Madame n°145 déc 11/jan 2012
Madame n°145 déc 11/jan 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°145 de déc 11/jan 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Air France

  • Format : (277 x 376) mm

  • Nombre de pages : 126

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial luxe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PHOTO BUREAU DES MÉSARCHITECTURES
FICTIONS architecturales The human element Plutôt que de chercher à bâtir à tout crin, l’architecte Didier Faustino préfère utiliser le corps comme pivot central de ses projets, au risque de placer ses réalisations aux frontières de l’architecture, du design et de l’art contemporain. Par OLIVIER RENEAU D IDIER FAUSTINO n’est pas le genre d’architecte à se fondre dans la masse. Il n’est pas non plus de ceux qui cherchent la gloire et la reconnaissance à coups de bâtiments extravagants ou de projets pharaoniques. Il ne court d’ailleurs pas vraiment après les permis de construire et préfère œuvrer à la marge de l’architecture traditionnelle, là où sa dimension conceptuelle peut avoir des effets sur les symboles de la société. Une sorte de psy de l’archi qui écoute, observe, dialogue, s’imprègne du contexte pour mieux discerner les attentes du commanditaire. Très tôt, dès sa formation en école d’archi, Faustino a écarté les questions d’ordre technique pour mieux s’intéresser à celles qui touchent au sensible. Pourquoi, par exemple, la question du corps n’est-elle pas plus présente dans la définition d’une stratégie architecturale ? Il faut bien avouer qu’à la fin des années 80, la sphère de la création tombe littéralement sous le charme de la technologie numérique et, notamment, de ses possibles répercussions – pour ne pas dire effets de séduction – sur l’empreinte visuelle d’un bâtiment. Alors que des « blobs » commencent à peupler notre environnement urbain, Faustino s’intéresse de manière finalement plus pragmatique à notre enveloppe corporelle, à ses besoins, à ses différences. Et cherche à savoir comment cet élément peut générer une narration propre à guider une pensée architecturale. La question du genre devient alors vite une évidence en même temps qu’elle soulève certains tabous : masculin, féminin, d’accord ; mais que fait-on du transgenre ? De fait, le milieu de l’art, peut-être un peu plus ouvert à la transgression – et très réactif à cette montée en puissance de la technologie au détriment de l’identité humaine –, s’approprie ses travaux qui deviennent, pour certains, de véritables manifestes au droit à l’égalité. « Je n’ai jamais cherché à revendiquer une attitude militante qui ne me concerne d’ailleurs pas directement. J’ai juste voulu poser certaines questions qui, d’après moi, n’avaient jamais été soulevées en architecture. Et, surtout, ouvrir de nouveaux champs d’expérimentation », précise Faustino. Car l’architecte mi-portugais, mi-français ne se retrouve pas vraiment dans cette manière systématique que l’on a de mettre les gens dans des cases précises. Sa double culture d’origine explique peut-être cela. Mais surtout une certaine curiosité pour l’altérité qui le pousse tantôt à faire l’artiste, parfois le designer, quelquefois encore le curateur, mais, finalement, toujours à ses yeux l’architecte. « On veut souvent se rassurer en mettant une étiquette sur chaque chose. Heureusement, l’histoire démontre que des créateurs de génie comme Vito Acconci, Robert Smithson et, bien avant eux, Léonard de Vinci sont parvenus à échapper à ces mises au moule ». » Architect Didier Faustino makes the body the focal point of his disconcertingly original structures. HE NEVER had any intention of becoming just another run-of-the-millarchitect. Nor is he a megalomaniac seeking glory through pharaonic projects. Didier Faustino operates at the periphery of traditional architecture. Like a psychiatrist analyzing the discipline, he listens and observes, immersing himself in the context. Even as a student, he had a tendency to pay more attention to the esthetic and affective rather than technical aspects of architecture, wondering, for example, why corporeal considerations were not given more precedence in the definition of architectural strategy. In theeighties, the creative side of architecture fellunder the spell of digital technology and its possible, not to say irresistible, repercussions on the visual presence of a building. As blob-like edifices began croppingup everywhere, Faustino was taking a more pragmatic look at the body, its needs and differences. The issue of gender quickly came to the fore, bringing with it certain taboos : yes, we have male and female, but what about transgender ? At this point, the world of art, which is more accepting of challenges to the established order, welcomedhis work, which for some observers became a veritable manifesto for equal rights. « I never sought touphold a militant attitude, » Faustino says. « I just wanted to ask certain questions that had never been raised in architecture, and to open new fields of experimentation. » What he objects to most is the way architecture consigns people to pigeonholes, an aversion >



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