Madame n°204 déc 19/jan 2020
Madame n°204 déc 19/jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°204 de déc 19/jan 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 228

  • Taille du fichier PDF : 31,6 Mo

  • Dans ce numéro : un hiver d'aventures entre Paris, Buenos Aires et les îles Aléoutiennes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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C UL TURE R O MA N Mariage moderne LE TITRE DU LIVRE REPREND CELUI D’UN TUBE du chanteur de soul John Legend, datant de 2005, année du premier roman de Diana Evans, 26a. Il y a beaucoup de références musicales dans ce troisième roman, d’ailleurs l’auteure fut danseuse un temps (avec la troupe Mashango, à Brighton), et la danse sans aucun doute s’est transformée en écriture, qui cherche le bon tempo, chorégraphie la valse des sentiments se déployant dans un Londres parfois enchanteur, parfois violent, toujours rêvé, saisi dans la puissance esthétique d’un ballet urbain fascinant. Une écriture attentive à donner à chaque geste sa juste ampleur, la liberté suffisante pour qu’il trouve sa signification, mais sans lâcher sur la tenue, la contrainte, l’exigeance. Ordinary p eop le, pour dire la génération des enfants d’immigrés qui se sont intégrés, qui ont atteint un niveau d’instruction et de revenu qui leur ouvre les portes de la classe moyenne anglaise. And so what ? Est-on jamais tout à fait un citoyen lambda quand on a la peau noire ? A quoi sert de faire partie de la classe moyenne quand celle-ci prend l’eau de toute part ? Mais Diana Evans ne s’intéresse pas tant aux identités, auxquelles elle souhaite d’être avant tout fluctuantes, légères, ironiques, qu’à cette vieille lune qui occupe toute vie quelle que soit la couleur de la peau, qui définit notre humanité infiniment commune  : l’amour et cette machinerie terrible qui le dézingue, le couple. Deux enfants et l’emménagement dans une maison au sud de Londres plus tard (près du Crystal Palace Park), et Mélissa et Michael ne se reconnaissent plus, toute passion bue. La vie n’est-elle pourtant pas belle quand Barack Obama habite la Maison Blanche ? Michael veut retrouver l’autre Mélissa, celle qui vibrait dans ses bras, Mélissa veut retrouver cette partie d’elle-même qui s’est égarée dans la vie de famille. On peut s’aimer encore mais ça ne marche plus. D’une poésie à la fois lyrique et réaliste, le roman orchestre toutes les variations de leur malentendu, toutes leurs tentatives pour se rapprocher. Dessinant les contours de l’éternelle « folie féminine » (Mélissa de plus en plus convaincue que leur nouvelle maison est hantée) en réponse à une émancipation domestique introuvable. Saisissant comme jamais le désarroi masculin face aux puissances de la maternité et aux transformations du grand amour en une lutte quotidienne qui dépasse beaucoup d’hommes. Il y a aussi Damian et Stéphanie, couple ami qui se débat dans les mêmes problématiques mais y répond différemment. Car il n’y a pas de vérité, pas de règle, pas de morale applicable en la matière…. Entre les évocations de la splendeur du Crystal Palace qui brûla en 1936 et de la mort de Michael Jackson, le roman fait vivre passé et présent, et nous invite, comme autant de particules dansantes, à jouer chacun(e) notre partition avec joie. I Ordinary p eop le, Diana Evans, éd. Gobe, 384 p., 22 € . Troisième roman de l’Anglaise Diana Ev ans, sur le couple, la beauté de Londres, la nécessité de la danse et de la musique. Par Isabelle Potel 1 02/A I R F R A N CE M A DA M E T w o b y t w o FROM BRIT ISH A UT HOR DIA NA EVA NS, A NOV EL A BOUT LIFE A S A COUPLE, T HE BEA UTY OF LONDON, A ND T HE NECESSITY OF MUSIC A ND DA NCE. The title, borrowed from a 2004 hit song by the soul singer John Legend, is only one of many musical references in Diana Evans’s latest novel. Which comes as no surprise  : the author is a former professional dancer, and her writing seems to be a natural extension of her first art, always seeking the right tempo, controlling the amplitude of each gesture in a choreography of emotions. In this case, Ordinary People refers to children of immigrants to Britain who have attained a level of education and income that places them in the English middle class. But are you ever really an « ordinary » citizen when you have dark skin ? Still, Evans is not so much interested in identity as in an even more sweeping preoccupation  : love, and the all-powerful juggernaut of the couple. By the time they have two children and a house near Crystal Palace Park in London, Melissa and Michael hardly recognize each other, their passion a thing of the past. Michael longs for the other Melissa, the one who thrilled to his touch, while Melissa longs for the part of herself that has been lost, sacrificed to family life. With equal measures of lyricism and realism, the novel orchestrates the variations of their discontent, incorporating the archetypes of feminine « hysteria » (Melissa becomes convinced that their house is haunted) and masculine helplessnessin the face of the power of maternity, let alone the degeneration of deep love into a daily struggle. In parallel, their friends Damian and Stephanie face the same problems but deal with them much differently. Ultimately, there are no universal truths or rules. Deftly interweaving the fictional present and factual past (the election of Barack Obama, the death of Michael Jackson, the splendor of Crystal Palace, which burned down in 1936…), Ordinary People shines a spotlight on the grand human ballet in which we all dance our part. PHOTO PRESSE
RESSE P HOTOS P A comme Eiff el, Xavier Coste et Martin Trystram, éd. Casterman, 130 p., 21 € . ! COMMENT IMAGINER que la tour Eiel, qui règne sur Paris avec une évidence absolue, sans laquelle les Parisiens se sentiraient complètement à p lat, a provoqué à sa naissance en 1889 des protestations violentes, selon lesquelles la France en serait défgurée ? Avec malice et esprit romanesque, une biographie de l’ingénieur Gustave Eiel, ses ponts, ses viaducs, ses édifcations métalliques, sa participation à la statue de la Liberté… Les dessins, en équilibre parait entre réalisme et onirisme, ont vibrer d’émotion cette fn du xix e siècle qui ouvrait grand ses bras au progrès industriel. Les auteurs imaginent que la structure de la tour a été inspirée à Eiel par le A d’Alice, une cousine dont il aurait été amoureux depuis l’enance. Joli antasme de la douceur d’une muse au cœur des innovations viriles de l’époque, et d’une impulsion éminine à cette tour composée autant d’air que d’acier. I.P. L o v e l et t e r i n s t e e l INVERSION DES PROPOSITIONS. Le héros vit dans un monde magique et de temps en temps ait un saut dans le « monde gris », c’est-à-dire normal. Darryl est un jeune « journalyste » au Veilleur, ses assistants les plus dévoués sont une déclinaison de laée clochette et un rapace « vibyrd » qui prend des photos. Son meilleur ami est un jeune antôme amoureux de Julianne, jeune flle vivant côté gris, et qui a le don de voir des trucs dans l’au-delà. En résumé, un trio héroïque avec des aects compliqués. Darryl enquête sur la disparition d’un géant quand une pièce de l’horloge du Temps est volée. Qui ou quoi menace l’Ouvremonde ? Le récit plonge dans un univers à la Harry Potter et les dessins particulièrement réussis de Krystel, croisant esthétiques manga et heroic antasy, s’attardent sur la grâce des silhouettes adolescentes et sur cette période de la vie où tout est possible. I.P. D r e a m s o f g l o r y L’ingénieur amoureux It’s hard to imagine today, but when the Eifel Tower was built, in 1889, it was the target o violent protests, decried as a monstrosity disguring the beauty o Paris. This graphic biography o the man behind the monument, Gus- tave Eifel, strikes a balance between realism and antasy, capturing the excitement o a heady era o rapid indus- trial progress. The authors o A as in Eifel (in French) imagine that the landmark’s shape was chosen to evoke therst letter in Alice, the name o the engineer’s childhood sweetheart. A eminine muse gloried in hardy metal. Informations secrètes The teenage hero o this graphic novel escapes nightly to a magical world where airies and human-animal hybrids are commonplace. There, Darryl is a « j ournalyste » and his best riend is a ghost in love with Julianne, who in turn has the ability to see things in the aterworld. When Darryl sets out to investigate the disappearance o a giant, a piece o the great Clock o Time is stolen—who or what is threatening the realm o Ouvremonde ? By Rémi Guérin with enchanting illustrations by Krystel, Darryl Ouvremonde (in French) is an ode to the unbridled imagination o youth. Fug ue mexicaine, Chloé Aridjis, éd. Mercure de France, 184 p., 21 € . Darry l Ouvremonde, tome 1, Rémi Guérin et Krystel, éd. Glénat, 80 p., 16, 90 € . New wave DANS SON SAC, un paréo, un chapeau de soleil et un walkman avec des cassettes de Depeche Mode et The Cure. C’est l’histoire d’une ugue ; le portrait –en partie autobiographique ? – de Luisa, 17 ans, qui vit à Mexico dans les années 1980. La voilà ascinée par un article de journal selon lequel des nains ukrainiens se seraient échappés d’un cirque. Ino improbable, prétexte poétique… Lusia décide ollement d’aller à la recherche des nains sur la côte pacifque. Un récit initiatique sur l’adolescence et cette violente mélancolie qui provoque des envies d’ailleurs, des passions démesurées, des déceptions tout aussi immenses. Sur la plage de Zipolite réquentée par des jeunes venus du monde entier, Luisa ait des rencontres, s’abandonne aux êtes nocturnes, cherche des réponses dans l’océan tumultueux d’où naissent tant de légendes mythologiques. Très inspiré. I.P. S e e k i n g p a s s a g e In her bag she carries some beach gear, a Walkman and cassettes by Depeche Mode and The Cure. Chloe Aridjis’s inspired (and semi-autobiographical ?) novel Sea Monsters ollows the wanderings o Luisa, a 17-year-old living in Mexico City in the 1980s. When she learns that a troupe o Ukrainian dwarves has ed a touring Soviet circus, she decides to run away rom home andnd them. In the coastal town o Zipolite, she meets young people rom all over the world, joins in the nocturnal revelry, and looks or answers in the untamable ocean. A I R F R A N CE M A DA M E/1 03 C UL TURE L IV R E S



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