Magazine Magazine n°1 sep/oct/nov 2010
Magazine Magazine n°1 sep/oct/nov 2010
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°1 de sep/oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : ACP

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : spécial mode et design.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Mais pourquoi défiler ? À Paris, entre in et off, le calendrier des collections de prêt-à-porter enchaîne pas moins de cent défilés sur neuf jours. Mais à quoi bon s’échiner à lancer des filles piétiner de long en large sur des podiums ? Pour présenter les dernières nouveautés à un parterre d’acheteurs et de journalistes, serait-on tenté de répondre. Oui, mais pas si simple… Loin de se cantonner à promouvoir des nippes, les shows sont l’occasion de tours de passe-passe médiatiques sophistiqués, de stratégies de marque, de volontés politiques et d’ego qui se mêlent étroitement. Revue des différentes problématiques… Pour soutenir le rythme commercial Il fut un temps (lointain) où, de défilés, il n’était que couture – à l’ère préhistorique du surmesure et des froufrous faits main. Puis vint la révolution du prêt-à-porter, qui impliqua l’organisation dès les années 70 d’un second calendrier de présentations par saison. Accélération des rythmes de livraison, fast-fashion, besoin de nourrir en images la bête Internet… voici que les pré-collections défilent à leur tour : et de trois sessions ! Les lignes homme se révélant un relais de croissance pour remédier à la baisse des ventes de maroquinerie : et de quatre shows à programmer dans les grandes maisons ! Sans compter avec les catwalks montés à Londres, Marrakech, Moscou, pour célébrer les ouvertures de boutiques, et les présentations commerciales en show-room. À cette cadence, il est des griffes qui défileront bientôt tous les jours que l’an fait. Par obligation Impossible pour certaines maisons – souvent de vieux noms de la couture au lustre fané – d’y déroger. Les contacts de licences à l’autre bout du globe stipulent la tenue saisonnière d’un show pour assurer le rayonnement de la marque. Et qu’importe si la salle est à moitié vide, les mannequins sortis d’on ne sait où et la collection franchement rance, ce défilé à la va-comme-je-te-pousse permet d’écouler en douce parapluies, mouchoirs et extensions capillaires au fin fond de la Corée. CHRONIQUE magazine n°1 magazine n°1 100 100 Pour se faire connaître Sûrs de leur talent après quelques stages, remontés à bloc par un prix dans un festival à la noix, des rêves plein les mirettes, ils se lancent et prennent d’assaut les podiums. Papa a dû vider son Codevi, sœurette fait la cousette et le boyfriend officie comme RP autant que comme coursier. Que de bonne volonté ! Quelle énergie ! et parfois même quelle belle créativité ! Manque juste un peu de place sur les portants des boutiques pour accueillir ce joli monde. Advienne qu’adviendra… Pour amuser la galerie Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de voir Daniela Lumbroso, Valérie Damido et Lara Fabian sur un podium. Ce casting de rêve, c’est celui de la dernière édition du défilé du Salon du Chocolat. Un festival de robes à croquer qui chaque année ensorcelle le hall 5 de la Porte de Versailles. Rien de tel qu’un défilé spectacle pour affirmer le positionnement giga-branché d’une manifestation, voire d’une marque. Le fabricant de cigarettes Silk Cut et les vodkas Smirnoff s’y sont essayés lors de maxi-teufs. De bons souvenirs et de bonnes gueules de bois. Pour trouver du boulot Combien de jeunes talents fraîchement sortis des écoles et de stylistes sur le retour n’ont pas fait ce petit calcul. Casser sa tirelire pour organiser un défilé peut s’avérer un excellent investissement si,
conquis par leur petite prestation, un géant du luxe avait l’obligeance de leur confier la direction artistique d’une de ses maisons. Mais pour un Riccardo Tisci propulsé chez Givenchy, combien de stylistes sur le carreau après trois saisons ? Pour se faire plaisir Signer les collections d’un des géants de la mode demeure le fantasme de tout styliste en herbe, mais contraintes marketing, guéguerres politiques internes et limites d’un cadre stylistique étroit s’avèrent le calvaire de moult designers de renom. De KarlLagerfeld à Christophe Lemaire, ils sont nombreux à sentir le besoin de présenter une mode plus proche de leur vérité. Leurs défilés en nom propre sont leur soupape de sécurité et qu’importe s’ils ne rencontrent pas toujours un franc succès ; il en va de leur équilibre personnel. Pour modifier l’ADN d’une griffe On doit la recette magique à Tom Ford. Entré par la petite porte chez Gucci en 1990, comme styliste du prêt-à-porter, le Texan réédite les classiques qui firent le succès de la maison dans les années 50, mocassins à mors et sac à anses bambou. En 1994, Ford met le turbo et défile pour la première fois. Son mix du chic « à la Saint Laurent » mâtiné de minimalisme « à la Halston » permettra à Gucci de définir les contours du luxe contemporain. Louis Vuitton, Céline, Prada… toutes les griffes de maroquinerie emboîteront le pas, jouant la carte du prêt-à-porter pour se donner une image globale. Pour exister dans la presse Organiser un défilé de prêt-à-porter – quitte à ne vendre que dans des proportions symboliques – permet aux griffes de maroquinerie qui investissent massivement en achats d’espaces publicitaires dans la presse de rentabiliser au mieux leur plan média. Une silhouette total look pleine page s’avère toujours plus « impactante » qu’un sac noyé dans une sélection de la rubrique shopping. Pour vendre des bidules Chez l’un, des top models fardées comme des drag-queens, juchées sur d’improbables socques, arborent des « tailleurs bar » cartonneux, quand chez l’autre un lion de carton-pâte géant surplombe les mannequins en tenues de bohémiennes grand luxe. Voilà une bonne décennie que les présentations de haute couture ont viré au grand barnum. Les passages sont destinés à être vus, photographiés, filmés pour le 20 Heures, davantage que les vêtements à être portés… De vagues déclinaisons commerciales attendent les clientes dans la quiétude des salons, magazine n°1 magazine n°1 101 101 A.



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