Magazine Observatoire de Paris n°10 jun/jui/aoû 2008
Magazine Observatoire de Paris n°10 jun/jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de jun/jui/aoû 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (220 x 307) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 22 Mo

  • Dans ce numéro : spécial spatial.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
L’INSTRUMENT IKS : le télescope, le boîtier électronique noir et deux sphères contenant de l’azote sous pression dont la détente permet le refroidissement des détecteurs infrarouges. Il a traversé la coma de la comète de Halley en 1986./The IKS instrument : telescope, black electronic case and two spheres containing the pressurized nitrogen whose expansion allows the cooling of the infrared detectors. The fly-by of comet P/Halley by IKS occurred in 1986. LESIA - Observatoire de Paris/LPSP - CNRS POURQUOI LE RAYONNEMENT RADIO DE L’UNIVERS NE PARVIENT-IL PAS JUSQU’À NOUS ? Les rayonnements radio de l’Univers ne peuvent parvenir jusqu’au sol à cause de l’atmosphère terrestre. Audessus de 100 km d’altitude, ce qu’on appelle la haute atmosphère, n’est plus électriquement neutre. C’est l’ionosphère, « un plasma » qui contient des électrons et des ions positifs interagissant librement. Les ondes radio ne s’y propagent que si leur fréquence est supérieure à une fréquence dépendant de la densité électronique, sinon elles sont réfléchies et ne parviennent pas au sol. WHY RADIO RADIATION FROM THE UNIVERSE DOESN’T REACH US ? Radio radiation from the Universe cannot reach the Earth because of its atmosphere. Beyond an altitude of 100 km, what is known as the higher atmosphere is no longer electrically neutral. It is the ionosphere, a « plasma » containing freely interacting electrons and positive ions. Radio waves can only propagate there if their frequency is higher than a frequency value that depends on the electronic density ; otherwise they are reflected and never reach the ground. 4 – MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°10 – SPÉCIAL SPATIAL/JUIN 2008 LA NAISSANCE DU SPATIAL À L’OBSERVATOIRE DE PARIS THE BEGINNING OF SPACE RESEARCH AT THE OBSERVATOIRE DE PARIS 4 octobre 1957 : la fusée soviétique R7 met sur orbite le premier satellite artificiel Spoutnik 1. L’évolution rapide du contexte international et la multiplication des initiatives sur le plan européen amènent la France à s’engager résolument dans l’aventure spatiale. À l’Observatoire de Paris, le laboratoire de recherche spatiale voit le jour en 1963. On 4 October 1957, a Soviet R7 rocket put into orbit Sputnik 1, the first artificial satellite. A rapidly changing international context combined with a growth in the number of European initiatives, prompted France to decidedly engage in the space adventure. At the Observatoire de Paris, the Laboratory for Space Research was created in 1963. Le lancement de Spoutnik, il y a maintenant cinquante ans, a marqué le début de l’aventure spatiale. Cette conquête a permis à l’astronomie de faire un spectaculaire bond en avant dans nos connaissances puisqu’on estime qu’aujourd’hui près de la moitié des nouvelles données acquises le sont grâce à des moyens spatiaux. Les pionniers À l’Observatoire de Paris, la recherche spatiale est née dès le début des années 1960, grâce aux radioastronomes. Le chantier du Grand radiotélescope de Nançay a été achevé sous la conduite de Jean-François Denisse et Jean-Louis Steinberg. En 1963, J.-F. Denisse prend la direction de l’Observatoire de Paris et incite son collègue et ami à se lancer dans une nouvelle aventure, en collaboration avec le CNES récemment créé : l’observation des rayonnements radio de l’Univers, depuis l’espace. Ainsi est né le laboratoire de recherche spatiale de l’Observatoire de Paris. Ses premières expériences sont lancées en 1965 sur des fusées Rubis qui traversent l’ionosphère pour étudier le rayonnement radio basses fréquences de la Galaxie, inaccessible depuis le sol (cf. encadré). Les astronomes comprennent vite tout le bénéfice de ces moyens spatiaux. Il devient par exemple possible d’observer simultanément les mêmes « sursauts solaires » depuis deux endroits très éloignés, ce qui permet d’en déduire l’orientation et la directivité. Ce sera, en 1971, le programme STEREO d’observations coordonnées depuis le radiotélescope de Nançay et depuis une sonde spatiale soviétique en route vers Mars. L’essor des projets spatiaux Les radioastronomes ont été des pionniers mais l’atmosphère est opaque dans de nombreux autres domaines spectraux et notamment dans l’infrarouge. Or les corps « froids », comme les planètes et petits corps du système solaire, émettent une grande partie de leur rayonnement dans l’infrarouge. À leur tour, les planétologues de l’Observatoire souhaitent envoyer leurs instruments dans l’espace. Il leur faut d’abord résoudre une difficulté : dans l’infrarouge, le satellite, ses expériences et même leurs détecteurs, rayonnent souvent plus que les sources étudiées. La solution est d’embarquer des dispositifs de refroidissement. Leur projet se concrétise en 1980 grâce à Vassili Moroz (IKI 1 -Moscou) et son équipe, au The launch of Sputnik fifty years ago marked the beginning of the space adventure. As a result, astronomy made a spectacular leap forward, for it is estimated that today nearly half of new data is obtained through space techniques. The pioneers At the Observatoire de Paris, space research began in the early 1960s thanks to the radio astronomers. Work on the Large Radio Telescope at Nançay was completed under the supervision of Jean- François Denisse and Jean-Louis Steinberg. In 1963, J.-F. Denisse became director of the Observatoire de Paris and persuaded his colleague and friend to embark in a new adventure, in collaboration with the recently created CNES : the observation from space of the radio-waves emitted by the Universe.This is how the Laboratory for Space Research at the Observatoire de Paris was born. Its first experiments were launched in 1965 aboard Rubis rockets. These went through the ionosphere to study low-frequency radio radiation from the Milky Way, which is inaccessible from the ground (see Box). Astronomers were quick to appreciate the potential benefits of such space techniques. For instance, it became possible to simultaneously observe the same « solar flares » from two very distant places, and thus deduce their orientation and directivity. Such would be the task, in 1971, of STEREO, a program of coordinated observations performedfrom the Nançay radio telescope and a Soviet space probe travelling to Mars. A boom of space projects Radio astronomers were pioneers, but the Earth’s atmosphere is opaque in many other spectral ranges, notably in the infrared. « Cold » bodies, such as planets and small objects in the solar system, emit a large part of their radiation in the infrared. Next, it was the planetologists’turn to wish to send instruments into space. But there was a problem : in the infrared, the satellite, its experiments and even their detectors often radiate more intensely than the sources under study. The problem was solved by taking aboard cooling devices. Their project became a reality in 1980 thanks to Vassili Moroz (from IKI 1 - Moscow) and his team, the Laboratory for Space Research CONTEXTE CARTOGRAPHIE MINÉRALOGIQUE de Phobos par le spectro-imageur ISM./Mineralogical map of Phobos by the ISM spectro-imager. LESIA - Observatoire de Paris/LPSP - CNRS
CONTEXTE STEREO-1 lancée le 28 mai 1971 à bord de Mars-3 a été la première expérience européenne sur une sonde interplanétaire. STEREO-1, launched on 28 May 1971 aboard Mars-3, was the first European experiment on an interplanetary probe. LESIA - Observatoire de Paris laboratoire spatial de l’Observatoire de Paris, au LPSP 2 (CNRS) et au CNES. En mars 1986, à bord d’une sonde VEGA, le spectromètre infrarouge IKS révèle la présence d’eau, de dioxyde de carbone et de composés hydrocarbonés et azotés dans l’atmosphère de la comète de Halley. IKS sera la première expérience infrarouge européenne à bord d’une sonde interplanétaire. Une autre étape est franchie avec ISM le premier spectro-imageur embarqué sur une sonde spatiale. L’instrument développé par l’Observatoire de Paris et l’IAS 3 a été lancé le 21 juillet 1988 sur la sonde soviétique Phobos-2 et est resté deux mois en orbite autour de Mars. Ses observations ont permis de tracer les premières cartes minéralogiques de la planète et de son satellite Phobos et d’étudier l’atmosphère de Mars. Puis ce groupe, rejoint par les astronomes « infrarougistes » intéressés par la matière froide dans l’Univers, s’est impliqué, avec le SAp 4, dans ISOCAM, la caméra infrarouge du satellite ISO de l’ESA (cf. encadré). Le Laboratoire de recherche spatiale est ainsi devenu le Département d’Études Spatiales (DESPA) puis le Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique (LESIA) en 2002 ; de 2 personnes en 1960, 12 en 1965, 150 en 1990, il en compte aujourd’hui 250. La recherche spatiale a continué de se développer à l’Observatoire de Paris. Le LESIA en est un acteur majeur mais, à des degrés divers, tous les laboratoires de l’établissement y sont impliqués. MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°10 – SPÉCIAL SPATIAL/JUIN 2008 – 5 ISO A ÉTÉ UN FORMIDABLE OUTIL pour étudier le milieu interstellaire. ISO (Infrared Space Observatory) a permis de montrer que l’Univers est un univers de molécules (voir illustration). ISO a également permis de comprendre des mécanismes à l’œuvre dans le milieu interstellaire : celui, par exemple, du refroidissement du gaz qui permet la contraction des proto-étoiles. of the Observatoire de Paris, LPSP 2 (CNRS), and the CNES. In March 1986, aboard the VEGA probe, the IKS infrared spectrograph revealed the presence of water, carbon dioxide and hydrocarbonated and nitrogenated compounds in Halley’s Comet atmosphere. IKS was the first European infrared experiment on an interplanetary probe. This was followed by ISM, the first spectroimager aboard a space probe. The instrument, developed by the Observatoire de Paris and IAS 3, was launched on 12 July 1988 aboard the Phobos-2 Soviet probe and remained two months in orbit around Mars. Its observations led to the first mineralogical maps of the Red Planet and its moon Phobos, and they also permitted the study of the planet’s atmosphere. This group, later joined by « infrared » astronomers interested in cold matter in the Universe, was involved, with SAp 4, in ISOCAM, the infrared camera aboard ISO (see Box), a satellite built by ESA. Thus the Laboratory for Space Research became the Space Studies Department (DESPA) and later the Laboratory for Space Studies and Astrophysics Instrumentation (LESIA) in 2002. From a staff of 2 in 1960, it grew to 12 in 1965, 150 in 1990 and 250 today. Space research continues to develop at the Observatoire de Paris and LESIA plays a major role in it, but in fact all laboratories within the institution are involved at different degrees. 1. IKI : Institut de recherches spatiales - Moscou./IKI : Institute for Cosmic Research. Moscow. 2. Laboratoire de Physique Stellaire et Planétaire (CNRS)./Laboratory for Stellar and Planetary Physics (CNRS). 3. L’Institut d’Astrophysique Spatial à Orsay (Université Paris-Sud/CNRS). Successeur du LPSP./Institute of Space Astrophysics, at Orsay (University Paris-Sud/CNRS). LPSP’s successor. 4. Le Service d’Astrophysique à Saclay (CEA)./Astrophysics Department, at Saclay (CEA). ISO : A TERRIFIC TOOL to study the interstellar medium ISO (Infrared Space Observatory) revealed that the Universe is a universe of molecules (see figure), and it also helped to understand the mechanisms at work in the interstellar medium, such as the cooling of gas that permits the contraction of protostars. IMAGES DE LA GALAXIE NGC 891 « vue par la tranche », obtenues grâce à la caméra ISOCAM à bord d’ISO : fausses couleurs à 4.5 µm (à gauche) et 6.8 µm (à droite). La comparaison des deux images indique une présence de grosses molécules aromatiques, dites PAH, tout au long du plan de cette galaxie./Images of galaxy NGC 891, seen « edge-on », obtained with ISOCAM aboard ISO : false colours at 4.5µm (left) and 6.8 µm (right). Comparing the two images indicates the presence of large aromatic molecules, known as PAH, allalong the plane of the galaxy. ISO - ESA Contact : Michel COMBES Astronome LESIA +33 (0)1 40 51 22 10 michel.combes@obspm.fr



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :