Lui n°208 mai 1981
Lui n°208 mai 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°208 de mai 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 190 Mo

  • Dans ce numéro : Véronique Genest, l'héroïne de Zola révélée par la télé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MAFIA J'AURAI TA PEAU ! Jamais le prêt usuraire n'a été aussi florissant. L'inflation a jeté dans les bras des « requins » une foule de clients prêts à souscrire des emprunts jusqu'à... 300% par an ! plus en plus élevés. Enfin, ses membres doivent résister à un déploiement d'efforts sans précédent de la part de l'Etat américain pour démanteler sinon détruire — ses réseaux. 1980 restera comme une mauvaise année dans les annales du Milieu, celle qui vit six cents gangsters traduits devant des tribunaux fédéraux. Parmi eux, Frank Tieri, chef de l'organisation de New York ; Nicholas Civella, le « patron » de Kansas City ; la totalité des responsables de Los Angeles, inculpés de racket ; et l'ancien parrain de New York, Joseph Bonanno, accusé d'obstruction à la justice. Tous ont fait appel. Derrière l'inculpation de Tieri et du réseau de la Californie du Sud la Mafia Mickey Mouse —, il y a un homme, l'indicateur le plus redoutable de ces vingt dernières années  : Jimmy Fratianno, alias « La Belette » (dont nous vous racontons l'histoire à partir de la page 176). Pour l'attorney general Benjamin Civiletti, « tout ceci tend à prouver que l'on peut infiltrer le crime organisé. Contrairement à la légende, la loi du silence finit par céder devant la loi fédérale. » Le F. b.i. s'est mis à l'école du Milieu pour le battre sur son propre terrain. C'est ainsi que deux de ses agents et un informateur se sont faits passer, pendant plus d'un an, pour des agents d'assurances véreux. Leur proie était Carlos Marcello, le chef de la « famille » de la Nouvelle-Orléans. Grâce aux conversations qu'ils avaient enregistrées, le vieux Marcello (il a soixante-dix ans) fut inculpé en juin dernier pour racket, fraude et entente délictueuse. En effet, il avait promis aux « agents » de les aider à corrompre des fonctionnaires pour obtenir des contrats avec l'Etat de la Louisiane. En échange, Marcello devait toucher sa part sur les pots-de-vin. Mais ce n'est qu'un cas parmi d'autres  : les preuves recueillies pendant cinq ans d'enquête dans les docks de la côte Est ont permis la condamnation de plus d'une centaine de permanents syndicaux et 146 d'affréteurs, pour corruption et extorsion de fonds. Pourtant, remarque Francis M. Mullen, un des chefs du F.b.i., « le crime organisé reste puissant. Nous ne prétendons pas l'anéantir. Nous cherchons à diminuer son influence ». Il est vrai que le Milieu contrôle parfaitement ses champs d'activité traditionnels, La contrebande d'héroïne est encore une industrie en expansion. Pendant les onze premiers mois de 1980, les agents fédéraux se sont emparés de deux cents kilos d'héroïne, soit 30% de plus que pour toute l'année 1979. Mais ce n'est là que l'écume d'un flot puissant parce que souterrain. Chaque jour, des milliers d'articles volés sont vendus par des camelots ou sur des marchés aux puces sauvages » dont le nombre ne cesse de croître. Pour Dominic Amorosa, responsable de la Brigade d'Intervention contre le crime organisé à Manhattan, « jamais le prêt usuraire n'a été aussi florissant. » L'inflation a jeté dans les bras des « requins » une foule de clients prêts à souscrire des emprunts dont les intérêts vont jusqu'à... 300% par an ! Mais le Milieu s'est également implanté sur de nouveaux marchés, comme le trafic de cassettes et de disques-pirates, l'écoulement illégal de déchets industriels toxiques ou l' « exploitation » des mines de charbon  : vol du matériel, vente de titres de propriété pour des mines fictives ou désaffectées, etc... Le nouvel attorney general William French Smith, désigné par l'administration Reagan pour continuer le travail de ses prédécesseurs, a hérité d'un groupe d'hommes durs et aguerris, bien décidés à donner du fil à retordre aux professionnels du crime. Comment ? En les traquant partout où ils sont, et d'abord dans la rue. En Amérique, le Milieu est omniprésent, depuis les restaurants chics jusqu'aux pizzerias en passant par les agents de change, les casinos et les sex-shops. Selon William H. Webster, le direc- teur du F.b.i., le flux d'argent frais pompé chaque année par l'Organisation se chiffre en millions de dollars. Cela dit, on ne peut imputer à la Mafia toute la « criminalité en col blanc ». En matière de délits économiques ou de corruption politique, le monde des affaires possède déjà ses propres spécialistes. Mais la Mafia ou la Cosa Nostra, comme l'appellent le F.b.i. et certains gangs existe-t-elle autrement que sous la forme d'un mythe ? Il semble établi désormais qu'elle fonctionne comme une sorte de confédération de gangs implantés dans tout le pays. Les organisations affiliées s'associent sur des affaires de grande envergure comme le jeu à Las Vegas, mais en opérant de façon indépendante pour les activités locales, comme le chantage à la protection. Cela dit, le crime organisé n'est pas le monopole des Italiens  : les gangsters juifs et irlandais entretiennent avec la Mafia des relations de longue date. Des types qui se haïssent sont prêts à s'asseoir à la même table quand il s'agit de partager le gâteau », dit un inspecteur de New York. Les barrières ethniques cèdent devant l'appât du gain. A Philadelphie et à New York, des gangs de Noirs se sont associés avec la Mafia pour contrôler le jeu et le trafic de drogue. A San Francisco, des Chinois mettent les commerçants en coupe réglée. La « Mafia israélienne » de Los Angeles se spécialise dans l'extorsion, tandis que les Colombiens et les Cubains se disputent le marché de la drogue en Floride. Née du cerveau imaginatif de quatre détenus, qui partageaient la même cellule dans une prison californienne, « La Nuestra Familia » compte maintenant environ mille membres actifs sur la côte Ouest. S'il faut en croire deux sociologues, DwightC. Smith Jr et Richard D. Alba, « le crime organisé n'est pas un corps étranger, voire un parasite au flanc de la société américaine ; il fait partie intégrante de cette société dont il tire sa substance, (Suite page 158.)
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