Madame n°145 déc 11/jan 2012
Madame n°145 déc 11/jan 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°145 de déc 11/jan 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (277 x 376) mm

  • Nombre de pages : 126

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial luxe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LIVRES CULTURE Une affaire DE PULSIONS La guerre s’achève, l’amour renaît : un séduisant polar historique dans les années 20, entre Europe et Amérique, sur fond d’attentat inexpliqué et de découverte du radium. WALL STREET, le 16 septembre 1920. Le capitaine de police James Littlemore retrouve le docteur Stratham Younger accompagné de Colette Rousseau, une jeune scientifique française, et de son frère Luc. Et là, boum ! une voiture à cheval explose. Trente morts, premier attentat terroriste sur le sol américain. A partir de cet événement jamais élucidé, Jed Rubenfeld construit un objet romanesque qui passe en revue, à un siècle de distance, ces années 20 constrastées, entre sortie hébétée de la Première Guerre mondiale, découvertes scientifiques et reconstruction d’un désir de vivre. Ils s’étaient croisés sur le front. Lui, tentant de sauver un poilu blessé, elle, enrôlé dans les « petites Curies », ces ambulances radiologiques qui sillonnaient le front à l’initiative de Marie Curie. Suivant sa sœur comme son ombre, le jeune Luc est mutique depuis une nuit barbare pendant la guerre… Le romancier navigue avec aisance entre les destins fictifs de L’auteur JED RUBENFELD. ses personnages et les faits historiques, redonnant ses lettres de noblesse au polar historique, genre si galvaudé qu’on ne lui prêtait plus guère attention – à l’exception d’un Aliéniste (1995), de Caleb Carr – qu’une fois tous les jamais. A la suite de l’attentat, le FBI accumule bourde sur bourde, Colette et son frère sont victimes d’agressions incompréhensibles et des femmes rousses à la peau étrangement phosphorescente apparaissent et disparaissent à tout bout de champ. Le policier et le docteur liguent leurs forces pour sauver Colette, y compris d’elle-même : un sentiment amoureux obstiné la pousse à rechercher à Prague un soldat manifestement peu fréquentable, rencontré pendant la guerre. Bien que jaloux, Stratham sert de chaperon à Colette et en profite, à Vienne, pour confier le jeune muet à Freud. Les apparitions fictives du grand homme ne sont pas les moins charmantes du roman. Professeur de droit à l’université de Yale, aux Etats-Unis, Jed Rubenfeld s’intéresse à ce moment historique où Freud théorise la pulsion de mort qui s’empare de l’humanité à intervalles réguliers… A New York, le flic Littlemore démasque les manipulations d’un clan politico-financier qui veut pousser les Etats-Unis dans une guerre avec le Mexique et tient en échec le cynisme effrayant d’un industriel dont les ouvrières, bizarrement, perdent leurs dents. Rubenfeld réussit à faire surgir la mélancolie extrême des époques meurtries, où désespoir et folles espérances se mêlent intimement. M ISABELLE POTEL Death drive, life force A compelling web of fictional destinies played out against a backdrop of historical reality. WALL STREET, September 16, 1920. Police captain James Littlemore meets Dr. Stratham Younger, accompanied by a young French scientist namedColette Rousseau and her brother Luc. Suddenly a bombexplodes, leaving 38 dead. This real-life, and unsolved, terrorist attack serves as the basis of Jed Rubenfeld’s novel The Death Instinct, an engaging tale of an era plagued by the shadow of war but inspirited by new scientific discoveries and the desire to embrace life. Their paths had crossed at the front. Stratham was a medic and Colette operated a « Little Curie » —one of the mobile radio graphy units made possible by Marie Curie’s research on radium. Her brother, who follows her everywhere, has refused to speak ever since a horrendous night that left their parents dead. Following the explosion, Colette and Luc are victims of inexplicable attacks, while women with red hair and eerily phosphorescent skin appear and disappear at every turn. The policeman and the doctor teamup to save Colette—including from herself : she insists on going to Prague to find a soldier who won her heart during the war, and who turns out to be a scoundrel. Jealous but ungrudging, Stratham goes with her, and takes a side trip to Vienna to entrust Luc to Sigmund Freud, whose fictional appearances provide some of the book’s most charming passages. A law professor at Yale, Rubenfeld also featured Freud in his first novel, The Interpretation of Murder. This latest offering focuses on the psychiatrist’s theories concerning the « death drive » that grips humanity at regular intervals. Deftly intertwining fiction and history, The Death Instinct restores our faith in the genre of the historical thriller while capturing the acute melancholy of a murderous era, a time when despair and unbridled hope danced cheek to cheek. M « L’ORIGINE DU SILENCE », Jed Rubenfeld, Fleuve Noir, 576 pages, 20,90 €. PHOTOS DR - GIANLUCA BATTISTA - STÉPHANE GARRIGUES
LIVRES CULTURE SECRETS – Inner tensions FEMMES – Inspirations NÉE EN 1985 au Canada, Eleanor Catton fait partie de ces talents précoces et foisonnants, sous la plume desquels s’épanouissent des univers mouvants, fascinants. Ce premier roman plonge avec délices dans les affres de l’adolescence. Dans un lycée de jeunes filles, le prof de musique est accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec une élève. Scandale et trouble à tous les étages. Parallèlement, dans une école d’art dramatique, des étudiants s’inspirent de ce fait divers pour monter leur pièce de fin d’année… Au fil des pages, la frontière qui sépare la réalité et la représentation, et celle qui établit des différences entre les sexes, s’estompe dangereusement. Doté d’un sens poétique affirmé et d’un goût appuyé pour la mascarade, un premier roman qui aime autant la grâce que la cruauté. I.P. ELEANOR CATTON is one of those precocious, profuse talents capable of weaving evocative, fascinating realities. In The Rehearsal, her first novel, a music teacher at a girls’school is accused of having an affair with a student… and the students of a nearby acting school decide to base their year-end production on the ensuing scandal. With equal parts of grace and malice, Catton’s poetic narrative blurs the frontiers between the sexes, and between reality and representation. « LA RÉPÉTITION », Eleanor Catton, éd. Denoël, 448 pages, 22 €. ELLES SONT toutes là, les inspiratrices, douces ou violentes, fortes ou fragiles, discrètes ou spectaculaires, gardant précieusement caché le mystère de leur relation avec l’homme artiste, aimé parfois jusqu’à la destruction d’elles-mêmes. Louise Colet (pour Flaubert), Marie de Régnier (Pierre Louÿs), Alma Mahler, La Goulue (Lautrec), Lou Andreas-Salomé (Rilke), Yvonne Printemps (Guitry), Lili Brik (Maïakovski), Gala (Dalí), Marlène Dietrich (Sternberg), Nancy Cunard (Aragon), Tina Modotti (Weston), Giulietta Masina (Fellini)… Photos magnifiques et biographies détaillées qui mettent à chaque fois en perspective une époque et une œuvre. L’ouvrage rend hommage à la beauté et au dévouement de femmes souvent parties de rien, comme on dit, et devenues, par leur courage et la grâce d’une rencontre, la partie intime d’un processus artistique. Son âme. I.P. THEY’RE ALL HERE, serene or volatile, strong or submissive, discreet or flamboyant, sometimes loved to the point of self-destruction. Louise Colet (for Flaubert), Alma Mahler, La Goulue (Lautrec), Lou Andreas-Salomé (Rilke), Gala (Dali), Marlene Dietrich (Sternberg), Giulietta Masina (Fellini)… In magnificent photos and detailed biographies, Farid Abdelouahab’s Muses pays homage to the beauty and devotion of 28 women who became the soul of an artistic process. « MUSES », Farid Abdelouahab, éd. Arthaud, 231 pages, 40 €. LE PETIT D’HOMME est ainsi fait qu’il se croit le centre du monde. Il a donc tendance à croire que si quelque chose ne tourne pas rond dans sa famille, c’est de sa faute. Le petit d’homme a également ceci de particulier que, s’il sent qu’il y a anguille sous roche, il est happé par le besoin d’en savoir plus. Dans le cas des secrets de famille, c’est impossible puisque, par définition, ce qui est secret doit le rester. Cette situation contradictoire est source de souffrance psychique et même de troubles du comportement. Le psychiatre Serge Tisseron, spécialisé dans cette question des « blessures du silence » (il a d’ailleurs débusqué les secrets de famille d’Hergé rien qu’à la lecture de Tintin), explique comment ces cachotteries, graves et moins graves, peuvent ricocher sur plusieurs générations et agir comme un véritable poison. I.P. THE HUMAN animal has a natural desire to ferret out secrets. And yet family secrets, by definition, must remain hidden—a contradiction that can cause mental suffering and even behavioral disorders. In his book on the subject (in French), psychiatrist Serge Tisseron explains how « skeletons in the closet, » petty or momentous, can have poisonous repercussions that last for generations. « LES SECRETS DE FAMILLE », Serge Tisseron, éd. PUF, collection Que sais-je ?, 128 pages, 9 €. PULSIONS – Impulsions PHOTOS DR - STÉPHANE GARRIGUES



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