Magazine Magazine n°2 déc 10/jan-fév 2011
Magazine Magazine n°2 déc 10/jan-fév 2011
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°2 de déc 10/jan-fév 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : ACP

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : spécial design et mode.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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sont donc ces lecteurs qui n’ont pas besoin d’être informés ? Peut-être n’existent-ils finalement pas ? Et si les articles n’étaient rédigés que pour griser les pages face aux pubs ? Le souci en France vient de la pression publicitaire. Et puis il semble ne pas y avoir de tradition de plume dans la mode ; ce journalisme « à la française » n’a jamais brillé et le départ de Janie Samet du Figaro n’y a rien changé. Hormis Philippe Utz, personne n’ose s’exprimer librement dans ce pays. Tout le monde le déteste, mais c’est bien le seul à bousculer ses interlocuteurs dans les interviews de Numéro. Le seul capable d’être très impoli dans ses articles. J’adore ça ! La presse anglo-saxone est beaucoup plus pugnace. Au Women’s Wear Daily, on nous disait toujours qu’on pouvait prendre un journaliste des faits divers pour enquêter sur le luxe. La méthodologie de travail y est la même. Quand une maison fait faillite, […] Les blogs donnent beaucoup de pouvoir à des gens pas vraiment qualifiés qui écrivent n’importe quoi. Du blabla inepte. Pour l’instant on est là-dedans… B. magazine n°2 48 on veut comprendre pourquoi. Il faut faire lâcher au PDG les informations qu’il n’a pas envie de cracher. C’est ça notre métier. Un magazine d’investigation glamour comme Vanity Fair vous semble-t-il duplicable en France ? Vanity Fair, ce n’est rien d’autre qu’un Paris- Match sans les articles complaisants sur les stars cheap. C’est une question de tenue rédactionnelle, de standing d’image aussi. Rien d’insurmontable, donc. Vous collaborez actuellement à nombre de sites Internet, comme ceux d’Interview et Style File. En quoi ce média vous séduit-il ? J’adore, mais c’est terriblement mal payé ! Style File rémunère un article sur la mode au prix de la moitié d’un déjeuner. C’est ridicule ! Ceux sur les fêtes sont mieux payés, alors je fais les fêtes ! C’est bien, ça me force à sortir… Et puis on ne perd jamais son temps dans les soirées, on trouve toujours des infos. Et cela permet d’écrire d’autres articles. La nuit demeure un formidable laboratoire d’expérimentation pour la mode. Il faut sortir, c’est indispensable pour saisir l’air du temps. Les tendances naissent toujours à deux endroits : l’été au bord de la plage, et la nuit dans les fêtes. La mode c’est synonyme de bon temps ! Le travail comme source d’inspiration ça ne marche pas… Kenzo faisait la fête au Palace et ses collections dégageaient de la joie de vivre. Aujourd’hui, c’est Riccardo Tisci qui s’amuse, et c’est à lui que Carine Roitfeld doit sa superbe robe pour le bal des 90 ans de Vogue. Mode et fête, c’est indissociable. Revenons au Net : quels avantages offre ce média par rapport au support papier ? Ça va vite ! C’est ce que j’aime le plus. On ne passe pas des heures – comme dans les magazines – à se poser des questions pour savoir si oui ou non on doit faire tel article. On écrit. J’adore rédiger un truc dans l’après-midi et le voir en ligne le soir même. Et puis le Net rassemble toutes les infos que l’on ne trouve plus dans les magazines, celles justement qui m’intéressent le plus : les expos, les fêtes, les portraits d’artistes… Tout ce que j’aime ! Rien ne vaut le support papier pour les images – regarder des séries de mode sur iPad, je suis désolée, ça ne marche pas –, mais pour l’info brute, le Net a définitivement gagné la partie.
On voit de plus en plus de vidéos dédiées à la mode sur le Net. Ces vidéos ne me plaisent pas trop, je ne les regarde pas. Je suis plus sensible au pouvoir des images fixes, car elles demeurent plus artificielles. Que pensez-vous des blogs ? Je n’aime pas les bloggeurs. Les blogs donnent beaucoup de pouvoir à des gens pas vraiment qualifiés qui écrivent n’importe quoi. Du blabla inepte. Pour l’instant, on est là-dedans… Mais je suis plutôt confiante, car beaucoup de sites – ceux des quotidiens par exemple – deviennent partiellement payants. Les choses se professionnalisent et j’espère que les pauvres journalistes retrouveront un certain crédit. Comment trouvez-vous la mode actuelle ? Muselée. Bernard Arnault fait très bien son boulot, ça marche, ça se vend, mais cela ne rend pas les choses intéressantes. Dès qu’il prend possession d’une marque, même avec un créateur plein d’astuce comme John Galliano, ça finit par être trop cadré. Les grands groupes ont freiné la créativité, il n’y a plus d’audace. Qu’est-ce qui se dégageait des dernières collections d’octobre ? Le retour de la couleur et des rayures… Oui, bon. Quelle collection vous a semblé significative ? Balmain. Le styliste s’est dit : pourquoi se casser la tête à faire une collection d’image ? je vais leur montrer ce qui se vend. On a donc eu droit à de pauvres robes cocktail avec des perfectos. Je l’ai pris comme une claque ; j’étais choquée ! On voit bien que c’est une petite maison indépendante ; Bernard Arnault n’aurait jamais laissé faire. Lui, au moins, il sait qu’un défilé se construit comme un jeu de passepasse. Il faut maquiller un minimum la réalité pour rendre le business séduisant. Les collections rétro 70 de Marc Jacobs en hommage aux années Palace, pour sa ligne propre et chez Louis Vuitton, vous ont sans doute touchée… Marc Jacobs, un jour c’est rétro 50, la saison suivante disco. On ne le sent jamais investi dans ses collections, c’est donc difficile d’être touché. Si Paris c’est toujours des histoires de vieilles maisons renaissant de leurs cendres, une nouvelle scène new-yorkaise se profile. Anna Wintour fait un formidable travail pour promouvoir les jeunes talents new-yorkais, mais la magazine n°2 49 mode américaine ne m’attire pas vraiment. Même Olivier Theyskens – qui a fait des choses tellement dingues chez Nina Ricci –, aujourd’hui en charge des collections Theory à New York, s’est incroyablement affadi. Bien sûr, il y a une nouvelle génération de talents : des gens comme Proenza Schouler, Alexander Wang, Phillip Lim, mais cela ne fait pas le poids par rapport à ce que l’on voit à Paris. Aux États-Unis, on nous éduque depuis notre plus jeune âge à être performant, difficile donc d’espérer de grands gestes créatifs ! Pour plaire au plus grand nombre, les stylistes sont vite trop conciliants avec les acheteurs. C’est le système en place là-bas qui veut ça. Qu’attendez-vous aujourd’hui de la mode ? De nouvelles façons d’exprimer l’époque. Mais cela ne se passe peut-être plus vraiment là. Dans les années 70, 80 et 90, la mode débordait d’énergie, elle est sans doute devenue trop commerciale. L’art a pris le dessus pour ce qui est du rêve. Le contenu de beaucoup de journaux d’avant-garde se divise d’ailleurs entre art et mode. Et on sent bien que les pages mode sont là pour alimenter la pub, alors que c’est la section art qui excite les lecteurs. L’audace, l’argent, la démesure, c’est à présent dans l’art de cela se passe. Bon, vous me demanderiez ce qui m’attire chez ces artistes superstars, je ne saurais quoi vous répondre. Leurs installations prétentieuses me laissent froide. Moi, j’aime la mode. Propos recueillis par Cédric Saint André Perrin A. et B. : Couvertures du magazine DutchC. Portrait de Rebecca VoightC.



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