Madame n°205 février 2020
Madame n°205 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°205 de février 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (201 x 276) mm

  • Nombre de pages : 164

  • Taille du fichier PDF : 22,9 Mo

  • Dans ce numéro : Séoul, Laponie, Saint-Barthélemy, regard sur l'ailleurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Lee's cosmic bursts of creativity, with evocative titles like Live Forever, Weep Into Stones and Infinite Starburst of Your Cold Dark Eyes, transport the viewer into an intangible realm, a blend of the personal and the universal, the human the political. "Beauty is impossible to define," she says. "It's an instant of surprise, a gift. I have so many ideas every day. Not just mental concepts—the hand searches as well. Sometimes at night I come back to a canvas and wreck she adds with a laugh. "Or l'll work on a painting again after ten years. It's a real labor to leave things as they are." "Very early on," she continues, "I realized that I would have to chart my own passage through this thicket of competing ideologies to arrive at something truer to my own consciousness and experience." Just 132/AIR FRANCE MADAME Ci-contre  : dans l'atelier de Lee Bul, des matériaux sources pour ses collages. Page de droite  : vue sur Séoul depuis son atelier. Des œuvres sur papier et une oeuvre en cours, 2019. « < entremêlements d'écailles tout en volutes, des filaments de méduses prenant racine dans des corolles de champignons, des cheveux emportés par le vent... Rangés dans des casiers, maquettes et croquis préliminaires sont autant de travaux affinés avant de donner forme à ses sculptures monumentales et atmosphériques  : constellations de tricots, de chaînes et de fragments de miroirs suspendus dans les airs ; forteresses de cristal s'étirant comme des stalagmites, stations spatiales abandonnées ; cyborgs en porcelaine cuirassés et mutilés... Ses jaillissements cosmiques aux titres évocateurs (Live Forever, Weep into Stones ; A portrait of an icleal ; Inftnite Starburst of Your Cold Dark Eyes) nous transposent visuellement dans une dimension intangible de l'existence, mêlant le singulier et l'universel, l'humain et le politique. Il serait vain de vouloir expliquer les constructions mentales qui mènent à ces abstractions fantastiques évoquant l'univers manga ou des paysages de science-fiction aux architectures inconnues. La dimension plastique de son art échappe à tout axiome. En témoigne la multiplicité des médiums utilisés  : graphisme, dessin, peinture, collage, vidéo, sculpture, design, architecture... Au mur, une série de peintures à la texture colorée épaisse, qui forme une sorte de réaction chimique délicate sur du velours de soie. Ses visiteurs lui disent  : "Je vois un ciel, cela ressemble à une fleur, à un chien... Elle leur répond  : "Oui, c'est possible". Puis tourne le cadre et leur montre une nouvelle façon de regarder. "Cela questionne les mécanismes", commente- t- elle humblement. "La beauté est impossible à définir. C'est un moment qui vous surprend, un cadeau. Chaque jour, mes pensées sont différentes, les couches se superposent, se renouvellent. Il ne s'agit pas que de concepts, c'est la main qui cherche aussi. Il m'arrive de revenir sur une toile après un dîner, et je la fous en l'air, confie- t- elle en riant. Ce n'est pas ma décision. Parfois, je reprends un tableau dix ans après ! Si je finis quelque chose rapidement, je me sens coupable... C'est un vrai travail de laisser les choses telles qu'elles sont." Lee Bul reconnaît avoir eu "très tôt besoin de construire (son) propre cheminement de pensée en dehors des idéologies, pour atteindre une vérité en lien avec (sa) conscience et (son) expérience". L'art est venu à elle comme la seule façon de conjurer le passé et de se relever du chaos aux premières heures de la transition démocratique. A peine sort-elle de l'école d'art, en 1987, que le pays s'apprête à définir de nouvelles bases de société. Plutôt que de s'allier aux mouvements contestataires émergents dans les années 1970, elle se réfère à ce qu'elle connaît le mieux, son corps. Ses performances publiques — souvent choquantes — dénoncent les questions délicates du genre et la vulnérabilité féminine dans une société
très patriarcale. "Aujourd'hui, je ne peux pas revoir ces films dans lesquels je me mets en scène. Ils sont trop moi." Vêtue de baudruches multicolores, ou grimée, elle donnait naissance aux "monstres" qui habiteront bientôt ses sculptures 3D. "Un jour, dans un bus, j'ai pensé que je pouvais sauter de la fenêtre. J'ai compris que j'étais en train de perdre le sens de la réalité, je me suis dis qu'il était temps d'arrêter", se souvient-elle. Mettant l'étiquette d'artiste féministe à distance, Lee Bul ancre alors sa narration dans des paysages fictionnels inspirés par l'architecture utopiste de l'Allemand Bruno Taut (dans Devotion to Drift) ou revisite les travaux constructivistes du Russe Vladimir Tatline (dans Mon grand récit  : Because everything..). A la charnière du réel et du fantastique, l'artiste s'amuse à brouiller les pistes — ou au contraire à créer des connexions — entre monde charnel et monde virtuel. Manipulation (du corps et des esprits), culte de la beauté et de la technologie, poursuite d'un idéal lui-même fondé sur l'abandon des idéaux... Rien n'est jamais provocateur dans cet univers qui nous éloigne de la réalité triviale pour nous transporter dans une autre modernité fantasmée. Exposition de LEE BUL à la galerie Thaddaeus Ropac à Paris, en 2021. IMF "LE MONDE EST LE MÊME PARTOUT. AVEC LE TEMPS, J'AI APPRIS À RENTRER À L'INTÉRIEUR DE MOI." L'artiste sud-coréenne Lee Bul AIR FRANCE MADAME/133 when Lee completed her studies, in 1987, South Korea was redefining the foundations of its society. Rather than joining a political movement, she turned to what she knew best  : her own body. Her often shocking performances challenged preconceptions of female vulnerability in a patriarchal society. "I can't watch my performance films now," she says. "They're too me." Distancing herself from the label of "feminist artist," Lee anchors her narration in fictional landscapes at the frontier between the concrete and the imaginary. Embodied in media ranging from drawing and painting to sculpture, graphics, collage and video, hers is a universe drawn from an obsolete modernity, propelling us farther from trivial realityto crystalize an alternative vision of the world.



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