Magazine Magazine n°10 déc 12/jan/fév 2013
Magazine Magazine n°10 déc 12/jan/fév 2013
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°10 de déc 12/jan/fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : ACP

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : mode et photo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ambiance comme ça, de fumée... Au lit ! C’est extraordinaire tout de même. Intuitivement je suis persuadé qu’elle a dû le théâtraliser pour que notre première entrevue s’imprime définitivement dans ma tête. Et ce n’est pas pour me déplaire. D’autant que c’est une vraie diva, et que j’ai vraiment horreur de la banalité. J’adore travailler dans ce métier jusqu’à aujourd’hui parce qu’il y a une idée de la mise en scène. Toi aussi, je suis sûr. Comme toi, j’espère, j’ai voulu faire de la mode parce qu’il y règne une certaine désinvolture, une légèreté voire une vision de la frivolité ; un « non-intellectualisme ». Je trouve ça amusant que les gens aient des obsessions, s’attachent à des petits détails, qu’ils crèvent d’envie de s’acheter une paire de pompes, qu’ils meurent d’envie d’avoir le... J’aime cette gourmandise dans la mode. J’ai, par exemple, emmené ma belle-sœur faire du shopping cet été, j’ai eu l’impression qu’elle était comme dans une pâtisserie. » Cet appétit, c’est aussi ce qui nous fait commander un tiramisu après les plats « super copieux » que nous venons de nous enfiler. Marc reprend son évangile : « Il faut savoir kiffer. Ne pas se poser trop de questions à la con, et ne pas, surtout, devenir bitter. » Mais le temps ne rend pas amers ceux qui travaillent depuis longtemps dans ce milieu ? « C’est faux tout ça. Moi qui ai étudié le problème à 100%, je vais te dire : Miuccia a presque 67 ans, Azzedine, il a, je ne sais pas… plus d’âge ; Karln’en parlons pas, ou Comme Des Garçons, qui fait une mode on ne peut plus en pointe, elle a 65 ans au moins… » – mais justement, les pubs Prada sont horribles ! – « Elle ne s’intéresse pas à ça, elle se dit on va leur faire des pubs où on voit bien le produit, bien les sacs et les chaussures. Ce n’est pas là ou je vais m’exprimer, mais dans les boutiques, dans les défilés, dans la musique, le casting, les cheveux, le maquillage absolument extraordinaire… elle fait des pubs pour squatter le magazine. Voilà, basta. » Les DA ont été remisés pour faire des économies, les photographes et leurs agents arrivent avec tout le package, les Américains ne font presque pas de pub, magazine n o 10 90 et personne ne réfléchit avant de tourner les films de mode qui envahissent nos boîtes mail. « Une bonne pub, ça n’arrive pas par hasard, c’est de l’analyse, du casting, des recherches. Ce n’est pas « allo, j’ai Mert et Marcus qui sont libres vendredi et samedi » ; et aussi « J’ai Malgosia, arrête ! Attends, tu prends ou tu laisses, hein. » « C’est pas sûr, il faut que je négocie. » Ou Terry Richardson et son orchestre que tu engages, qui fait le pitre de service avec ses lunettes, qui met sa casquette au top model, qui vandalise chez toi, fait un coup de flash sur une connasse et booke ses dîners le soir, ou qui va à sa church, puisque j’ai entendu qu’il était très catholique… » On sent que Marc a envie, très envie, de redonner de l’altitude à l’image de créateurs de mode qui aiment leur époque. Mais aussi de manger des pizzas de chez Stories à l’est de Londres, d’acheter ses chaussures de clergyman à un connaisseur à bedaine plutôt qu’à un vendeur, de faire plus de shootings, de fabriquer de jolies images – « je suis désolé, j’aime bien les choses jolies » –, de travailler sur des films pour son copain Nick Nac (dixit Nick Knight) « avec une histoire, pas des making of, sans scénario, sans écriture derrière », de travailler la désinvolture de la mode. Après le hammam, nous sommes allés chez un coiffeur du Grand Socco, et on a ri beaucoup en écoutant cette chanson : « Je voudrais être un fauteuil/Dans un salon de coiffure pour dames/Pour que les fesses des belles âmes/S’écrasent contre mon orgueil/J’aimerais être une ceinture/Pour serrer votre taille/Et ne perdre aucun détail/De l’étrange cambrure… » Je crois que Marc aurait kifé grave cette mélodie joyeuse et dansante ; ou plutôt kifé aigu. Parce que la gravité ne va pas à ce jouisseur qui, contrairement à ce que dit Google, n’a qu’une religion : le kif total. Mathias Ohrel Image : affiche du film Diana Vreeland : The Eye has to Travel, réalisé par Lisa Immordino Vreeland.
ART CONTEMPORAIN Matthieu Humery Après avoir travaillé pour l’agence Magnum et la fondation Luma, Matthieu Humery est devenu expert pour la photographie à Christie’s, où il a organisé les grandes ventes Irving Pennet Richard Avedon. Qui achète de la photo, comment et pourquoi ? Il revient avec nous sur le boom récent de ce marché. En organisant à Paris des ventes consacrées à Richard Avedon ou Irving Penn, vous avez contribué à l’émergence d’un nouveau marché, celui de la photo de mode. Comment analysez-vous ce nouveau segment ? Il y a encore dix ans, ces photographes étaient très déconsidérés, même s’ils n’étaient pas que des photographes de mode. Mais l’on assiste, notamment depuis cinq à six ans, à l’entrée en scène de nouveaux acheteurs qui n’ont aucun complexe vis-à-vis de la photo de mode. Ils sont très différents des collectionneurs de photo classiques tels qu’on les connaissait dans les années 90 : à savoir un cercle très fermé et érudit qui pourrait s’apparenter à celui de la bibliophilie et dont on peut se sentir très vite exclu de peur de passer pour un imbécile. Âgés de 30 à 50 ans, ces nouveaux collectionneurs n’ont, eux, aucun complexe à afficher une photo de Kate Moss sur leurs murs. Nous l’avons pressenti dès la vente « icônes du glamour et du style » de la collection Constantiner en 2008 à New York – qui présentait Newton, Avedon, Lindbergh et a été un carton alors qu’elle était organisée en pleine crise, juste après la chute de Lehman Brothers. Mais il demeure vrai que ce sont surtout les « big Four » qui marchent fort, les quatre magiciens : Penn, Avedon, Newton et Lindbergh. Il y a un vrai phénomène, notamment autour de Kate Moss : je suis sûr qu’on pourrait vendre le moindre snap d’elle […] Qui sont ces nouveaux acheteurs ? Des gens de la mode ou de la pub ? Pas du tout, ce sont plutôt des gens qui peuvent avoir des vies un peu grises, traders ou banquiers. Les gens magazine n o 10 91 qui sont dans la créa s’inspirent, eux, plutôt de photos plus anciennes comme celles de Brassaï, par exemple, qu’ils réinterprètent aujourd’hui à leur façon. Tout cela participe du même mouvement, qui fait que Richard Prince, Murakami ou Kusama collaborent avec Vuitton, que Wolfgang Tillmans, Juergen Teller ou Inez van Lamsweerde sont représentés par des galeries d’art contemporain. Et puis l’on voit bien que même si l’expo d’Helmut Newton au Grand Palais n’était pas très bonne, chacun peut projeter dans ces clichés sa propre vision ; mettre des choses plus cachées au-delà de la photo commerciale. Un collectionneur vénézuélien me racontait récemment que lui, qui avait découvert Naomi et Linda dans les magazines quand il était jeune, adorait désormais les avoir en grand tirage chez lui. Il y a un vrai phénomène, notamment autour de Kate Moss : je suis sûr qu’on pourrait vendre le moindre snap d’elle. Dans le genre, c’est un peu l’équivalent de la Marilyn de Warhol. En quoi leur engouement est-il différent de celui des amateurs d’art contemporain, par exemple ? Ce sont des gens qui aiment l’image et qui veulent se faire plaisir, leur engouement est beaucoup moins formaté que ce que l’on voit pour le marché de l’art contemporain, où tout le monde se doit de posséder la même chose. Chez les collectionneurs photo, les goûts sont beaucoup moins uniformes, et une même photo peut prendre un sens complètement différent selon qu’elle est présentée dans deux collections différentes. Visiter leur intérieur, c’est une vraie intrusion dans leur inconscient de collectionneur, bien plus que dans le domaine de l’art contemporain. Le marché est donc très protéiforme, comme le mélange des genres : on peut voir la nouvelle photographie documentaire d’un Alec Soth, ou d’autres de Magnum, comme une hybridation entre les leçons d’un Walker Evans et les tendances plasticiennes d’un Gursky. Ce qui fait qu’une même image peut séduire autant un amateur de documentaire que quelqu’un porté vers les œuvres plasticiennes.



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