Madame n°147 avr/mai 2012
Madame n°147 avr/mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°147 de avr/mai 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (277 x 376) mm

  • Nombre de pages : 126

  • Taille du fichier PDF : 24,6 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial printemps.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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C UlÉvTRUEsR E LA BEAUTÉ de l’ange IL A LA PURETÉ de trait d’un archange. Eva, dès la première fois, en a le souffle coupé. D’ailleurs, il s’appelle Gabriel. Est-il son salut ou sa damnation ? A la lisière du réalisme social et de l’embardée fantastique, cet amour fou, raconté d’une écriture urgente, a l’intensité d’une brûlure. A l’ère des technologies triomphantes et d’un monde virtuel, Virginie Lou-Nony exalte le corps à travers une fable romantique et cruelle. Quand ce corps est meurtri, il n’est plus jamais possible de l’oublier. C’est ce que vivent ces enfants ou jeunes adultes, myopathes ou accidentés en tous genres, en tout cas scotchés pour la plupart sur un fauteuil roulant, qui ont atterri dans ce centre de rééducation fonctionnelle. Eva, mère de trois enfants, en couple avec Manu depuis dix-huit ans, se retrouve là comme aide-soignante sans trop savoir comment. De L’auteure VIRGINIE LOU-NONY. licenciements en remplacements éparpillés, elle et son homme ont quitté le Sud, où ils avaient leur vie, pour la grisaille du Nord. Eva a déjà perdu pas mal d’illusions, mais enfin elle tient le coup et se bat pour sa famille. Pendant des semaines, elle déploie des ruses de Sioux pour échapper au regard impérieux d’un jeune homme tétraplégique, visage séduisant sur un corps mort. Un été fatal, le long d’une côte de Croatie, Gabriel plongea, trop sûr de lui, dans une eau bleue qui se teinta de rouge. La romancière explose le tabou de la sexualité des handicapés avec une évidence magnifique : il y a toujours assez de corps, même cassé, pour s’aimer. D’Eva et de Gabriel, qui se retrouvent chaque matin en cachette dans une salle oubliée du sous-sol, les bouches et les yeux entament une sarabande de plus en plus addictive. Tandis que la directrice du centre s’abîme dans une fichue dépression, qu’elle est remplacée par un tyran qui bousille les conditions de travail en deux coups de cuillère à pot, tandis que la petite cour des miracles bascule dans un cauchemar, Eva découvre la puissance de l’érotisme dans des bras impuissants. Qu’est-ce qui la ravit ainsi, au sens de l’extase mais aussi du rapt ? La beauté de l’ange, le danger de l’interdit, ou le besoin qu’a d’elle ce jeune homme brisé ? Eva perd de plus en plus contact avec la réalité. Obsédée par Gabriel, délaissant mari et enfants, elle se précipite tête baissée dans le piège du don de soi… Il est impossible d’accéder au vécu de l’autre. On ne sait jamais rien de sa souffrance. Rien n’entame véritablement la solitude profonde de chacun en son malheur. Mais le roman affirme quand même avec beaucoup de foi qu’on peut faire partie des mal barrés d’une société, il y a toujours à vivre pour qui garde en lui le goût du mystère des êtres. Par cet amour tragique pour Gabriel, Eva s’empare de la part à la fois innocente et maudite de son existence. Celle qui ne se présente pas deux fois. M ISABELLE POTEL 148 LIVRES CULTURE Le récit d’un amour fou entre une aide-soignante et un jeune tétraplégique, à la lisière du fantastique. Curse of the angel A caregiver’s love for a young tetraplegic becomes a fable of human strength and weakness. THE FIRST TIME Eva saw him, his angelic beauty took her breath away. He even had an angelic name : Gabriel. A godsend or a malediction ? Virginie Lou-Nony’s story of obsessional love blazes forward with the immediacy and intensity of a burn. Her novel Décharges (available in French) transcends the age of technology and virtual reality, exalting the body in a cruel yet romantic fable. Married with three children and desperately in need of a job, Eva finds work as an orderly in a center for the disabled. For the first few weeks, she goes out of her way to avoid the penetrating gaze of a young tetraplegic, a victim of his own hubris, injured in a swimming accident and reduced to a seductive face on a lifeless body. The author shatters the taboo of the sexuality of the disabled with a magnificent matter-of-factness. Eva and Gabriel begin meeting secretly in a neglected room in the basement, where mouths and eyes become entangled in an emotional vortex that becomes more and more addictive. While the center’s director lapses into a horrific depression, to be replaced by a tyrant who makes working conditions nearly impossible, Eva discovers the power of eroticism in powerless arms. What is it that ravishes her so—in both senses of the word ? Physical beauty, the lure of the forbidden, or the need that this young man feels for her ? Little by little, Eva finds herself losing touch with reality. Obsessed with Gabriel, she abandons her family and throws herself headlong into the trap of self-giving. It is impossible to truly understand someone else’s solitude or suffering. Nonetheless, as Lou-Nony affirms, there is always more to live, as long as one can preserve the flavor of life’s mystery. Through her tragic love, Eva apprehends the innocent and yet cursed sphere of human existence. « DÉCHARGES », Virginie Lou-Nony, éditions Actes Sud, 208 pages, 18 €. PHOTOS DR – STÉPHANE GARRIGUES
LIVRES 150 CULTURE MAGIE de l’architecture – Structural magic ASCENSION sociale – Upward mobility C’EST comme une drogue. Régulièrement, nous avons besoin d’une dose de cette littérature contemporaine, de préférence américaine (Bret Easton Ellis, Don DeLillo, William T. Vollmann) qui nous avertit que la civilisation, la nôtre, est au plus mal. Ici, le cinquantenaire Saul Karoo, script-doctor à Hollywood pour les cas particulièrement désespérés, n’en finit pas de divorcer, boire, fumer, bousiller sa relation avec son fils adoptif et toute forme d’intimité avec qui que ce soit, et mutiler les éventuels bons scénarios qui tombent entre ses mains. Un être cynique et trash, dénué de toute morale, sorte de condensé de ce que peut produire de pire l’individualisme consumériste. Et puis, soudain, apparaît un besoin irrépressible de se racheter ! La chute n’en sera que plus vertigineuse et l’humour de ce roman brillant, plus corrosif. Et, désormais, nous ne pourrons plus ignorer qu’« aucun moment sans amour ne peut être rattrapé ». I.P. IN STEVE TESICH’S novel Karoo, the eponymous main character is a Hollywood « script doctor » —and a cynical, amoral product of our Hobbesian consumer society. When he suddenly feels the need for redemption, the narrative’s sardonic humor takes an even more dizzying turn, in the process reminding us that « moments or years of ‘unlove’can never be set right. » « KAROO », SteveTesich, éditions Monsieur Toussaint Louverture, 608 pages, 22 €. CHEF DE SERVICE pendant vingt ans dans un hôpital de la région parisienne, essayiste et enquêteur sur des sujets souvent liés à la santé, Denis Labayle est aussi écrivain et baroudeur (y compris dans l’humanitaire, apportant son soutien aux hôpitaux de Madagascar). Après son beau Rouge majeur, sur les derniers jours de Nicolas de Staël, il déploie ici toutes ses casquettes pour raconter l’histoire de Zola Méké, jeune Africain du Congo-Brazzaville devenu chirurgien à Paris au cours d’un exil douloureux qui l’a d’abord conduit à Cuba et à Saint-Pétersbourg. Le roman s’attache également aux pas de ses camarades africains, tous s’étant promis de revenir dans leur pays pour soutenir son développement une fois leur diplôme en poche. A travers ce roman original, l’auteur raconte le drame pour l’Afrique de la fuite de ses cerveaux et aussi cette ascension sociale pour certains qui se paie au prix fort : éloignement familial, perte de repères identitaires, et ce déchirement jamais résolu entre l’attrait d’une vie moderne et l’emprise de la culture d’origine. En fait, Denis Labayle raconte la mondialisation, et c’est passionnant. I.P. THROUGH THE story of Zola Méké, a young Congolese man who becomes a surgeon in Paris, Blacks in White (in French) by physician and author Denis Labayle examines Africa’s « brain drain » and the price that its people are willing to pay for a better life : exile, solitude, loss of identity… « NOIRS EN BLANC », Denis Labayle, éditions Dialogues, 356 pages, 19,90 €. L’ARCHITECTURE est une écriture qui inscrit l’être humain dans sa plus radicale contradiction : le besoin de mettre son corps à l’abri et le besoin de ce même corps, doté d’un esprit, de conquérir le monde. Les hôtels luxueux évoqués dans ce merveilleux guide relèvent tous ce défi formel qui assemble le dehors et le dedans, le bâti et les éléments naturels, le confort et l’infini de l’espace. L’expérience du voyage trouve un aboutissement magique dans ces refuges au bout de nulle part, qui défient toute séparation entre culture et nature. La Posada de Mike Rapu, grâce à sa sobriété « arte povera », se laisser hanter par le mystère des inoubliables moaïs de l’île de Pâques… Le Grace Santorini Hotel, en Grèce, dresse sur un promontoire rocheux sa blancheur immaculée : nid d’aigle ou variation d’E la nave va de Fellini ? Le Domaine de Murtoli, en Corse, décline charme et austérité. Et beaucoup d’autres, plus fascinants les uns que les autres… I.P. THE RESORTS described in the triple-authored Once in a Lifetime take the experience of travel into a new and extraordinary realm. From Norway to Easter Island, Domaine de Murtoli in Corsica and the canvas igloos of Whitepod in the Swiss Alps, each destination is fascinatingly unusual. « ONCE IN A LIFETIME », Robert Klanten, Sven Ehmann, Marie Le Fort, éditions Gestalten, 256 pages, 45 €. CYNISME – Acerbic wit PHOTOS DR – STÉPHANE GARRIGUES



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