Madame n°152 fév/mar 2013
Madame n°152 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°152 de fév/mar 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (277 x 376) mm

  • Nombre de pages : 122

  • Taille du fichier PDF : 26,8 Mo

  • Dans ce numéro : le numéro mode.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DESIGN LIFESTYLE de François Laffanour grâce auquel il s’est installé rue de Seine. Une petite famille en quelque sorte, qui nourrit son travail, façonne son identité. Charles Zana tient surtout à rappeler qu’il est avant tout un architecte. A la différence de certains confrères ? Il sourit, s’en sort par une pirouette. « J’aide les gens à aller vers l’essentiel. » Les volumes, l’espace, la circulation, il connaît. C’est son cheval de bataille. Il en montre un exemple sur un projet à peine achevé. « Vous voyez cette fente que j’ai créée pour que rentre un rayon de lumière, c’est typique de mon travail. Une autre chose qui me singularise, c’est la circulation le long des fenêtres, j’aime que les gens bougent avec le soleil. » Il aime aussi les lignes droites, la symétrie, le côté graphique d’une composition mais sans jamais tomber dans le minimalisme. « Au début, j’étais un grand amateur des années 30, Mies van der Rohe, Mallet-Stevens, Pierre Chareau, Eileen Gray, Jean-Michel Frank. » Le dessin a toujours été au centre de sa réflexion, de son parcours. Charles Zana est le fils d’un dessinateur des Ponts et Chaussées. Dès les années 90, ses premières réalisations portent déjà la marque de cette rigueur. Il conçoit les boutiques Et Vous, Apostrophe, Grand Optical, « l’invention de la boutique sans spot, les montures étaient présentées dans des boîtes à lumière. » L’exercice n’est peut-être pas glamour, mais formateur. Parallèlement, il décroche des chantiers privés, un très grand appartement place des Vosges, une maison en Suisse de 2 000 m², mais on n’en parle pas dans les magazines spécialisés. « Les clients ne le voulaient pas, et moi-même je n’en ressentais pas le besoin. » Pendant vingt ans, Charles Zana travaille donc en toute discrétion, jusqu’en 2010 où le désir d’une plus grande visibilité se fait sentir. Nouvelle adresse, présence au salon « Intérieurs » organisé par AD chez Artcurial, scénographie chez Christie’s et nombreuses parutions. « Pendant longtemps, je me suis concentré uniquement sur mon travail, et comme ça marchait et que je n’avais pas de problème d’ego, j’étais très heureux ainsi. Mais l’époque a changé et avec la mondialisation, je me suis aperçu que je me coupais de clients potentiels. Et puis, certains aiment qu’on soit dans les magazines, ils veulent des noms connus, ça les rassure. Quand on est précédé d’une image, qu’on a fait des réalisations qui parlent, les projets sont moins difficiles à enclencher. » Pour preuve, le décor qu’il a imaginé pour le restaurant d’Artcurial. Ambiance Gio Ponti pour la première pièce, avec des losanges de couleurs dans l’esprit des années 60 et une atmosphère plus loft new-yorkais pour le jardin d’hiver. Une signature arty chic tout à fait dans l’air du temps. « On est plusieurs sur ce créneau », convient-il en riant. Mais peut-être que les autres n’ont pas le même sens des volumes, la même envie de transversalité avec des artistes. Charles Zana parsème non seulement ses chantiers de pièces d’Ingo Maurer, Byung Hoon Choï, Eric Schmitt, mais il installe aussi un Turrell dans un grand appartement parisien, commande une toile à Mark Hagen pour un chalet à Gstaad ou un collier à Jean-Michel Othoniel pour une maison de Neuilly. Ses collègues n’ont peut-être pas tous non plus cette volonté d’effacement, cette sobriété qui peut faire office de fil rouge dans ses réalisations, que ce soit à Bruxelles, Londres, New York ou Tel Aviv. La touche Zana, ce serait ça ? L’élégance d’un luxe discret et cultivé. Une décoration intelligente et « no logo ». La formule l’amuse : « Oui, c’est un peu comme aller chez Hermès... » M 208 » www.zana.fr L’époque a changé avec la mondialisation. Quand on est précédé d’une image, qu’on a fait des réalisations qui parlent, les projets sont moins difficiles à enclencher.
PHOTOS DR – LOÏC LOYER – JACQUES PÉPION – ELAD SARIG Ci-contre : détail de l’agence Charles Zana, avec une œuvre d’Andrea Branzi, un dessin d’Adel Abdessemed, une suspension de Front Design. Ci-dessus, de gauche à droite : nouveau décor du restaurant Artcurial, dans un esprit très Gio Ponti. Exemple parfait du style Zana, fluidité, couleurs subtiles, élégance des matériaux, touche arty ; la table a été réalisée en collaboration avec Choï. Ci-dessous : vue d’un penthouse à Tel Aviv, fauteuils de Marc Newson, tapis Golran, sculpture de Menashe Kadishman au premier plan et, au fond, un tableau de Michael Gross. > « I love the idea of a house that doesn’t look like an architect’s work. You sense that things are thought out, but there’s no ‘stamp’on it. » He describes his style as « warm, simple and efficient. I get rid of everything that’s superfluous, although I’m not against a few decorative touches. » Zana is first and foremost an architect. Does that make him different from other interior designers ? He smiles, and deftly skirts the question : « I help people get to what’s essential. » Volumes, space, traffic patterns—he knows it all. He shows us an example from a newly completed project. « You see this narrow opening that lets in a ray of light ? That’s typical of my work. Another thing that singles me out is the circulation following the windows. I like to have people move with the sun. » He also likes straight lines, symmetry and graphic compositions, without succumbing to minimalism. « At first, what I loved most was the 1930s—Mies van der Rohe, Mallet-Stevens, Eileen Gray and Jean-Michel Frank, » he recounts. His early creations from the 1990s already bore the mark of this architectural approach. He got his start designing retail outlets for brands like Et Vous, Apostrophe and Grand Optical—not very glamorous, perhaps, but instructive. Soon he was also receiving private commissions, designing an immense apartment on Place des Vosges in Paris, a house in Switzerland… But none of the trade magazines were talking about him. « My clients didn’t want it, » he explains, « and more importantly, I didn’t feel the need myself. » For 20 years Zana worked quietly, nearly anonymously, until in 2010 he began to feel the desire for greater visibility. He started participating in the « Intérieurs » exhibitions hosted by AD at Artcurial, created displays for Christie’s, and suddenly seemedto be everywhere. « For a long time I concentrated solely on my work, » he says. « I had no ego problem and was perfectly content. But times changed with internationalization, and I realized that I was missing opportunities. It’s easier to get contracts if you have an image and do high-profile projects. » The proof can be seen in the new decor that Zana has created for Chez Artcurial, the restaurant in the shrine to design on the Champs Elysées. A Gio Ponti atmosphere in the first room, with 1960s-style diamond-shaped color fields, leads into a winter garden with the feel of a New York loft. It epitomizes Zana’s identity : chic, arty and perfectly in step with the times. « There are a few of us in this niche, » he says, with a smile. But the others might not have the same sense of volume, the desire to create cross-links with artists. Zana punctuates his inter iors with pieces by Ingo Maurer, James Turrell, Mark Hagen… His fellow designers might also lack his sense of reserve, the restraint that becomes a unifying theme in all of his creations, from Brussels to New York, Londonto Tel Aviv. Is that the Zana touch ? The elegance of discreet, cultivated luxury. Intelligent « no brand » interior design. He finds the idea amusing : « Yes, it’s sort of like going to Hermès… » M 209



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