Madame n°145 déc 11/jan 2012
Madame n°145 déc 11/jan 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°145 de déc 11/jan 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (277 x 376) mm

  • Nombre de pages : 126

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial luxe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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 » Au diable l’architecture standard, Faustino lui préfère le sur-mesure qui n’induit pas forcément une forme construite et qui, dans tous les cas, nécessite un traitement particulier : sculpture, photographie, design, vidéo, mais aussi performance, création sonore… donnant lieu à des expositions comme récemment à la Galerie Michel Rein, à Paris. « L’œuvre de Didier Faustino est de manière réciproque une provocation de l’art à partir de l’architecture et de l’architecture à partir de l’art, dans une absence de distinction des genres qui résume une attitude éthique et politique sur les conditions de la construction du lieu dans le tissu socioculturel de la ville », soulignait João Fernandes, directeur du musée Serralves à Porto, lors de l’attribution d’un prix d’art contemporain à Faustino. En contrepartie de quoi, il conçoit un terrain de basket, comme il en existe dans la plupart des villes, mais pour un unique joueur et érigé dans une cage grillagée, plusieurs mètres au-dessus d’une artère de Porto. A la manière d’un poste d’observation sur la ville, qui devient en même temps la scène d’une performance ouverte au regard des passants. Faustino aime ainsi jouer de ces mises en tension avec la normalité urbaine pour mieux la bousculer et, plus encore, questionner l’intime collectif : une minitour d’habitation érigée sur une parcelle d’un mètre carré pour répondre à la question de la surpopulation ou encore des meubles qui contraignent le corps dans des positions inhabituelles, à l’image de cette chaise minimale qui reprend les caractéristiques d’une selle de cheval ou de cet appartement modèle, à Pékin, qu’il a meublé uniquement à l’aide de sangles pendant du plafond. Autant de scénarios de vie énoncés comme des fictions architecturales. A moins qu’il ne s’agisse d’anticipations à des situations bien réelles. Didier Faustino a collaboré avec l’écrivaine Virginie Despentes à la mise en œuvre de son dernier long métrage inspiré de son roman By Bye Blondie. Deux femmes, amies à l’adolescence, se retrouvent des années plus tard et deviennent amantes. L’une décide de se créer un refuge dans l’espace même de l’appartement de l’autre. La microarchitecture devient alors le lieu des retrouvailles des deux femmes. A l’image du Merzbau de Kurt Schwitters ou du cabanon de Le Corbusier, l’architecte a conçu ce module en se servant de tôles de sérigraphie mises au rebut. Faustino ne cache pas non plus sa passion pour les écrits d’auteurs comme Philip K. Dick ou Aldous Huxley, dont la clairvoyance pourrait bien, selon lui, se confirmer. A la Cité de l’architecture et du patrimoine, il cite volontiers l’auteur du Meilleur des mondes à travers une installation du même nom, composée de chaises perchées sur de longs pieds fins qu’il a regroupées à la manière d’une assemblée. Cette agora souffre en fait d’une réelle fragilité de par la structure même de ses appuis qui semblent prêts à se briser. Si les préoccupations de Faustino trouvent un écho dans des cadres propices à une certaine mise en scène éphémère – exposition, festival, film… –, elles rencontrent aussi aujourd’hui un certain succès auprès de commanditaires à la recherche d’architectures qui nécessitent une implication de soi. Ainsi d’Addy Bakkthiar, nouveau gourou des nuits parisiennes, qui lui a confié l’aménagement d’un lieu de fête à la culée du pont Alexandre-III à Paris, de ce promoteur immobilier qui s’est piqué de monter une collection de maisons d’architectes à acheter clés en main ou bien encore d’un groupe hôtelier qui l’a interrogé, pour un nouvel établissement, sur la dimension symbolique que recouvre une nuit passée dans une adresse luxueuse de charme. Réponse d’ici quelques mois par une véritable mise en éveil de tous nos sens. M Je n’ai jamais cherché à revendiquer une attitude militante qui ne me concerne pas directement. J’ai juste voulu poser certaines questions qui n’avaient jamais été soulevées en architecture. Et, surtout, ouvrir de nouveaux champs d’expérimentation.
PHOTOS DIDIER FAUSTINO/MÉSARCHITECTURES/HONG LEE - HENRI MAÏKOFF Ci-dessus, de gauche à droite : Scramble Suit, pour le film Bye Bye Blondie, de Virginie Despentes, avec Emmanuelle Béart et Béatrice Dalle. Blank Architecture, 2011 (détail). Ci-contre : Sky is the Limit, Yang Yang, Corée-du-Sud, 2008. Ci-dessous : Double Happiness, 2009. Page précédente : l’architecte, artiste et designer Didier Faustino. > that is perhaps explained by his half-French, half-Portuguese background, and the fact that he has worked as an artist, designer and curator, always in his own eyes remaining an architect. « People may need the reassurance of putting a label on everything, » he comments, « but history shows us that geniuses like Vito Acconci, Robert Smithson or, long before them, Leonardo da Vinci managed to break out of the mold. » Rather than a standardized approach to designing buildings, Faustino prefers a made-to-measure concept, with each project requiring an individual, and not necessarily structural, treatment, involving sculpture, photography, design, video, performance, audio… As Joao Fernandes, director of the Serralves museum in Porto, puts it, « Didier Faustino’s work is a provocation of art through architecture and of architecture through art. » In that Portuguese city, the architect-artist installed a basketball court for one player, encased in a wire cage and suspended high above a major thoroughfare, part observation post and part performance stage. Faustino likes to engender a kind of tension with everyday life, erecting a mini-apartment tower on a one-square-meter lot to address the question of overpopulation, or proposing furniture that obliges the body to adopt uncommon positions. A minimal chair like an equestrian saddle, an apartment in Beijing furnished solely with straps hanging from the ceiling… His creations are scenarios for living presented as architectural fictions—or prophecies of things to come. In 2010 Faustino collaborated with the writer Virginie Despentes on the film inspired by her novel Bye Bye Blondie. Two women who were friends as teenagers cross paths again years later and become lovers, and one decides to create a refuge within the other’s apartment, a micro-architecture recalling the Merzbau by Kurt Schwitters or Le Corbusier’s summer cabin, built by Faustino using discarded printing plates. The architect is fascinated by visions of the future in the works of authors like Philip K. Dick and Aldous Huxley, and nameda recent installation at the Cité de l’Architecture et du Patrimoine, the Paris architecture museum, after Huxley’s Brave New World : an assembly of chairs with long, thin legs evokes a community threatened by the fragility of its own underpinnings, which seem about to snap at any moment. Although Faustino’s preoccupations often find expression in forms that occupy a limited timeframe (exhibitions, festivals, films, etc.), he also receives commissions for structures that require an investment of the self. Addy Bakthiar, the king of Parisian nightlife, hired him to installa nightclub at the base of a bridge in central Paris, a real estate promoter brought him in for a collection of ready-to-occupy architects’houses, and a hotel group sought his advice, for the design of a new building, on the symbolic aspects of spending a night in a place of luxury and charm. The results will be visible a few months from now, no doubt appealing to, and reawakening, all of our senses. M



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