Madame n°145 déc 11/jan 2012
Madame n°145 déc 11/jan 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°145 de déc 11/jan 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (277 x 376) mm

  • Nombre de pages : 126

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial luxe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CULTURE DESTINATIONS AU DÉPART associé à l’Arte Povera, Alighiero Boetti fait vite dissidence de ce courant critique à l’égard de la société de consommation pour se focaliser sur le statut de l’artiste. Dès lors, la question de la dualité devient prédominante dans son travail, au point qu’il décide d’ajouter un « et » entre son prénom et son nom et confie la réalisation de ses œuvres à d’autres artistes ou artisans. ORIGINALLY linked to Arte Povera, Alighiero Boetti broke with the movement to focus on the role of the artist. As can be seen in « Game Plan » at the Museo Reina Sofia (through Feb. 5), the concept of duality now dominates his work, to the point where he adds an « e » (« and ») between his first and last names and has other artists produce his pieces. Ci-contre : EMME I ELLE ELLE E… (sobre verde sobre), 1970, collection Sprüth Leccese. « GAME PLAN », Alighiero Boetti, jusqu’au 5 février, Museo Reina Sofía, 52 Santa Isabel, Madrid. www.museoreinasofia.es QUATRIÈME et dernière halte, à Cologne, pour l’exposition de l’artiste Cosima von Bonin. Une tournée européenne basée sur le « work in progress », permettant à chaque étape d’être habitée par une vraie singularité. Reconnue pour ses sculptures-peluches XXL, l’artiste convoque également objets usuels, créations design, ouvrages de textile pour imaginer des environnements fantasmagoriques. THE MUSEUM LUDWIG is the fourth and final stop for « Cosima von Bonin’s Cut ! Cut ! Cut ! » (through May 13), a touring work in progress that changes from venue to venue. Best-known for her XXL stuffed animal sculptures, Bonin also combines everyday objects, design creations and textiles to construct phantasmagoric microcosms. Ci-contre : The Bonin/Oswald Empire’s Nothing # 08 (cvb’s nothing # 09 [focus] and mvo’s focus song), 2010. « COSIMA VON BONIN’S CUT ! CUT ! CUT ! », jusqu’au 13 mai, Museum Ludwig, Heinrich-Böll Platz, Cologne. www.museum-ludwig.de MADRID LONDRES C’EST LA PREMIÈRE fois en onze ans que les Unilever Series présentent une œuvre filmique. Le Turbine Hallaccueille l’artiste Tacita Dean pour une projection de onze minutes qui dresse une sorte de portrait du cinématographe, « ce formidable médium quasi pictural que l’on a inventé il y a un siècle et qui tend à disparaître au profit d’une technologie plus plate, l’image numérique ». FOR THE FIRST time in 11 years, the Unilever Series at the Tate Modern is featuring a work devoted to the moving image. In Turbine Hall through March 11, « Film » by Tacita Dean presents a portrait of cinematography itself, a powerful, quasi-pictorial medium that was invented a century ago and now seems to be disappearing in favor of the digital image. Ci-contre : Film, 2011. COLOGNE « FILM », Unilever Series : Tacita Dean, jusqu’au 11 mars, Tate Modern, Turbine Hall, Bankside, Londres. www.tate.org.uk PHOTOS COURTESY GALERIE DANIEL BUCHHOLZ - COURTOISIE GALERIE SPRÜTH MAGERS ET LE CASE D’ARTE/ALIGHIERO BOETTI SIAE/VEGAP, 2011 - LUCY DAWKINS, COURTOISIE DE L’ARTISTE, DE LA FRITH STREET GALLERY, LONDRES ET DE LA MARIAN GOODMAN GALLERY, NEW YORK-PARIS.
CULTURE AUTEUR S’il y a un principe masculin, il est davantage du côté de l’aveuglement ; la féminité a une meilleure compréhension de la vérité de la vie. LE MONDE selon Mwanito Entre onirisme et parabole, l’écrivain Mia Couto crée un univers romanesque original où s’exorcisent les démons de son pays, le Mozambique. Envoûtant. ON DEVRAIT ne fréquenter que les livres dont les premières pages nous plongent dans un dépaysement profond, un envoûtement halluciné. Qu’est-ce que « Jésusalem » ? un village, une prison, une forêt aux frontières mouvantes, un espace mental ? Qui est Silvestre ? un père aimant, un survivant de la fin du monde, un fou, un tyran ? Dans quel pays sommes-nous ? sur quel continent ? Où sont les femmes ? Toutes ces questions, Mwanito et Ntunzi, les deux garçons qui grandissent dans une réalité mystérieuse et vacillante, se les posent avec autant de peur que d’émerveillement. A travers des personnages qui « fuient leur destin », l’écrivain Mia Couto n’a cessé, au long d’une dizaine de romans, d’évoquer son pays, terre des confins africains malmenée par une longue guerre civile sanglante : « Le lieu où se retire Silvestre et qu’il invente est une façon de fuir son passé. C’est le même problème pour le Mozambique. Le passé corrompt les âmes. Pour dompter les démons, il faut raconter l’histoire… » Né en 1955 au Mozambique, de parents ayant quitté le Portugal de Salazar, le jeune Mia Couto entame des études de médecine qu’il interrompt pour devenir journaliste et participer, auprès du Front de libération du Mozambique, à la guérilla qui conduit le pays à l’indépendance en 1975. Dix ans plus tard, il rompt avec politique et journalisme, reprend des études de biologie et se met à la littérature : « Mon père était poète et opposant politique, et il avait du mal à affronter la réalité ! Ma mère était l’oralité, la prose, elle racontait. Il me semble que s’il y a un principe masculin, il est davantage du côté de l’aveuglement ; la féminité a une meilleure compréhension de la vérité de la vie. » Dans L’Accordeur de silences, Dordalma l’absente et Martha la veuve, femme noire et femme blanche, « corps ayant un rapport particulier à l’espace naturel » et corps chargé de « la honte » judéo-chrétienne, s’affrontent et se fondent dans l’imagination affamée de tendresse des deux garçons. Marié à une femme médecin, d’origine portugaise comme lui, et qui fut longtemps la seule hématologue dans un pays où le sida fait rage au même titre que la pauvreté, Mia Couto a trois grands enfants et travaille maintenant pour une société qui étudie l’impact du développement sur la nature, laquelle « n’a pas besoin d’être protégée mais d’être comprise ». Mais le grand défi pour les pays d’Afrique est social : « Dans la ruralité africaine, celui qui a des biens les redistribue aux membres de sa famille élargie, qui est une communauté d’affects. Cette tradition est contradictoire avec le principe d’une entreprise à l’occidentale qui dégage des profits. La question pour nous, c’est comment allier une rentabilité minimale avec cette solidarité qui nous rend heureux. » M ISABELLE POTEL The way forward An inventive, idealistic author sets out to exorcise the demons of his native country, Mozambique. IF ONLY every book would plunge us into such a realm of otherworldly enchantment from the very first page. What is « Jesusalem » ? A village, a prison, a state of mind ? Who is Silvestre ? A loving father, a madman, a tyrant ? What country are we in ? And where are all the women ? These are the questions that haunt Mwanito, Silvestre’s young son and the narrator of Mia Couto’s novel The Silence Tuner (available in French). Growingup in the midst of a mysterious, vacillating reality, he develops a fascination for two women : one absent, one present, one black, one white, one having « an exceptional rapport with natural space » and one charged with « Judeo-Christian shame. » Couto is fascinated by characters who try to deny their destiny, as a metaphor for the country where he grewup, a land devastated by civil war : « Silvestre withdraws to a place that he invented to flee his past. Mozambique faces the same problem. The past corrupts souls. To tame the demons, we must tell the story. » A former medical student who participated in the guerilla war that led to Mozambique’s independence in 1975, the Portuguese-born author believes that the greatest challenge for African countries is a social issue : « In rural Africa, anyone who has anything of value shares with his extended family, a tradition that runs counter to the principles of profit-oriented Western society. The question for us is how to reconcile at least a minimum of profitability with this formof solidarity that makes us happy. » M « L’ACCORDEUR DE SILENCES », Mia Couto, Ed. Métailié, 240 pages, 19 €. PHOTOS DR - ALFREDO CUNHA - STÉPHANE GARRIGUES



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