Magazine Observatoire de Paris n°10 jun/jui/aoû 2008
Magazine Observatoire de Paris n°10 jun/jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de jun/jui/aoû 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (220 x 307) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 22 Mo

  • Dans ce numéro : spécial spatial.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Pierre Drossart répond aux questions d’un journaliste de RFI sur les résultats de Venus Express./Pierre Drossart answering questions on Venus Express results from an RFI journalist. RFI - 2007 PLANÉTOLOGIE : UNE INSTRUMENTATION DE POINTE AU SERVICE DE RÉSULTATS FONDAMENTAUX PLANETOLOGY : STATE-OF-THE-ART INSTRUMENTATION HELPS OBTAIN FUNDAMENTAL RESULTS De Voyager à Venus Express en passant par Phobos et Galileo, Pierre Drossart a eu l’opportunité de travailler sur les principales missions spatiales de planétologie de ces dernières décennies. Impliqué pour les plus récentes d’entre elles à un haut degré de responsabilité dans l’instrumentation scientifique embarquée, c’est un témoin privilégié de ce que l’accès à l’espace a apporté à la connaissance du système solaire. Il a accepté de répondre à nos questions. From Voyager to Venus Express through Phobos and Galileo, Pierre Drossart had the opportunity to work on all major planetology missions of the past decades. Involved, in the most recent ones, at a high responsibility level in the onboard scientific instrumentation component, he witnessed first-hand the contribution of space missions to our knowledge of the solar system. He accepted to take our questions. Contact : Pierre DROSSART Directeur de recherche CNRS LESIA +33 (0)1 45 07 76 64 pierre.drossart@obspm.fr Astronome, Pierre Drossart l’est incontestablement. Pourtant, la pratique de son métier n’a plus guère à voir avec celle de ses aînés. Profitant à plein de l’essor des techniques spatiales, les planétologues sont en effet devenus des astronomes d’un genre un peu particulier : « Scientifiquement, notre métier consiste d’abord à choisir les bonnes questions pour définir les futures missions spatiales. Ces dernières étant en compétition, reste à déterminer laquelle répondra le mieux aux questions posées. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’il sera possible de définir le contour précis de la mission ». Un long travail de préparation qui s’échelonne couramment sur plusieurs années, voire des décennies, tant le coût des expériences spatiales contraint à satisfaire un haut niveau d’exigence en termes de retour scientifique. Une école de patience Pierre Drossart conçoit-il quelque frustration de la lenteur imposée par ce genre d’exercice ? Pas le moins du monde. « À partir du moment où l’on finit par obtenir un beau résultat, le temps mis pour y parvenir n’est pas vraiment un problème. Une des premières qualités de l’astronome, c’est la patience... », glisse-t-il dans un sourire. S’il concède bien volontiers que les missions spatiales ont révolutionné la recherche en planétologie, Pierre Drossart se considère à même de faire progresser la science aussi bien depuis le sol que l’espace : « Lorsque nous proposons une mission spatiale, ça n’est pas pour le plaisir de dépenser des dizaines de millions d’euros. La meilleure preuve, c’est qu’il nous faut d’abord démontrer qu’il n’est pas possible d’obtenir la réponse par un programme d’observation terrestre. Qui plus est, nous menons toujours en parallèle depuis le sol tout ce qu’il est possible de faire en accompagnement de la mission spatiale proprement dite ». Sur la Terre comme dans l’espace Une complémentarité bien comprise de longue date au LESIA à l’Observatoire de Paris, lequel a toujours maintenu un corps d’ingénieurs et de techniciens à même de relever tous les défis techniques nés des besoins des scientifiques, sur Terre comme dans l’espace. « Nous avons la chance de disposer d’équipes d’ingénieurs de très haut niveau dans toutes les disciplines. Cela nous permet de réfléchir très en amont en terme d’intégration instrumentale. En faisant travailler ensemble ingénieurs et scientifiques dès le début des projets, nous gagnons non seulement en productivité, mais aussi en 18 – MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°10 – SPÉCIAL SPATIAL/JUIN 2008 performance. À ce titre, les résultats inédits récemment publiés grâce aux observations de Venus Express 1 sont particulièrement exemplaires de ce que ce travail commun entre ingénieurs et chercheurs peut donner de meilleur ».• Pierre Drossart is unquestionably an astronomer. And yet, the practice of his profession is totally different from what it used to be. Taking fulladvantage of the development of space techniques, planetologists have become astronomers of a rather particular kind : « From a scientific point of view, our role consists first of all in choosing the right questions to help define the future space missions. And since these missions compete against each other, we must also decide which one will better answer those questions. Only then can the specific profile of the mission be established ». This requires a long preparatory work, usually spread over several years, if not decades, since the high cost of space experiments forces planners to maximize the scientific return. Learning to be patient Did Pierre Drossart ever experience a sense of frustration due to the slowness of the process ? Not in the least. « If the final result is a nice one, the time it took to obtain it is not a problem. An astronomer has to learnto be patient... », he replies with a smile. While he readily admits that space missions have revolutionized planetology research, Pierre Drossart believes science can be advanced from the ground just as wellas from space : « When we propose a space mission, it is not for the simple pleasure of spending tens of millions of euros. The best proof of this is the fact that we must first demonstrate that the answers cannot be obtained with a ground-based observation program. Moreover, in conjunction with the space mission as such, we always do whatever is possible to do from the ground ». On Earth as in space This complementarity has long existed at the LESIA laboratory of the Observatoire de Paris, which has always possessed a team of engineers and technicians capable of meeting the technical challenges posed by the needs of scientists, on Earth as wellas in space. « We are fortunate to be able to count on teams of high-level engineers in every field. This allows us to plan wellahead in terms of instrument integration. Having engineers and scientists working together on a project from the beginning not only increases productivity but also performance. In this respect, the recently published new data from the observations of Venus Express 1 are a particularly telling example of the kind of quality results the joint work of engineers and researchers can produce ». 1. Voir article p.21./See article on p.21. PLANÉTOLOGIE
PLANÉTOLOGIE MARS EXPRESS : À LA RECHERCHE DE L’EAU SUR MARS La question pour la planète Mars, c’est d’abord celle de l’eau. Qu’est devenu le précieux liquide baignant jadis une planète qui avant de devenir rouge était sans doute aussi bleue que l’est aujourd’hui la Terre ? C’est pour répondre à cette question que la sonde Mars Express, en orbite autour de Mars depuis le 25 décembre 2003, comprend sur sa plate-forme scientifique le spectro-imageur OMEGA (Observatoire pour la Minéralogie, l’Eau des glaces et l’Activité). Réalisé par le Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique - LESIA, sous la responsabilité de l’Institut d’Astrophysique Spatiale, OMEGA est capable de cartographier avec une résolution de 300 mètres la composition minéralogique de la surface et la composition chimique de l’atmosphère de Mars. OMEGA a pu ainsi, pour la première fois, détecter et cartographier un réservoir permanent de glace d’eau partiellement recouvert de glace carbonique au pôle sud durant l’été martien. Mais sur Mars, l’eau n’est présente qu’à l’état de traces gazeuse ou solide comme a pu le déterminer avec précision le LESIA, lequel s’est tout particulièrement intéressé à la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère martienne. Il a pu reconstituer le cycle actuel de l’eau au fil d’une année martienne, depuis sa condensation au niveau des pôles en hiver jusqu’à sa sublimation en été. OMEGA a ainsi très nettement observé des maxima de vapeur d’eau au-dessus des pôles pendant l’été, accompagnés de fortes variations de pression à la surface. En revanche, l’hiver voit la proportion de CO remonter sensiblement. Ces données permettent de contraindre fortement les modèles, lesquels peinent encore à rendre compte des quantités observées. CASSINI-HUYGENS, LE CHOC DE TITAN Parti de Cap Canaveral le 15 octobre 1997, l’attelage interplanétaire Cassini-Huygens (NASA-ESA) s’est placé en orbite autour de Saturne le 1 er juillet 2004. La sonde de descente atmosphérique Huygens, sous la responsabilité de l’ESA, a quitté Cassini le 25 décembre 2004 pour se poser sur Titan trois semaines plus tard. Impliquées dans 6 des 12 expériences de Cassini et dans 3 des 6 de Huygens, il va sans dire que les équipes de l’Observatoire de Paris ont suivi de très près l’ensemble des opérations. MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°10 – SPÉCIAL SPATIAL/JUIN 2008 – 19 ANNÉES 2000 : L’OBSERVATOIRE DE PARIS AU CŒUR DE L’AVENTURE EUROPÉENNE THE YEARS 2000 : THE OBSERVATOIRE DE PARIS AT THE HEART OF THE EUROPEAN SPACE ADVENTURE À peine plus de 50 ans après le vol du premier satellite, jamais les sondes spatiales dédiées à l’étude du système solaire n’avaient fourni une telle moisson de résultats qu’au cours de ces cinq dernières années. Parmi ces résultats inédits, un grand nombre a été acquis grâce à des instruments mis au point, pour une bonne part, au sein des différents laboratoires de l’Observatoire de Paris. Retour sur quatre grandes missions européennes : Mars Express, Cassini-Huygens, Venus Express et Rosetta. Just over 50 years after the flight of the first satellite, space probes studying the solar system had never provided such a harvest of results as in the past five years. A significant number of these were obtained thanks to instruments developed to a large extent in the laboratories of the Observatoire de Paris. We take a look at four major European missions : Mars Express, Cassini-Huygens, Venus Express, and Rosetta. MARS EXPRESS : SEARCHING FOR WATER ON MARS The first question about Mars concerns the mystery of its water. What happened to the precious liquid that in bygone days covered a planet which before becoming red was probably as blue as the Earth is today ? To find an answer to this question, the Mars Express probe in orbit around Mars since 25 December 2003 carries aboard the OMEGA spectro-imager (acronym for Observatoire pour la Minéralogie, l’Eau des Glaces et l’Activité). Built by the Laboratory for Space Studies and Astrophysics Instrumentation (LESIA) under the responsibility of the Institute for Space Astrophysics, OMEGA can map with a resolution of 300 metres the mineralogical composition of Mars’surface and the chemical composition of its atmosphere. OMEGA was able to detect and map for the first time a permanent reservoir of water ice, partially covered in dry ice, at the South Pole during the Martian summer. On Mars, water is present only in solid form.This has been precisely established by researchers at LESIA, who studied in particular the water vapour contained in the Martian atmosphere. They managed to reconstruct the current water cycle taking place during the Martian year, from its condensation at the poles in winter to its sublimation in summer. OMEGA very clearly observed maximum quantities of water vapour above the poles during the summer, accompanied of strong pressure variations on the surface. On the Vue d’une partie de la CALOTTE POLAIRE SUD par OMEGA montrant les zones riches en dioxyde de carbone (rose) ou en glace d’eau (bleu-vert). Image du 17 mars 2004./OMEGA view of Martian south pole, showing carbon dioxide (pink) and water ice (bluegreen) riche regions, 17 March 2004. ESA - OMEGA LE SPECTRO-IMAGEUR OMEGA./OMEGA Visible and Infrared Mineralogical Mapping Spectrometer. Mars Express - ESA Image d’un CRATÈRE DU PÔLE NORD MARTIEN (diamètre : 35 km, profondeur : 2 km) prise par la caméra stéréoscopique à haute résolution (HRSC) de Mars Express le 28 juillet 2005. Elle met en évidence la présence de glace d’eau en son centre./The HRSC on Mars Express obtained this perspective view on 28 July 2005. It shows an unnamedimpact crater (35 km wide and with a maximum depth of 2 km). The circular patch of bright material located at the centre of the crater is residual water ice. ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)



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