astroparticule dans l’éducation et la diffusion de la culture scientifique aujourd’hui, que ce soit dans l’enseignement ou les médias. ASPERA en quelques chiffres• Plus de 2 500 physiciens dans plusieurs dizaines de laboratoires.• Un budget cumulé de près de 400 millions d’euros pour l’ensemble des programmes en cours et un budget annuel d’investissement de 70 millions d’euros.• 18 agences de financement en Europe, ainsi que le CERN, l’Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire. ASPERA in figures• More than 2,500 physicists in several dozen laboratories.• A cumulative budget of close to 400 million euros for the current programs and an annual investment budget of 70 million euros.• 18 funding agencies in Europe, together with CERN and the European Organisation for Nuclear Research. What is the Universe made of ? More precisely, what is the nature of dark matter and dark energy ? Where do cosmic rays come from ? What does the extreme-energy sky look like ? At the junction of particle physics, astrophysics, and cosmology, astroparticle physics defines itself through certain major questions that are more the result of a consensus on the research fields than a precise definition. This young and booming discipline requires substantial resources and novel technologies. This was the incentive for the creation, in July 2006, of ASPERA 1, a network of European national agencies aimedat coordinating and funding research in astroparticle physics. In ASPERA’s annual meeting in Brussels last September, the road map (which complements that of ASTRONET, devoted to astronomy and astrophysics) was made public. It sets the research priorities in astroparticle physics for the coming years. The renewal of ASPERA by the European Commission was officially announced on this occasion. The recommendations ASPERA’s « road map » makes recommendations for instruments in seven research fields (see box). Two of these projects, CTA and KM3 Net, are already welladvanced and for this reason considered a priority. The rest of the selected projects provide support for dark energy research, development of underground laboratories, synergy with environmental sciences, and the creation of an European centre for the theory of astroparticle physics. Finally, in view of the fundamental questions addressed by astroparticle physics, the road map highlights the essential role played by this discipline in today’s science education and outreach, both in schools and the media. (1) AStroParticle ERAnet (contraction de AStroParticle European Research Area Network)./AStroParticle ERAnet (a contraction of AStroParticle European Research Area Network). Sept priorités pour la recherche en astroparticule• Détection directe de la matière noire.• Recherches sur la masse des neutrinos, leur oscillation et la désintégration double bêta.• Désintégration du proton et astrophysique des basses énergies : LAGUNA.• Détection des rayons gamma de haute énergie : CTA.• Rayons cosmiques chargés : AUGER Nord et Sud.• Astronomie neutrino : KM3 Net.• Ondes gravitationnelles : Télescope Einstein. Seven priorities for research in astroparticle physics• Direct detection of dark matter.• Research on the mass of neutrinos, their oscillation, and double beta decay.• Proton decay and low-energy astrophysics : LAGUNA.• High-energy gamma-ray detection : CTA.• Charged cosmic rays : North and South Auger Observatories.• Neutrino astronomy : KM3 Net.• Gravitational waves : Einstein Telescope. Contacts Pierre BINETRUY Directeur du laboratoire APC binetruy@apc.univ-paris7.fr Jean-Luc ROBERT APC Correspondant communication ASPERA pour la France +33 (0)6 79 54 98 86 robert@apc.univ-paris7.fr



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