Magazine Magazine n°1 sep/oct/nov 2010
Magazine Magazine n°1 sep/oct/nov 2010
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°1 de sep/oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : ACP

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : spécial mode et design.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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international lors de la parution dans Vogue Paris d’un roman-photo restituant l’histoire d’une espionne russe s’apprêtant à franchir le Mur de Berlin. Comment un magazine de mode peut-il s’amuser d’un sujet aussi grave que le Mur ? s’indigne-t-on… « La remise en question intellectuelle entreprise depuis quelques années a suscité tant d’atermoiements chez nombre de photographes qu’on se demande s’il leur arrive encore de presser le déclencheur. Une sorte de constipation s’est installée : peut-être qu’un jour, seuls demeureront les photographes de presse, les autres ne faisant plus que de la philosophie. » 1971 Commissionné quelques années plus tôt par le Vogue US – « Madame Vreeland était habitée par une vision fantaisiste, pleine d’extravagances marocaines, de talons rougis au henné et de rêveries exotiques... La femme qui occupait mon imaginaire était au contraire extrêmement sexuelle, occidentale à tous égards […] Le résultat était épouvantable. » –, il retente sa chance auprès de son successeur, Alex Liberman, réputé pour diriger ses photographes d’une main de fer. « Montrez tout », telle est la devise de Liberman, citant Larry Flint. Contre la volonté de la rédaction, il publie alors des photos osées, aux mises en scène choquantes… « J’adore la vulgarité, je suis très attiré par le mauvais goût, beaucoup plus excitant que le prétendu bon goût qui n’est qu’une normalisation du regard. » 1984 Tandis qu’il quitte Paris pour Monte-Carlo – « le moment était venu de m’éloigner de l’omniprésent percepteur, qui prélevait 70% de mes revenus » – et Vogue Paris pour Vanity Fair – « j’avais fourni pendant vingt-trois ans le meilleur de mon œuvre » –, il délaisse un temps la mode pour lui préférer les portraits et les nus. Mais quand Anna Wintour le rappelle à son devoir, il rempile... « Au cours des vingt années qu’a duré notre collaboration, j’ai été tantôt atterrée, tantôt stupéfaite, mais toujours amusée par les fruits du génie visuel d’Helmut… D’autres photographes avec lesquels je travaille pour Vogue m’ont confié qu’il leur rendait la vie impossible : il était capable de faire des photos dans une mauvaise lumière, il travaillait sans équipe, il pouvait magazine n°1 magazine n°1 54 54 B. photographier vite avec n’importe quel appareil, même ceux utilisés par des amateurs… » 1996 Nommé commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres puis officier des Arts, Lettres et Sciences par la princesse Caroline de Monaco, il domine la jet-set, niché dans une tour de la principauté de Monaco, lui qui ne s’intéresse qu’aux puissants : « Personne ne veut voir dans le journal votre tante Émilie mais les plus belles femmes du monde. Je photographie aussi ce que je connais le mieux : les riches ou des gens qui croient l’être. Je ne photographie pas les pauvres, car je trouverais ça cynique. Je trouve ridicule de photographier, comme certains le font, des gens richement habillés dans un quartier pauvre. Une femme qui s’habille en Saint Laurent ne va pas à la Goutte d’Or. » 2004 Lancé sur le Sunset Boulevard d’Hollywood, il décède au volant de sa Cadillac en s’écrasant sur l’un des murs du chicissime hôtel Château Marmont. Il repose depuis ce jour, selon sa dernière volonté, auprès de la tombe de Marlene Dietrich, à Schöneberg. Épilogue Helmut Newton avait souhaité léguer sa collection de photographies à la France afin qu’elle la destine à une fondation. Le ministère de la Culture a montré si peu d’empressement que la Helmut Newton Foundation a finalement ouvert ses portes à Berlin. Marlène Van de Casteele A. DR B. Photographies Bill Jay, courtesy of Nazraeli Press
LEXIQUE TENDANCES Certains mots sont usés jusqu’à la corde. Devenu adjectif, « tendance » s’est peu à peu vidé de son sens. C’est pourtant un concept inhérent à la mode, à apprivoiser en dix points. Les tendances remontent aussi loin que la mode elle-même. Au x i v e siècle, lorsque naît la notion de mode, les tendances sont alors lancées par les têtes couronnées et diffusées grâce aux descriptions dans des lettres, au bouche à oreille et aux poupées mannequins que les voyageurs apportent à leurs hôtes en guise de présents. Les tendances se font et se défont sous les ors de la cour à Paris. Au x v i i e siècle, la ville s’établit comme capitale mondiale de la mode. À cette époque, si les élégances royales et le secteur textile dominent en matière de tendances, les couturières et les tailleurs proposent également leurs propres innovations. Les nouvelles vogues circulent alors à travers le monde par le biais de gravures, permettant aux élites de capter l’esprit de la mode parisienne. Les tendances sont des désirs imprimés. La première revue de mode paraît à Francfort à la fin du x v i e siècle et, bientôt, la presse deviendra le médium privilégié pour propager la mode. En Amérique, Arthur Baldwin Turnure crée Vogue en 1892, probablement le plus éminent magazine de mode et diffuseur de tendances de la planète. Condé Nast rachète le titre en 1909. Les tendances sont capricieuses et souvent surprenantes. Et pourtant, certaines personnes s’entêtent à prédire l’avenir. Le nombre de défricheurs de tendances et de cool hunters disponibles sur le marché, à l’usage des grands groupes et marques connues, semble croître de jour en jour. Oubliez Madame Soleil et sa boule de cristal, ou mamie et son marc de café : cette caste au costume impeccable n’ignore pas que ses conseils peuvent aider ses clients à amasser des fortunes. Les tendances sont parties intégrantes du système capitaliste. Elles entretiennent notre désir de les suivre souvent, de nous en distinguer parfois, d’avancer avec l’air du temps toujours. Les tendances sous-tendent le concept du goût. Dans notre culture, les faiseurs de goût, autoproclamés et/ou reconnus, revêtent régulièrement l’habit du juge. Avec le temps, il arrive qu’une tendance approuvée atteigne le statut de « style », accédant ainsi au magazine n°1 55 royaume de l’intemporel, autrement dit la quintessence du chic – tenez, la petite robe noire, par exemple. Alors qu’une tendance condamnée est jetée aux oubliettes de la mode : qui veut se souvenir qu’il a un jour porté du Von Dutch, du Juicy Couture, des bottes Ugg, un mullet ou des pattes d’ef’ ? La liste est sans fin. Les tendances se répandent comme des épidémies culturelles. Elles ont un début, un pic, et une fin. Mais qu’ont bien pu devenir toutes les jambières qui sévirent un temps sur terre ? Les tendances sont cycliques. Vous vous souvenez des épaulettes ? Traduisant pouvoir et succès durant la période Wall Street et Dynastie, elles ont ensuite été taxées de ringardise suprême. Et vingt ans plus tard – sans trop de surprise –, elles ont fait un retour en fanfare sur les podiums. Puis elles sont descendues dans la rue, ont atteint leur pic de popularité et rejoint à nouveau le purgatoire de la mode. Un petit tour et puis s’en va… Les tendances perdent souvent de leur éclat d’origine en phase de recyclage. Prenons l’exemple de l’iroquoise : attribut historique des punks énervés, elle a connu un court cycle de vie en tant que symbole de révolte, vite délaissé par les rebelles et relégué dans les limbes du mauvais goût, tout ça pour faire un come-back ironique les années 2000 venues. Les tendances rappellent avec insistance que les attitudes culturelles fluctuent sans cesse. Lorsque, dans les années 50, l’humble pantalon en toile denim passe – avec un petit coup de main de James Dean – du simple article pour ouvriers au vêtement associé à la liberté et la subversion, rares sont ceux qui auraient prédit que, trois décennies plus tard, on le retrouverait aussi bien sur les supermamans que les it-girls, sur les politiques que vous et moi. magazine n°1 55 Anja Aronowsky Cronberg Traduit de l’anglais par Hoa Nguyen



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