Madame n°148 jun/jui 2012
Madame n°148 jun/jui 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°148 de jun/jui 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (277 x 376) mm

  • Nombre de pages : 122

  • Taille du fichier PDF : 24,8 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial été.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Elles CAUSENT CULTURE LIVRES Le Québécois Michel Tremblay élève au rang des beaux-arts le bavardage des femmes autour des préparatifs d’un mariage. Une comédie irrésistible. BIEN AVANT Marc Cherry et ses indépassables Desperate Housewives, le plus connu des écrivains québécois apportait la preuve d’un regard spécifique des artistes homosexuels sur la féminité dans tous ses états, un regard qui, associant férocité de la caricature et tendresse d’une intime et étonnante compréhension des femmes, sonne avec une justesse confondante, mais toujours réconfortante et joyeuse. Après avoir raconté la vie, dans les années 40-50, du quartier ouvrier de Montréal où il a grandi dans les cinq romans des Chroniques du Plateau Mont-Royal, Michel Tremblay a attaqué dans les années 2000 La Saga des Desrosiers, dont voilà le cinquième tome, qui romance le mariage homérique, dans les années 20, de Nana, personnage récurrent inspiré de la mère de l’auteur. Mères, filles, sœurs, cousines, tantes, ennemies, rivales, alliées, vieilles filles ou filles de joie, rondes ou maigres, réservées ou exubérantes, pauvres pour la plupart, les L’auteur MICHEL TREMBLAY femmes qui occupent les romans de Michel Tremblay à tous les âges de la vie sont comme les notes d’un envoûtant concert dont il est le chef d’orchestre, et dont l’instrument central est le langage. Ce qui définit avant tout l’univers féminin ici, c’est la propension à causer tout le temps, du plus insignifiant des sujets au plus grave, l’un venant sans doute aider à supporter l’autre. En dramaturge aguerri, l’auteur des Belles-Sœurs (1965) compose ainsi une symphonie autour du babil quotidien traité comme l’un des beaux-arts, renforcé par l’usage du québécois populaire et de ses tournures en dialecte “joual”. L’auteur ne se livre à aucune analyse, n’apporte aucun élément psychologique : les personnages ont la parole et ne s’en privent pas, le poids des préjugés, les déceptions, tout le saint-frusquin de l’existence jaillit dans les dialogues, cash, entre rires, cris, énervement et nostalgie du bonheur. L’achat d’une robe de mariée dans un grand magasin en est un échantillon inoubliable. Vitalité de la poésie parlée, drôlerie de la comédie du verbe. Les hommes sont toujours des contrepoints discrets chez Tremblay, comme si, à l’inverse des femmes, ils avaient perdu la parole, ou ne l’avaient jamais eue. Eux boivent, c’est une autre manière de ne jamais s’arrêter. Le personnage de Josaphat le Violon, frère incestueux de Victoire et père secret du marié, incarne la dimension tragique du roman : il est le marginal, le proscrit à jamais, le désespéré. Mais aussi l’artiste, qui fait pleurer et danser. M ISABELLE POTEL The power of babble Michel Tremblay distills an irresistible human comedy from the idle chatter of women. AFTER PORTRAYING the life of the working class Mont réal neighborhood where he grew up in the five novels of the Plateau Mont Royal Chronicles, Michel Tremblay, Quebec’s most famous writer, turned his attention a decade ago to The Saga of the Desrosiers. The fifth volume of the series, La Grande Melée (available in French), takes us back nearly a century to recount the “free-for-all” leading up to the wedding of Nana, a recurring character inspired by the author’s mother. Mothers, daughters, sisters, cousins and aunts, allies or enemies, plump or thin, prim or promiscuous but (nearly) all poor, the women who populate Tremblay’s novels are like the notes of an enchanting concerto whose featured instrument is language. In this latest movement of the composition, what defines the feminine world is the propensity, or perhaps the compulsion, to talk, to discuss any and all topics at length, from the trivial to the momentous. A veteran playwright, author of The Sisters in Law (1965), Tremblay transforms this seemingly banal nattering into high art, heightened further by his use of the lower-class Quebecois “joual” dialect. His narrative offers no analysis or psychological background: the characters are defined by what they say, with all of their prejudices, reflections and regrets. All the baggage of human existence surges forth in the dialogue, unadorned, punctuated by laughter, tears, impatience and nostalgia for a happier past. The men in Tremblay’s stories provide a discreet counterpoint to the women, speaking less and drinking more. The character of Josaphat-the-Violin, the secret biological father of the groom, embodies the novel’s tragic side: he is the marginal, the outcast with no hope of redemption. But also the artist, the one who makes people weep and dance. M “LA GRANDE MÊLÉE”, Michel Tremblay, éditions Leméac/Actes Sud, 280 pages, 20,30 €. PHOTO V. TONY HAUSER



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