Magazine Observatoire de Paris n°10 jun/jui/aoû 2008
Magazine Observatoire de Paris n°10 jun/jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de jun/jui/aoû 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (220 x 307) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 22 Mo

  • Dans ce numéro : spécial spatial.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Vue aérienne du CENTRE SPATIAL DE TOULOUSE. Aerial view of the Toulouse Space Centre. CNES/Soule de Lafont Eric et Marjorie, 2004 Texte de Fabienne CASOLI, Responsable des programmes Étude et Exploration de l’Univers au CNES et de Jean-Marie HAMEURY, Directeur scientifique adjoint à l’INSU Written by Fabienne Casoli, head, Space Science and Exploration Office, CNES, and Jean-Marie Hameury, deputy scientific director, INSU. Le CNES, qui n’a pas de laboratoire de recherche, travaille en partenariat avec les organismes de recherche et les universités. Les orientations scientifiques des programmes spatiaux sont déterminées par la communauté scientifique (séminaires de prospective tous les 4-5 ans ; appels à propositions annuels). Le Comité des Programmes Scientifiques (CPS) assiste le CNES pour l’élaboration et le suivi du programme scientifique ; il s’appuie sur des groupes de travail (CERES en sciences de l’Univers) et des sous-groupes thématiques pour l’évaluation scientifique des projets, et sur le CNES pour l’évaluation technique. Le programme scientifique obligatoire de l’ESA est le cœur du programme français en sciences de l’Univers. L’ESA fournit le satellite, le lancement, les opérations ; les États membres, les instruments embarqués. Ainsi la France fournit environ 30% des instruments des missions scientifiques de l’ESA. Elle participe également au programme « optionnel » Aurora, qui comprend le projet ExoMars, et à la Station Spatiale Internationale avec le projet PHARAO/ACES. Cette participation au programme de l’ESA est complétée par des projets d’initiative nationale tels CoRoT et des coopérations multilatérales : NASA (STEREO, MSL...), Italie (Simbol-X), Chine (SVOM...), etc. En France, une dizaine de laboratoires 1 disposent de moyens et de personnels techniques leur permettant d’assurer la maîtrise d’œuvre et/ou le développement des instruments embarqués avec le soutien technique et financier du CNES ; l’apport des organismes de recherche étant comparable à celui du CNES. Le CNES joue un rôle de pilote dans la programmation spatiale, mais les décisions d’engagement des moyens, qui concernent autant l’INSU 2 que le CNES, sont prises lors de réunions communes réunissant l’ensemble des partenaires concernés. Ces laboratoires dits « spatiaux », créés dans les années 1960, bénéficient ainsi d’une attention particulière du CNRS, en raison des contraintes du spatial, portant aussi bien sur les plannings et donc les plans de charge que sur les exigences de fiabilité et de qualité. D’autres laboratoires bénéficient également du soutien du CNES pour participer à la réalisation et à l’exploitation d’instruments spatiaux, à des niveaux divers ; inversement, les laboratoires spatiaux sont souvent impliqués dans des projets sol, qui, notamment en matière de taille, deviennent presque comparables aux projets spatiaux. Cette diffusion des méthodes du spatial a été très bénéfique aux projets sol ; inversement, l’afflux de chercheurs issus d’autres horizons a été source de vitalité et de dynamisme pour les laboratoires spatiaux. Il n’en reste pas moins vrai que la spécificité des laboratoires spatiaux, en matière de taille, de méthodes de travail, de contraintes de calendrier, de moyens humains et matériels, demeure forte. 6 – MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°10 – SPÉCIAL SPATIAL/JUIN 2008 CONTEXTE CONTEXTE NATIONAL ET INTERNATIONAL NATIONAL AND INTERNATIONAL CONTEXT En France, c’est le Centre national d’études spatiales (CNES) qui est chargé de proposer au gouvernement la politique spatiale nationale et de la mettre en œuvre sous la tutelle des ministères de la Recherche et de la Défense. Son action s’inscrit dans une stratégie internationale ; dans le domaine des sciences de l’Univers, tous les projets sont montés en coopération internationale. In France, the National Centre for Space Studies (CNES) is the organization charged with advising the government on national space policy, and with its implementation under the supervision of the ministries of Research and Defence. Its actions are guided by an international strategy : in the field of Universe sciences, all projects are setup through international cooperation. The CNES, which has no research laboratories of its own, works in partnership with universities and research organizations. The scientific guidelines for space programmes are established by the scientific community (long-termpolicy seminars every 4-5 years, annual calls for proposals). The Scientific Programme Committee (CPS) assists the CNES in the scientific programme elaboration and follow-up, in collaboration with working parties (such as CERES in Universe sciences), groups of specialists for the scientific evaluation of projects, and the CNES for their technical evaluation. ESA’s compulsory scientific programme is the centrepiece of the French programme in Universe sciences. ESA provides the satellite, the launch, and the operations, while member states contribute the onboard instruments. France provides some 30 percent of the instruments in ESA’s scientific missions, besides participating in the « optional » Aurora programme, which includes the ExoMars project, and the International Space Station through the PHARAO/ACES project. This participation in the ESA’s programme also includes nationally originated projects such as CoRoT, and multilateral collaborations : NASA (STEREO, MSL, among others), Italy (Simbol-X), China (SVOM), and so forth. In France, some ten laboratories 1 have the qualified personnel and technical capacity to undertake the construction and/or development of onboard instruments with the technical and financial support of the CNES, the contribution of research organizations being comparable to that of the CNES. While the CNES plays an initiator role in space programming, the decisions concerning funding, which also involve the INSU 2, are made with the accord of all concerned parties. These socalled « space » laboratories, created in the 1960s, benefit from special considerations on the part of the CNRS, due to the particular constraints of space projects concerning planning as wellas reliability and quality requirements. Other laboratories also receive support from the CNES to help them participate in the construction and operation of space instruments at various levels. Space laboratories are often involved in ground-based projects, which may be almost as important in size as their space undertakings. Such a use of space methods proved beneficial to groundbased projects. Conversely, this influx of scientists from other fields constituted a source of dynamism for space laboratories. However, it deserves to be stressed that the specific nature of space laboratories, in terms of size, working methods, time constraints, and human and material resources, remains strong. 1. NDLR : parmi lesquels on peut citer, outre le LESIA à l’Observatoire de Paris, le Sap au CEA, l’IAS à Orsay, le LAM à Marseille, l’IAP à Paris, le CETP à Vélizy,.../Among these, besides LESIA at the Observatoire de Paris, Sap at CEA, IAS at Orsay, LAM in Marseille, IAP in Paris, and CETP at Vélizy. 2. INSU : Institut national des sciences de l’Univers, au sein du Centre national de la recherche scientifique - CNRS./INSU : National Institute for Universe Sciences, within the National Centre for Scientific Research (CNRS).
CONTEXTE En France, c’est le CNES qui est responsable de la politique spatiale du pays. Quelles relations votre laboratoire entretient-il avec cette agence ? Je n’hésite pas à dire que nous avons un partenariat d’excellence avec notre agence spatiale. Dès la création du CNES en 1957, nos équipes ont été associées étroitement à tous les projets. Cela fait donc 45 ans, soit deux voire trois générations, de collaborations étroites entre nos personnels. Mais à chacun son rôle. Le CNES qui n’a pas de laboratoires de recherche est le maître d’œuvre global d’un satellite ; à ce titre, il est garant de la gestion globale du projet et de son financement. C’est un rôle qu’il est le seul à pouvoir tenir. De notre côté, nous intervenons tant en amont qu’en aval du projet. Nos chercheurs formulent les questions scientifiques et déterminent ensuite le type d’instrument susceptible d’apporter les réponses. Ils participent ensuite à différentes phases du projet jusqu’à l’analyse finale des données recueillies. Quelle place tiennent les industriels dans cette collaboration ? Lorsque l’activité spatiale a démarré en France, presque tout était fabriqué dans les laboratoires. Mais au fil des ans, la complexité de l’instrumentation et la technicité ont augmenté. Nous avons dû faire de plus en plus appel à la sous-traitance, une relation qui s’est transformée aujourd’hui en véritable partenariat. Nous avons la chance d’avoir en France un grand nombre d’industriels qui possèdent les techniques de pointe dont nous avons besoin, avec la garantie de qualité que requièrent nos activités. Nous sommes dans une relation de bénéfices réciproques. La politique industrielle tire bénéfice des progrès scientifiques du spatial. D’un autre côté, aujourd’hui, si un laboratoire veut rester dans la compétition internationale, il doit être à la pointe des avancées technologiques. Comment des institutions aussi différentes réussissent-elles à travailler ensemble ? Je crois que cela tient à la spécificité de nos activités. L’instrumentation spatiale est un métier à part qui demande une très grande expérience. Tous ceux qui partagent cette expérience sont conscients qu’ils dépendent les uns des autres, chacun à sa place et dans son rôle. Je crois que la mission CoRoT en est le meilleur exemple. C’est un partenariat modèle entre les laboratoires de recherche (LESIA, autres laboratoires de l’Observatoire de Paris et d’autres institutions), le CNES et les industriels. La réussite de CoRoT atteste bien de la validité de ce modèle (voir page suivante). MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°10 – SPÉCIAL SPATIAL/JUIN 2008 – 7 « DES PARTENARIATS INDISPENSABLES, MAIS SURTOUT PROFITABLES » « PARTNERSHIPS ARE NOT ONLY ESSENTIAL, THEY ARE ABOVE ALL PROFITABLE » Des dizaines d’années, des millions d’euros, des centaines de collaborateurs, les projets spatiaux sont lourds, complexes et onéreux. Pas question de s’y engager seul. Agences spatiales, laboratoires scientifiques et industriels ont inventé un mode de collaboration quasiment unique. Comment réussir à travailler ensemble pour le bénéfice de tous, c’est ce que nous explique Jean-Louis Bougeret, Directeur du LESIA. They may go on for years, cost millions of euros, and involve hundreds of people. Space projects are huge, complex and expensive, so going at them alone it’s out of the question. Space agencies and scientific and industrial laboratories have comeup with an almost unique type of collaboration. LESIA’s director Jean-Louis Bougeret explains how to work together for mutual benefit. In France, the CNES is responsible for the country’s space policy. What kind of relationship does your laboratory have with that agency ? I would say that we have with them a partnership based on excellence. The CNES was created in 1957, and from the beginning our teams have been closely associated with every project, the equivalent of two, or even three generations of working together. But our roles are different. The CNES, which has no research laboratories of its own, manages the funding and the project as a whole. For our part, we participate in each stage of the process. Our researchers study the scientific aspects of the project and determine the appropriate type of instrument. They are involved every step of the way until the final analysis of the data. What is the role of industry in this collaboration scheme ? When space activities began in France, almost everything was manufactured in the laboratories. But over the years, as the complexity and technical sophistication of the instruments increased, we had to begin outsourcing, a practice that has now become a partnership. We are fortunate to have in France a large number of companies with the required state-of-the-art expertise and quality performance. Ours is a mutual benefit relationship. Industrial policy profits from advances in space research, and today, to remain internationally competitive, laboratories must be at the forefront of technological innovation. How do institutions that are so different manage to work together ? I think that the reason is the specific nature of our activity. Space instrumentation is a unique domain requiring considerable experience. All those sharing this experience are aware that they are mutually dependent, each having its own role to play. The best example is perhaps the CoRoT mission. It is a model partnership among research laboratories (LESIA and other laboratories, at the Observatoire de Paris and elsewhere), the CNES, and industry. CoRoT’s successis proof of the validity of the model (see on next page). G. Servajean, Observatoire de Paris Contact : Jean-Louis BOUGERET Directeur de recherche CNRS Directeur du LESIA +33 (0)1 45 07 77 04 jean-louis.bourgeret@obspm.fr



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :