Magazine Magazine n°1 sep/oct/nov 2010
Magazine Magazine n°1 sep/oct/nov 2010
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°1 de sep/oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : ACP

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : spécial mode et design.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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off record Jeunes créateurs et Internet Pour un jeune créateur, lancer sa marque n’est pas seulement difficile, mais nécessite de connaître les règles du jeu dans le monde du luxe qui changent de plus en plus rapidement. Fabrication, distribution, visibilité… Visite du labyrinthe, sans langue de bois mais à visage couvert. La décennie 2000 a vu apparaître une génération de jeunes créateurs qui lançaient leur marque. La décennie 2010 ne semble pas aussi accueillante avec leurs successeurs. À quoi cela tient-il ? Il y a plusieurs facteurs. Tout d’abord, pour lancer une marque aujourd’hui de manière classique, il faut beaucoup plus de moyens financiers que, par exemple, dans les années 90, où il était encore possible de fabriquer en France, voire à Paris. Aujourd’hui, un jeune créateur qui se lance a besoin de 100 000 à 200 000 euros. Quelle est la répartition des coûts pour une jeune marque, entre la fabrication, la diffusion, la visibilité ? Tout commence avec une idée ou une direction, et il faut très vite financer sa première collection pour se faire connaître. Il faut repérer des tissus, en général sur des salons comme Première Vision – dans lesquels il faut être « présentable », c’est-à-dire avoir une carte de visite, exister comme une entreprise –, puis les acheter, souvent au comptant. Vient ensuite un bon patronnier, qui demande de 500 à 800 euros par modèle. Maintenant, il faut trouver un fabricant, au Maroc ou en Tunisie, pour ne pas aller trop loin, donc y passer du temps, car on ne peut pas se tromper pour sa première collection. À ce moment-là, le budget tourne autour de 15 000 euros. Une fois que les objets existent, il faut penser à l’image et la visibilité… Absolument, ça s’appelle un book. Ça signifie un photographe (un ami ? mais est-ce une bonne idée ?), des mannequins, et surtout une histoire à raconter. Le passage obligé est alors le salon professionnel : compter 5 000 euros. Maintenant, dans l’hypothèse où la marque séduit, il faut honorer les commandes passées, trois à quatre mois plus tard, et penser la collection suivante, qui sera fabriquée quasiment simultanément… L’investissement court sur huit mois à un an avant d’espérer encaisser un magazine n°1 magazine n°1 62 62 peu d’argent, période pendant laquelle le jeune créateur doit continuer à se nourrir… Et en termes de distribution ? Le rêve, pour un jeune créateur, c’est d’être distribué en magasin multimarque, parce qu’il n’a pas les moyens de se payer une boutique. Il y a encore quelques années, quand une marque arrivait à se faire référencer par les trois grands magasins (Bon Marché, Galeries Lafayette, Printemps), son image commençait à exister grâce à la visibilité et au contact avec les clients internationaux. Mais, malheureusement, la période où les acheteurs des magasins pouvaient craquer sur une marque est révolue. Aujourd’hui, les grands magasins se sont transformés en bailleurs de fonds ; ils louent des corners qui doivent atteindre une certaine rentabilité au mètre carré. Ils s’adressent donc à des marques établies, qui ont déjà une image et un univers de boutique, à qui ils louent des surfaces. Donc après avoir été écartés des pages des magazines parce qu’ils n’étaient pas annonceurs, ils sont évacués des magasins pour cause de rentabilité insuffisante… Absolument. Une page se tourne… On ne se rend pas compte du rôle qu’ils ont joué pendant dix ans et de l’expertise qu’ils avaient : Robert Duffy, l’associé de Marc Jacobs, raconte que leur marque n’aurait pas pu décoller sans le soutien des grands magasins américains, qui l’ont découverte, ont commencé à la vendre puis leur ont donné des conseils, et c’est de cette synergie qu’est né le succès actuel de la marque. Aujourd’hui, un magasin comme Barney’s attendra qu’une marque ait fait quatre ou cinq collections avant de la distribuer, alors que c’est justement avant ce palier que les marques ont besoin d’être soutenues… On a aussi l’impression que le modèle des boutiques multimarques s’essouffle : si Colette reste
indéboulonnable, Maria Luisa ferme boutique, physiquement au moins… On est effectivement en train de tourner une page ; mais si Maria Luisa ferme son espace, Merci ouvre et marche très bien. Ce ne sont pas les mêmes créateurs, ils sont plus pointus chez l’une et d’une mode plus accessible chez Merci, mais le modèle du multimarque subsiste et s’est déplacé pour un autre type d’acheteur. Colette, c’est une autre aventure, même si le display mode a évolué, moins élitiste et plus street, c’est le meilleur multimarque du monde, il n’y a pas l’équivalent à New York ! Et comme ils ont l’intelligence de ne pas faire de franchise… ça fait douze ans que ça dure et qu’ils se renouvellent… Le système des salons professionnels est aussi une option délicate pour une jeune marque, vu leur nombre et leur coût. Ils sont pourtant incontournables pour toucher les acheteurs importants, comme les Japonais par exemple – qui sont vraiment défricheurs et donc intéressants pour un jeune créateur –, qui auront toujours besoin de toucher les vêtements, de visualiser leurs finitions et qui sont d’ailleurs présents dans tous les salons. […] C’est assez onéreux, mais certains d’entre eux sont plus abordables, comme Rendez-Vous, qui est un salon encore jeune et bienveillant avec les jeunes marques. Il existe une alternative, c’est le salon en ligne que Rendez-Vous propose, d’ailleurs ; ça ne permet pas de toucher les mêmes acheteurs, pour l’instant, mais d’autres multi marques dans le monde, qui sont pointus et intéressés par la nouveauté. Au-delà des salons professionnels, comment Internet peut-il changer la donne pour une jeune marque ? Il y a encore deux ou trois ans, lancer une marque supposait d’ouvrir assez rapidement une boutique. Aujourd’hui, ce n’est plus si évident, et une boutique virtuelle sur Internet est une alternative intéressante. Mais ça nécessite aussi tout magazine n°1 63 Il y a encore deux ou trois ans, lancer une marque supposait d’ouvrir assez rapidement une boutique. Aujourd’hui, ce n’est plus si évident, et une boutique virtuelle sur Internet est une alternative intéressante […] un travail pour la faire connaître ; rien n’est pire qu’un site que personne ne visite ou ne connaît… Bien sûr, l’expérience d’entrer dans une boutique et de pouvoir en ressortir avec le vêtement choisi est irremplaçable. Mais le prix de l’immobilier est tel aujourd’hui, ajouté au salaire d’une vendeuse, que l’option Internet est de plus en plus pertinente, au moins dans un premier temps. Et ça y est, le public est mûr pour ça. Comment médiatiser un site Internet ? Il y a les recettes dont tout le monde parle : Facebook et autres réseaux sociaux, les blogs, les liens des autres sites, un bon référencement dans les moteurs de recherche, les pubs Google… Mais en réalité, il n’y a pas de recette brevetée et c’est la chance des jeunes marques, car c’est un média qu’on apprivoise, qu’on apprend à connaître à mesure qu’on y développe des choses. Et une jeune marque est plutôt encline à expérimenter et n’a rien à perdre ! Le Carrousel du Louvre n’accueillera plus de défilés à partir de cette saison. On semble aussi tourner le dos au spectaculaire pour préférer la présentation intime et les rendez-vous. Quelles conséquences pour les jeunes créateurs ? C’est une très bonne nouvelle, la mode a perpétuellement besoin de renouveau. On ne va pas endormir les rédactrices en les invitant toujours au même endroit. Au moins, elles découvrent des nouveaux quartiers comme le 13 e ! [La halle Freyssinet, dans le 13 e arrondissement, a accueilli plusieurs défilés la saison passée,ndlr] magazine n°1 63



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