Madame n°146 fév/mar 2012
Madame n°146 fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°146 de fév/mar 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (277 x 376) mm

  • Nombre de pages : 118

  • Taille du fichier PDF : 19 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial mode.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 112 - 113  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
112 113
L’Académie de France à Rome est plus généralement connue sous le nom de villa Médicis. Elle accueillait autrefois les fameux Prix de Rome qui venaient parfaire leur formation artistique en Italie pour mieux se frotter aux classiques. Aujourd’hui, des créateurs de tout crin, et désormais aussi des chercheurs du champ culturel, continuent d’y passer plusieurs mois pour développer un projet personnel. Même si le caractère romain n’est plus une priorité dans la nature du projet, l’attention portée à ce contexte reste tout de même une donne qui n’est pas anodine. En tout cas, elle ne l’était pas pour Raphaël Zarka lorsqu’il a sollicité cette bourse de résidence. Car l’endroit lui semblait idéal pour développer une recherche sur l’utilisation de la géométrie dans la création depuis la Renaissance. « J’étais très intéressé par la logique de stratification que développe cette ville, cette cohabitation de plusieurs périodes qui rend l’histoire parfaitement lisible. Et plus encore par ce mélange des genres artistiques dont aucune autre métropole ne dispose à ce point », souligne-til. Ainsi, cette ville dont le poids de l’histoire effraie certains ne semble pas l’avoir intimidé plus que cela. Bien au contraire, il s’y est senti tout à son aise. « Ici, il n’y a pas vraiment d’enjeux contemporains. Certes, il y a désormais le Maxxi, le Macro et quelques galeries. Mais ce n’est pas à Rome qu’un ‘plan de carrière’se profile. A mon sens, se retrouver à New York ou Londres pendant un an doit être beaucoup plus oppressant pour un artiste aujourd'hui ». Aussi, Zarka a pris ce temps qui, dans les métropoles, manque souvent aux artistes pour errer et se laisser happer par le tissu urbain. De manière chronologique et avec une certaine méthodologie pour imbriquer des connaissances. « J’ai pris systématiquement des clichés des éléments qui m’ont marqué. Néanmoins, je n’utilise ces photos que comme des notes, un répertoire de formes ou une boîte à mémoire qui me permettra plus tard de rebondir ». A l’image de l’œuvre qui se trouvait en bonne place dans sa récente exposition à Saint-Nazaire : deux colonnes qui reprennent le style Tudor de l’ère médiévale britannique et dont on sait aujourd’hui qu’il s’est développé grâce au concours d’artisans italiens. Le genre d’ellipse qui n’est pas pour déplaire à Raphaël Zarka – « avec le recul, je redécouvre cette œuvre d’une autre manière, notamment l’usage de la brique qui est une première pour moi » –, qui ne cache pas non plus son intérêt pour une figure comme celle du Panthéon. Cette architecture qui supporte l’une des coupoles les plus imposantes d’Europe fut réalisée un siècle avant Jésus-Christ et se trouve aujourd’hui encore en parfait état. Mais surtout, il y a cette similitude avec la forme présumée du mausolée d’Archimède. « On ne sait pas où il se trouvait exactement, sans doute près de Syracuse, mais il suivait ce même modèle complexe et parfait de la sphère incluse dans un cylindre que le Panthéon ». La figure du mathématicien grec revient souvent dans le répertoire de l’artiste, notamment pour sa capacité à avoir été le premier à étudier un certain nombre de figures géométriques appelées les solides d’Archimède, que les artistes de la Renaissance ont redécouverts. Parmi eux, le volume au nom barbare de rhombicuboctaèdre figure en bonne place. Pour simplifier, il s’agirait d’une sphère qui aurait été facettée de la même manière que l’on taille une pierre précieuse. Le détail d’un collier saisi dans une peinture au détour d’une visite dans un musée ou encore un élément de mobilier urbain aperçu en ville renvoit bien Zarka à cette idée que certaines formes ont transgressé les siècles et permettent de relire l’histoire. L’artiste ne cache pas non plus que ce séjour lui a ouvert les yeux sur certains courants artistiques comme le baroque. « Je dois avouer que le baroque ne m’intéressait pas plus que cela. Pour moi, tout était dans l’illusionnisme. Mais lorsque vous vous retrouvez face aux architectures de Borromini, c’est un autre décryptage de l’histoire qui s’offre à vous », conclut celui qui avoue volontiers avoir besoin d’un second voyage pour découvrir la modernité romaine du XX e siècle. Forcément l’objet d’une prochaine errance photographique. M 196 Fresh back from Rome, where he spent a year investigating the city’s cultural heritage and urban forms, artist Raphaël Zarka shares his visual impressions of a place rich with history and imagery. THE VILLA MEDICI, also known as the French Academy of Rome, has been housing visiting artists from France since 1803. Although the residents are no longer required to spend their time studying ancient Roman sculpture and architecture, the city continues to exert a strong influence. Or at least it did for the young French artist Raphaël Zarka, who just spent a year in Rome researching the use of geometry in the arts since the Renaissance. « I’m fascinated by the city’s stratification, » he explains, « the cohabitation of different periods that makes its history clearly legible. » The weight of history in the Eternal City may be intimidating for others, but Zarka felt perfectly at ease. « There is no contemporary power clique here, » he says. « Rome has the MAXXI, the MACRO and a few galleries, but I would have found it much more daunting to spend a year in London or New York. » In the Italian capital, Zarka was able to take time to wander the city and explore its urban fabric. « I photographed everything that caught my eye, » he reports. « The images served as notes—a springboard for future ideas. » One example is the sculpture shown on the first page of this article : two columns based on the medieval British Tudor style, which was developed in part by Italian craftsmen. Zarka loves to make this kind of connection : « Now I am able to rediscover the piece from another point of view, in particular the use of brick, which was a first for me. » The artist takes a keen interest in classic brick structures like the Roman Pantheon. Built 2,000 years ago and still in perfect condition, it bears an intriguing resemblance to the presumedformof the lost mausoleum of Archimedes, which, Zarka explains, « used the same complex, perfect model of a sphere inside a cylinder. » The artist sees the Greek mathematician’s legacy everywhere in Rome, recognizing his elaborate geometrical figures in the beads of a necklace in a Renaissance painting or the facets of a modern-day public seating system. Zarka’s stay in Rome has also given him a new perspective on historical artistic movements like the baroque style : « The baroque had never really interested me before, but when I took a close look at the architecture of Borromini, another reading of history unfolded before my eyes. » Now the artist would like nothing better than a second year in Rome to study the city’s 20th century modernism—no doubt the subject of a future photographic exploration. M RAPHAËL ZARKA, du 14 avril au 26 mai, galerie Michel Rein, 42, rue de Turenne, Paris IIIe. Tél. +33 (0)1 42 72 68 13. www.michelrein.com
PHOTO MAX HAMILTON 197



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 1Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 2-3Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 4-5Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 6-7Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 8-9Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 10-11Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 12-13Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 14-15Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 16-17Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 18-19Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 20-21Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 22-23Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 24-25Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 26-27Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 28-29Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 30-31Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 32-33Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 34-35Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 36-37Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 38-39Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 40-41Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 42-43Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 44-45Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 46-47Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 48-49Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 50-51Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 52-53Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 54-55Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 56-57Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 58-59Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 60-61Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 62-63Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 64-65Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 66-67Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 68-69Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 70-71Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 72-73Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 74-75Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 76-77Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 78-79Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 80-81Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 82-83Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 84-85Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 86-87Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 88-89Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 90-91Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 92-93Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 94-95Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 96-97Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 98-99Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 100-101Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 102-103Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 104-105Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 106-107Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 108-109Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 110-111Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 112-113Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 114-115Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 116-117Madame numéro 146 fév/mar 2012 Page 118