Lui n°208 mai 1981
Lui n°208 mai 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°208 de mai 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 190 Mo

  • Dans ce numéro : Véronique Genest, l'héroïne de Zola révélée par la télé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 180 - 181  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
180 181
MAFIA J'AURAI TA PEAU ! Sinatra, qui fit de nombreuses prestations dans son établissement, fait l'objet d'une enquête  : il aurait reçu 50 000 dollars prélevés sur les bénéfices non déclarés... (Suite de la p.176.) surnom, « La Belette », après avoir jeté une tomate pourrie à un flic qui essayait de l'attraper. Né dans une famille d'immigrants, il fit sa scolarité dans des institutions catholiques, le temps d'apprendre à se servir de dés truqués. Il consacra ses dimanches matins à organiser des parties de craps dans le voisinage. « J'étais un arnaqueur, raconte Fratianno, et je me défendais bien. J'avais du fric plein les poches. Quand j'ai adhéré au Syndicat, ça m'a paru normal. Question d'environnement. » La Belette fit son premier séjour à l'ombre en 1937, après le tabassage en règle d'un bookmaker qui refusait de lui régler le montant de ses paris. Les huit ans qu'il passa dans les prisons de l'Ohio ne firent qu'aiguiser ses talents particuliers. « J'étais pas sorti depuis une semaine que je commençais déjà à gamberger. J'avais besoin d'un casse pour me refaire. Je pensais pas aux conséquences. » Le braquage d'une salle de jeux en Virginie lui rapporta vingt mille dollars, auxquels s'ajoutèrent quatre-vingt-dix mille dollars ramassés au marché noir. Mais Fratianno voyait grand. Un matin, il débarqua à Los Angeles avec sa femme et sa fille. Il se lia très vite avec Johnny Rosselli, qui avait pas mal d'amis dans le show-business et un pied à Las Vegas. Fratianno plut à Rosselli, qui le parraina auprès de la « famille » de Los Angeles. Pour commencer, on le chargea d'assassiner Mickey Cohen, un joueur professionnel qui dirigeait un syndicat concurrent. Fratianno posa une bombe dans sa chambre, mais l'engin refusa de fonctionner. Quelques mois plus tard, il fit une nouvelle tentative, qui échoua à son tour. Finalement, c'est Frank Nicoli, un tueur à la solde de Cohen, qui écopa. Ignorant que Fratianno était à l'origine des attentats contre son patron, Nicoli eut l'imprudence de lui rendre visite un soir, à son domicile. « On l'a étranglé avec une corde, dit Fratianno. C'était l'affaire de trois minutes. » 180 Fratianno participa également à l'exécution d'un membre de la famille de Los Angeles, Frank Borgia. « Ils m'ont demandé de le faire, point à la ligne. Un tas de types sont morts comme ça, pour rien. » Il fallut plus d'un an à Fratianno pour localiser Louis Strauss, dit Russian Louie, qu'il traquait pour le compte du propriétaire d'un casino de Las Vegas. Il finit par le piéger dans une maison de Palm Springs où il l'étrangla. « Et alors ! Les types que j'ai butés, c'étaient des tueurs, pas vrai ? » En 1954, Fratianno en prit pour six ans, pour extorsion. A sa sortie de prison, ses frères de sang lui réservèrent un accueil assez frais  : la famille refusa de lui restituer le magot qu'il avait accumulé avant son arrestation. Interdit de séjour à Los Angeles, Fratianno gagna la Californie du Nord. Grâce à divers appuis et un prêt bancaire, il créa une entreprise de camionnage à Sacramento et se retrouva rapidement à la tête d'une petite fortune. Mais des créanciers coriaces et une administration sourcilleuse l'obligèrent à fermer boutique. En 1970, il se retrouva sans le sou. C'est alors que ses anciens amis de Los Angeles firent de nouveau appel à lui pour gérer leurs affaires. Les années qui suivirent le mirent en contact avec les véritables chefs de l'Organisation. A Chicago, il se lia avec Sam Giancana, rendit visite à Santo Trafficante en Floride et fréquenta Frank Tieri, le chef de la redoutable famille Genovese. Un soir, il vit le vieux Tieri, impitoyable, signer l'arrêt de mort d'un débiteur qui tardait trop à le rembourser. A Los Angeles, il assista à la liquidation de Frank Bompensiero, quand la famille découvrit qu'il travaillait pour le F.b.i. Ce que la famille ignorait, c'est que Fratianno lui-même avait déjà commencé à vendre des informations aux Fédés. Après un nouveau séjour derrière les barreaux, en 1973, le F. b.i. lui avait proposé de l'argent en échange de menus renseignements, et il avait accepté. Ce contact lui sauva la vie. En effet, le gang de Los Angeles le soupçonnait de vouloir élargir ses activités à ses dépens. Bientôt, Fratianno découvrit qu'un contrat avait été lancé contre lui. Il devint alors le principal informateur du F.b.i. Son premier témoignage porta contre dix hommes soupçonnés d'avoir provoqué la banqueroute frauduleuse d'un music-hall de Tarrytown, dans l'Etat de New York. Tandis que les actionnaires perdaient de l'argent, des membres de la Mafia puisaient dans la caisse des sommes non déclarées et revendaient les billets au marché noir. Frank Sinatra, qui fit de nombreuses prestations dans cet établissement, fait actuellement l'objet d'une enquête  : il aurait reçu cinquante mille dollars prélevés sur les profits non déclarés. A 76 ans, Fratianno continue à évoquer son passé. Il a compris que sa sécurité était à ce prix, et vient de publier un livre (Le dernier Mafioso, par Ovid Demaris). « Oui, on me paye pour raconter ce que j'ai fait. Et alors ? Je ne cherche pas à devenir milliardaire. Ce que je demande, c'est que ma femme et ma fille aient un petit quelque chose quand je m'en irai. Après tout, j'ai rendu service à mon pays. » Si le gouvernement protège Fratianno, cette situation ne peut durer éternellement. Quand Fratianno aura mis le point final à son témoignage, il se retrouvera seul. Et il le sait. A la fin de l'année dernière, Fratianno se trouvait dans un hôtel de Salt Lake City, sous la surveillance constante de deux agents du F.b.i. Il téléphona à Washington et demanda à parler à un fonctionnaire du ministère de la Justice. « Je voudrais aller dans un endroit où je serais à l'abri des dingues. Là où vous m'emmenez, c'en est bourré à craquer. » Puis il raccrocha, et, mâchonnant stoïquement son cigare mexicain  : « Plus rien me dérange. A quoi bon se faire du mouron ? Quand l'heure a sonné, faut y aller. Pas de quoi se faire des cheveux blancs. » Copyright Newsweek. Adaptation  : Olivier Cohen.
« MOI, UN NOIR, A LA MAISON-BLANCHE » Des Noirs américains vêtus comme des Africains arrivaient à se faire servir là où sévissait toujours la ségrégation  : les pays africains étaient indépendants ! (Suite de la page 92.) les badges « Dizzy President » avaient été mis en circulation par mes agents artistiques de Associated Booking Corporation plusieurs années auparavant et seulement alors à titre de gag publicitaire) pendant la marche sur Washington, un détail qui m'avait convaincu de me lancer dans cette aventure. Il avait été photographié aux côtés de James Baldwin. Vers cette époque, je me suis mis à porter des vêtements africains, longues tuniques, fez, et babouches, pour souligner le fait que ma candidature était synonyme d'une attitude plus ouverte envers l'Afrique et le tiers-monde ; mais cette initiative eut des retombées désastreuses, car elle ne fit qu'embrouiller les gens sur mes origines réelles. Ils avaient déjà été déroutés quand des Noirs américains vêtus comme des Africains s'étaient mis à pénétrer dans des lieux publics où sévissait toujours la ségrégation, et à se faire servir, quelquefois même avec un sourire, car les pays africains étaient indépendants et libérés du colonialisme. A l'occasion de mes concerts et de mes conférences dans les universités, j'ai mis l'accent sur la nécessité d'abolir le racisme en musique et dans tous les autres domaines, parce que c'était une injustice et donnait une triste image de notre pays à l'étranger. Au Raymond College, à l'université du Pacifique, et à Berkeley, les étudiants ont marché à fond. Nous avons organisé un concert au profit duC.o.r.e., en même temps qu'une réunion promotionnelle pour ma campagne, en plein air, dans East Menlo Park en Californie. Je me souviens même que James Moody a livré un duel au sax contre un train de marchandises qui passait pas loin. Moody a gagné, avec l'aide de la sono. Jon Hendricks, lui, nous donna la primeur de notre chant C C/Go./, N 0 O 4 " Le Schwepping est un sort d'équipe qui se pratique aussi bien à ceux. de guerre dont il avait écrit les paroles sur l'air de Salt Peanuts. Je l'ai repris en choeur avec lui  : « Pour êtr'dans l'coup y'a pas mieux qu'lui Votez Dizzy, votez Dizzy ! Si vous voulez élire un très bon Président... Que le gouvernement devienne un truc marrant... Votez Dizzy ! Votez Dizzy ! Pour que la politique se mette à swinger dur... Tous vos politiciens ne savent faire que du vent... Mais dans son truc coudé Dizzy en fait autant... Votez Dizzy ! Votez Dizzy ! » J'ai trouvé ça très chouette, vraiment génial, et ça apportait un côté humoristique à notre campagne. Après cela, j'ai annoncé mes choix pour des nominations à des postes mineurs, par exemple son Honneur (Suite p.182.) 181



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 208 mai 1981 Page 1Lui numéro 208 mai 1981 Page 2-3Lui numéro 208 mai 1981 Page 4-5Lui numéro 208 mai 1981 Page 6-7Lui numéro 208 mai 1981 Page 8-9Lui numéro 208 mai 1981 Page 10-11Lui numéro 208 mai 1981 Page 12-13Lui numéro 208 mai 1981 Page 14-15Lui numéro 208 mai 1981 Page 16-17Lui numéro 208 mai 1981 Page 18-19Lui numéro 208 mai 1981 Page 20-21Lui numéro 208 mai 1981 Page 22-23Lui numéro 208 mai 1981 Page 24-25Lui numéro 208 mai 1981 Page 26-27Lui numéro 208 mai 1981 Page 28-29Lui numéro 208 mai 1981 Page 30-31Lui numéro 208 mai 1981 Page 32-33Lui numéro 208 mai 1981 Page 34-35Lui numéro 208 mai 1981 Page 36-37Lui numéro 208 mai 1981 Page 38-39Lui numéro 208 mai 1981 Page 40-41Lui numéro 208 mai 1981 Page 42-43Lui numéro 208 mai 1981 Page 44-45Lui numéro 208 mai 1981 Page 46-47Lui numéro 208 mai 1981 Page 48-49Lui numéro 208 mai 1981 Page 50-51Lui numéro 208 mai 1981 Page 52-53Lui numéro 208 mai 1981 Page 54-55Lui numéro 208 mai 1981 Page 56-57Lui numéro 208 mai 1981 Page 58-59Lui numéro 208 mai 1981 Page 60-61Lui numéro 208 mai 1981 Page 62-63Lui numéro 208 mai 1981 Page 64-65Lui numéro 208 mai 1981 Page 66-67Lui numéro 208 mai 1981 Page 68-69Lui numéro 208 mai 1981 Page 70-71Lui numéro 208 mai 1981 Page 72-73Lui numéro 208 mai 1981 Page 74-75Lui numéro 208 mai 1981 Page 76-77Lui numéro 208 mai 1981 Page 78-79Lui numéro 208 mai 1981 Page 80-81Lui numéro 208 mai 1981 Page 82-83Lui numéro 208 mai 1981 Page 84-85Lui numéro 208 mai 1981 Page 86-87Lui numéro 208 mai 1981 Page 88-89Lui numéro 208 mai 1981 Page 90-91Lui numéro 208 mai 1981 Page 92-93Lui numéro 208 mai 1981 Page 94-95Lui numéro 208 mai 1981 Page 96-97Lui numéro 208 mai 1981 Page 98-99Lui numéro 208 mai 1981 Page 100-101Lui numéro 208 mai 1981 Page 102-103Lui numéro 208 mai 1981 Page 104-105Lui numéro 208 mai 1981 Page 106-107Lui numéro 208 mai 1981 Page 108-109Lui numéro 208 mai 1981 Page 110-111Lui numéro 208 mai 1981 Page 112-113Lui numéro 208 mai 1981 Page 114-115Lui numéro 208 mai 1981 Page 116-117Lui numéro 208 mai 1981 Page 118-119Lui numéro 208 mai 1981 Page 120-121Lui numéro 208 mai 1981 Page 122-123Lui numéro 208 mai 1981 Page 124-125Lui numéro 208 mai 1981 Page 126-127Lui numéro 208 mai 1981 Page 128-129Lui numéro 208 mai 1981 Page 130-131Lui numéro 208 mai 1981 Page 132-133Lui numéro 208 mai 1981 Page 134-135Lui numéro 208 mai 1981 Page 136-137Lui numéro 208 mai 1981 Page 138-139Lui numéro 208 mai 1981 Page 140-141Lui numéro 208 mai 1981 Page 142-143Lui numéro 208 mai 1981 Page 144-145Lui numéro 208 mai 1981 Page 146-147Lui numéro 208 mai 1981 Page 148-149Lui numéro 208 mai 1981 Page 150-151Lui numéro 208 mai 1981 Page 152-153Lui numéro 208 mai 1981 Page 154-155Lui numéro 208 mai 1981 Page 156-157Lui numéro 208 mai 1981 Page 158-159Lui numéro 208 mai 1981 Page 160-161Lui numéro 208 mai 1981 Page 162-163Lui numéro 208 mai 1981 Page 164-165Lui numéro 208 mai 1981 Page 166-167Lui numéro 208 mai 1981 Page 168-169Lui numéro 208 mai 1981 Page 170-171Lui numéro 208 mai 1981 Page 172-173Lui numéro 208 mai 1981 Page 174-175Lui numéro 208 mai 1981 Page 176-177Lui numéro 208 mai 1981 Page 178-179Lui numéro 208 mai 1981 Page 180-181Lui numéro 208 mai 1981 Page 182-183Lui numéro 208 mai 1981 Page 184-185Lui numéro 208 mai 1981 Page 186-187Lui numéro 208 mai 1981 Page 188-189Lui numéro 208 mai 1981 Page 190-191Lui numéro 208 mai 1981 Page 192-193Lui numéro 208 mai 1981 Page 194-195Lui numéro 208 mai 1981 Page 196-197Lui numéro 208 mai 1981 Page 198-199Lui numéro 208 mai 1981 Page 200-201Lui numéro 208 mai 1981 Page 202