Madame n°148 jun/jui 2012
Madame n°148 jun/jui 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°148 de jun/jui 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (277 x 376) mm

  • Nombre de pages : 122

  • Taille du fichier PDF : 24,8 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial été.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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“LA LIGNE ? Mais c’est la base de tous les arts, une ligne seule peut exprimer la grandeur, la noblesse, la sensualité, elle est la synthèse de toutes les sensations, la concentration de tous les savoirs”, disait Gruau. Aristocrate toscan, il a 21 ans en 1930 lorsqu’il dessine les images publicitaires du couturier Balmain, bientôt reproduites dans Le Figaro, Marie Claire et de nombreux magazines anglo-saxons, Vogue en particulier. 167 marques de luxe – de Balenciaga à Givenchy ou Rochas – font ensuite appel à son talent. Dior, en particulier, dont Gruau devient, en 1947, la vive incarnation, imaginant pour chaque parfum un personnage racé, audacieux, moderne. John Galliano l’a rappelé lors de son dernier défilé, somptueux hommage à Gruau. A partir de 1961, il immortalise également les meneurs des plus fameuses revues du Lido, du Moulin Rouge ou du Casino de Paris. Un mythe est né et se renouvelle sans cesse, CULTURE FRANCE IMMORTEL René GRUAU Ce dessinateur génial, inventeur de la silhouette mythique de la Parisienne et créateur un demi-siècle durant des images de la maison Dior, est aujourd’hui célébré à travers une exposition raffinée et deux livres épatants. - Two books and an exhibition in Cannes pay homage to the brilliant French illustrator René Gruau. inspiré ici par le regard de Liz Taylor, là, par la grâce de… la princesse Grace de Monaco. Un mythe qui n’en finit pas d’envoûter les créateurs. Christian Lacroix ne s’est-il pas exclamé récemment : “Une robe réussie est celle qui a la netteté et l’aplomb d’un Gruau !” ? M FRANÇOISE MONNIN “THE LINE is the basis of all the arts,” said René Gruau. “A single line can express grandeur, nobility, sensuality…” The Italian-born illustrator was 21 years old in 1930 when he began creating ads for the Balmain label. Eventually 167 luxury houses, from Balenciaga to Givenchy to Rochas, would make use of his talent, but he remained most closely associated with Dior, creating a new image of the self-assuredly chic modern woman for each of the brand’s fragrances. John Galliano’s last runway show was a sumptuous ode to his memory. Starting in 1961, Gruau also immortalized the stars of the Lido, Moulin Rouge and Casino de Paris. Even before his death in 2004, his work had become a legend, and a lasting source of enchantment for the world of fashion. As designer Christian Lacroix recently proclaimed, “A successful dress has the clarity and equilibrium of a Gruau.” M Ci-dessus : René Gruau, Sofa rouge,1980. A voir : RENÉ GRUAU, jusqu’au 30 août. Galerie Sylvie Nissen, hôtel Carlton, 58, La Croisette, Cannes (Alpes-Maritimes). Tél. +33 (0)4 93 38 70 40. www.renegruau.com A lire : “LE PREMIER SIÈCLE DE RENÉ GRUAU”, Sylvie Nissen et Vincent Leret, éditions Thalia, 2009. “PORTRAITS D’HOMMES : IMAGES INÉDITES DE GRUAU”, Sylvie Nissen et Réjane Bargiel, éditions Assouline, 2012 (parution en octobre). PHOTOS DR– SARL RENÉ GRUAU
CULTURE AUTEUR C’est la générosité du monde. Si on est vraiment attentif, le suspens est partout. Il faut être capable de voir. LE REGARD du nageur Dans ce roman extrême, Pierre Patrolin raconte un voyage physique et littéraire qui ne s’apparente à rien de connu. Magnifique. ASSURÉMENT un truc de dingue, ce que se doivent d’être les défis littéraires. Au début, on flippe. Non, pas 700 pages de descriptions du fouillis végétal et/ou urbanisé qui prospère dans une profonde insignifiance le long des berges des rivières ! Si, puisque le narrateur de ce roman insensé est un type dont on ne saura rien à part qu’il a décidé de nager en eau douce sans s’arrêter, sauf pour manger et dormir, bien sûr, de bas en haut de l’Hexagone, et de raconter tout ce qu’il voit. “J’ai d’abord trouvé le titre, et puis je me suis dit que si j’y arrivais, je toucherais à quelque chose… Mais sans meurtre, sans aventure, il faut tenir”, raconte Pierre Patrolin avec un sourire songeur. En fait, ce livre n’est qu’aventure, générant même un rapport d’addiction : où va ce nageur impénitent, comment opère cette écriture obsessionnelle et poétique pour que le lecteur se retrouve immergé dans un monde infini de sensations et que rien ne soit désormais plus important que de savoir ce qu’il y a après cette page, après ce coude que décrit brusquement le fleuve ? “C’est la générosité du monde, explique l’écrivain. Si on est vraiment attentif, le suspens est partout. Il faut être capable de voir. Le devenir poisson existe dans le livre, et va même assez loin, mais ce n’est pas une finalité. Il s’agit plus d’une allégorie de l’être au monde.” Loin d’être taillé comme un athlète, bien que grand, Pierre Patrolin, qui partage son temps entre Paris et le Quercy, brouille physiquement toutes les pistes, urbain/campagnard, intellectuel/manuel, habité par un mélange de gravité et d’ironie, de modestie. Et que fait un honnête homme, qui écrit déjà depuis des lustres des manuscrits ne trouvant pas preneur, au début du XXI e ? Il prend deux ans pour faire des repérages et se jette à l’eau, avec une volonté de restituer “la somme d’images reçues”. La nage et l’écriture sont emportées dans un même mouvement, happées par le mystère de la présence des choses, accompagnées d’un baluchon qui devient un personnage à part entière… Pierre Patrolin, “plus intéressé par Raymond Roussel et Francis Ponge que par Pérec”, se dit moins voyageur que “curieux” de tout : mathématiques, philosophie, cinéma… Mais son projet est avant tout “un voyage imaginaire dans la réalité du monde”, et c’est bien cette envie de se perdre, de se dissoudre, d’abandonner tout repère pour trouver “l’apaisement d’une juste adéquation avec ce qui nous entoure” qui fonde le projet. Au moment où pleuvent essais et articles sur le rapport détraqué de nos sociétés au temps, ce roman nous invite à reconquérir une autre temporalité, contemplative, sensitive, et imprévue, qui seule nous sauvera. M ISABELLE POTEL Man overboard A French author plunges into a geographical and literary odyssey unlike any other. AT FIRST it just seems mad. Seven hundred pages describing the hodgepodge of buildings and vegetation that lines the riverbanks? But that’s exactly what Swimming Across France (available in French) offers us, in the story of a man who swims by inland waterways from one end of France to the other, stopping only to eat and sleep—and to chronicle everything he sees. Author Pierre Patrolin explains, “I thought of the title first. Then I thought that if I could pull it off I would touch on something compelling. When you don’t have a murder or an adventure, it’s a real effort.” And yet, his book is nothing but adventure, to the point of becoming addictive. The reader yearns to know what lies on the next page, around the next bend. “If you pay attention,” Patrolin says, “you can find suspense everywhere— you just have to be able to see it.” His prose blurs all of the usual distinctions—urban / country, intellectual / manual— with a mixture of gravity, irony and modesty. Swimming and writing are carried by the same current, caught up in the mystery of physical presence. Patrolin set out to relate “an imaginary journey in the reality of the world,” in a novel founded on the desire to become lost in order to find “the reassurance of an equitable interaction with the things around us.” M “LA TRAVERSÉE DE LA FRANCE À LA NAGE”, Pierre Patrolin, éditions P.O.L, 720 pages, 25 €. Pierre Patrolin PHOTOS DR - P.O.L - STÉPHANE GARRIGUES



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