Magazine Magazine n°3 mar/avr/mai 2011
Magazine Magazine n°3 mar/avr/mai 2011
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°3 de mar/avr/mai 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : ACP

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : spécial moode et business.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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[…] Art Basel avait un gros problème : le monde entier venait, mais il était interdit de communiquer là-dessus […] On a résolu le problème en créant des conversations entre grands collectionneurs et grands commissaires. Aujourd’hui, par la faute des directeurs de communication, ils ont sur-communiqué, se sont collés à Art Dubai pour attirer plus de monde ; c’est ainsi qu’ils ont créé l’explosion, et toute explosion attire les requins. Heureusement, Sharjah jouit encore d’un très beau budget, et elle n’a pas besoin de passer des accords avec des galeries. Elle travaille de façon beaucoup plus saine. En comparaison, Venise a un tout petit budget, même si cela n’a pas toujours été le cas : il y a un musée dans la lagune qui recèle toutes les œuvres que la biennale a produites, payées, et gardées. Mais personne ne le connaît. Comment la création d’Art Basel Miami en 2001 vientelle bousculer elle aussi les choses ? Ce que Miami a changé, c’est notamment la relation au sponsor. Avant, les galeristes qui participaient à des foires refusaient qu’il se passe quoique ce soit en dehors de leurs stands. À Miami, les VIP lounge ont commencé à se transformer en étals de marques de luxe, des champagnes à Cartier. Bâle a gardé sa rigueur, mais Miami a décomplexé tout le monde. Moi, quand j’ai vu qu’ils avaient invité David Guetta sur la plage, j’ai annulé mes billets. Pourtant, ça marche. Quand j’ai su que les responsables du DIFC de Dubai, l’équivalent du World Trade Center, voulait créer une foire, je les ai amenés à Miami : aussitôt, ils ont voulu acheter l’événement. On leur a fait comprendre que ce n’était pas possible, ils ont donc créé Art Dubai en 2007. C’était la première fois de ma vie que je voyais un sponsor acheter directement la moitié de la foire ! Cela a été fondamental : sans Art Dubai, jamais le Qatar n’aurait eu l’idée de créer un musée, jamais les Émirats arabes unis ne seraient venus à Venise. Cela a décomplexé toute la région sur le rôle qu’elle pouvait jouer dans le monde. Vous disiez qu’Art Basel a gardé sa rigueur. Pourtant, les sponsors y font eux aussi peu à peu irruption. Art Basel avait un gros problème : le monde entier venait, mais il était interdit de communiquer là-dessus. À l’époque, la presse était très pudique sur le sujet. On a résolu le problème en créant des conversations entre grands collectionneurs et grands commissaires. Et la presse a pu en parler. C’est important aussi pour que les gens puissent y approfondir leurs Et la presse a pu en parler. magazine n°3 98 connaissances, notamment sur les marchés émergents, Moyen-Orien, Inde, Amérique latine. Aujourd’hui, toutes les foires font ça. À Dubai, en un temps où c’était encore le Wild West, on a créé aussi le Global Art Forum, que s’est appropriée toute la région. Comment analysez-vous cette profusion délirante aujourd’hui d’événements liés à l’art contemporain ? Quand j’étais enfant, on attendait avec hâte Documenta, São Paulo, Venise, l’Armory Show, Art Basel, Cologne, et basta ! Aujourd’hui, tout le calendrier est truffé de grands événements. Ça devient impossible, les gens ne peuvent pas voyager tout le temps. Un de mes clients veut ouvrir un très grand musée début 2013 : j’ai été incapable de lui trouver une date disponible ! Idem pour la Ville de Milan, qui veut organiser une biennale. Ils ont tout : le lieu, le désir, le budget. Mais pas de date ! Comment voyez-vous l’avenir ? Paradoxalement, je le vois dans de tout petits salons. Il y aura peut-être deux axes de développement : les jeunes de moins de 40 ans continueront à voyager tout autour de la planète ; les plus âgés auront besoin de circonstances différentes pour leurs achats. Je crois aussi beaucoup aux projets d’Abu Dhabi, même si rien n’est encore décidé : à qui vont appartenir les œuvres, qui va les acheter, est-ce un musée universel ? On n’en sait rien pour l’instant, mais ce qui est génial c’est qu’ils vont se donner la chance de se tromper mille fois, parce qu’ils en ont les moyens, et qu’ils sauront en faire un vrai laboratoire du futur. Quand je pense qu’Helsinski est tentée par la construction d’un musée Guggenheim, cela me fait mal ! Ils ont quarante musées merveilleux là-bas, ils n’ont besoin de personne. Qui sont donc les gens du Guggenheim pour oser donner un branding à une ville si merveilleuse ? Propos recueillis par Emmanuelle Lequeux Vue de la foire d’art contemporain de Tokyo.
HISTOIRE L’ÉVENTAIL Victime de son folklore touristique, l’éventail périssait dans la boîte aux cadeaux délaissés, entre les tours Eiffel en plastique et les taxis jaunes en magnets. Mais voici qu’il réapparaissait cet été, sous le coup du réchauffement climatique, dans les rames de métro surchauffées ou aux premiers rangs des défilés. Avec pour fonction première : éventer. Au commencement était Ève qui, gênée par le regard insistant d’Adam sur sa nudité, se protégea d’une branche d’arbre arrachée, avant de s’en éventer. Puis ce fut au tour de la grande prêtresse du feu, à qui l’on attribue une large feuille et une palme tressée pour entretenir le feu sacré. Ensuite, le souverain tout-puissant que l’on voulait protéger dans sa lutte contre les mouches qui envahissaient le sud de la Méditerranée. Et pour finir, les dames de l’Antiquité qui, pour rafraîchir leurs visages ruisselants, employaient des dépouilles de paon… Rudimentaires, les ancêtres de l’éventail, matériaux primitifs destinés à protéger du soleil, à rafraîchir ou à repousser les insectes, n’en fournissent pas moins la forme qui sied depuis à l’éventail. Attribut sacré, instrument d’asservissement ou objet du quotidien, il reflète au fil du temps le statut social de l’éventé. Tandis que les Égyptiens en font un objet de cérémonie, un emblème de paix céleste et de méritocratie, l’Empire romain ne le brandit que pour mieux asservir les peuples qu’il écrase sur son passage : ainsi l’Empereur se fait-il pomper l’air par une nuée d’esclaves agitant une plume fixée au bout d’un long manche. L’aristocratie romaine en fait aussi un accessoire de mode, prenant modèle sur la femme grecque qui, dès le iv e siècle avant J.-C., s’embellit d’un flabellum en feuille de myrte, d’acacia ou de lotus. Les premiers Chrétiens, n’y voyant que la fonction magazine n°3 99 première du chasse-mouches – d’où son appellation « d’esmouchoir » –, décident de le rétrograder. Mais il se fait bientôt une place au cœur de la communion chrétienne quand on l’intègre dans le rituel liturgique pour éloigner les insectes de la coupe de vin et du pain consacrés, au point d’en devenir un attribut pontifical. Jusqu’au x i e siècle cependant, l’usage civil de l’esmouchoir, composé d’un manche et de longs fils de crin, reste très limité en Europe – il est vrai que son aspect archaïque le rend repoussant. Ce n’est véritablement qu’au x v i e siècle qu’il devient un accessoire décoratif. Pendant ce temps, le Japon, qui avait reçu de la Chine l’éventail « écran » – ce bout de tissu fixé à une hampe apparu au v i i e siècle avant J.-C. –, élabore l’éventail plié, le sensu. Conçu au v i i e siècle après J.-C. par un artisan japonais qui aurait été inspiré par les mouvements d’ailes déployées d’une chauve-souris, l’éventail pliant laisse s’exercer à loisir les meilleurs artistes-peintres et développe autour desuchiwa et des Ogi tout un cérémonial de préséances courtisanes. Mais ce n’est que bien plus tard, en 1540, sous l’action des conquistadors portugais, que l’éventail plié japonais s’exporte jusqu’aux portes de l’Europe, passant de Lisbonne à Florence non sans éveiller la curiosité de Catherine de Médicis, alors en séjour en Italie. À son retour en France, elle introduit cet objet



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