Lui n°208 mai 1981
Lui n°208 mai 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°208 de mai 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 190 Mo

  • Dans ce numéro : Véronique Genest, l'héroïne de Zola révélée par la télé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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UNE CAROTTE DANS L'OIGNON « Et mes couilles, elles sont belles ! » C'est le commis des Lorieux qui vient de lancer ça. Hilare. C'est pour faire plaisir à son patron. Un trait d'esprit. (Suite de la page 112.) Des prix, de la qualité. Et on a de la monnaie ! Roger fume. - Gérard, va faire de la monnaie au tabac, vite... Allez, mesdames, trois laitues pour cent balles, avec ou sans monnaie ! C'est donné, on ne veut rien remballer. Et la grosse  : - Demandez ma scarole. Elle est belle, ma scarole ! - Et mes couilles, elles sont belles ? C'est le commis des Lorieux qui vient de lancer ça. Hilare. C'est pour faire plaisir à son patron. Un trait d'esprit aux dépens de la grosse. Roger le prend à part  : - Encore un mot comme ça devant les clients, et je te vire avec une lettre à tes parents. De l'autre côté, ils ont entendu le commis. Un des mecs de la grosse dit  : - Faudrait déjà en avoir, des couilles. Les voilà tous partis à se marrer. Y a comme une tension chez les Lorieux. Roger prend le parti de laisser tomber. Il relance la clientèle. - Cent balles les trois dans la laitue ! Elle est belle, elle est belle ! Ça ne marche pas terrible, surtout qu'un camelot est venu s'installer juste à côté avec des mouchoirs. - Je m'appelle Taratata, je suis le dernier de la famille, le plus grand, le plus beau. Allons-y la ménagère, aujourd'hui on fait des affaires. Voici du mouchoir, grand teint, sorti directement d'usine, sans intermédiaire, je vous l'apporte sur le marché, du mouchoir pour toute l'année, du mouchoir pour la belle-mère, pour essuyer son nez, en voici un, en voici deux, en voici trois, en voilà six, et deux fois six qui font douze, et deux douzaines pour faire la paire, je ne vous demanderai pas cent francs ni quarante ni même trente, tiens donnez-moi quinze francs, ça ne gagne rien mais ça débarrasse, on doit liquider, on a besoin de place. Je m'appelle Taratata, je suis le dernier de la famille, etc. Il y a foule sous le grand pébroque du camelot, un peu de monde chez la 122 grosse et personne chez les Lorieux. C'est pas la joie. Roger relance une opération. - Allez, un quarante dans la maltaise, des affaires dans l'orange. On liquide, on liquide. A dix heures, des expressions comme « on liquide », c'est plutôt rare. D'habitude c'est bon sur le coup de midi. Là, ça fait bizarre. Les marchands voisins, fringues et quincaille, se lancent des regards appuyés. Ça sent pas bon. La grosse est venue, peinarde, écouter le camelot. Elle note en biais les ardoises des Lorieux, retourne à son étal et change ses étiquettes. Elle casse les prix. Elle met tout à des prix dérisoires. Roger s'aligne. - Allez la ménagère, aujourd'hui, on fait des cadeaux ! Trois kilos deux francs dans la banane ! De la belle, de la tigrée ! En face, on les voit se marrer ; ils retirent toutes les étiquettes, effacent les prix et inscrivent autre chose. Ensuite, la grosse en tête, les voilà tous partis en direction du troquet, abandonnant leur commerce. Il y a du monde, pourtant. Beaucoup de ménagères. De l'étal des Lorieux, on les voit se pousser du coude et rigoler. Roger a le temps de regarder puisqu'il n'y a personne chez lui. Il parle à sa femme. - Regarde, ils font ceux qui s'en foutent. S'ils prennent les clients pour des cons, ça va pas marcher longtemps. Là, je me marre d'avance. Tiens, je rigolerais que les bonnes femmes lui fauchent de la marchandise... Tu sais que moi, à la place des bonnes femmes, je me sers. On se fout de ma gueule, je renvoie la balle, je me laisse pas baiser. C'est elle qui l'aurait dans le cul. Tu peux me croire (il fait un geste avec sa main droite, le majeur décalé, vers la paume), dans l'cul ! De l'autre côté, on voit une ou deux ménagères qui commencent à foutre des trucs dans leur sac. Elles se servent. — Hé, regarde ce que je t'avais dit ! Regarde la mémère, regarde l'autre, avec les bananes, elles fauchent, regarde, regarde, j'l'avais dit, j'm'en doutais, du coup ! Ah, les cons ! H000u ! Hi hi hi !... Ah, la razzia !... Regarde-les, les mémères, c'est le pillage... Hi hi hi ! Il en peut plus, Roger, il se tient à un poteau du barnum d'une main et, de l'autre, se presse la queue par-dessus le tablier en se tortillant. - Ah, elle pourra dire qu'elle m'aura fait pisser, la grosse... Ah, j'en chiale ! Tiens, va servir la dame. Il y a de plus en plus de monde devant l'étal de la grosse. Y en a qui remplissent des sacs, d'autres qui regardent. Certains marchands ont laissé leurs boutiques pour venir voir. C'est l'attraction. - Ah, faut que j'aille voir ça ! Il y va, Roger, les mains dans son tablier, hilare ! Il croise un vieux, avec son filet bourré, qui parle tout seul, joyeux. - Ah, y peuvent venir toutes les semaines, je serai le meilleur client. Ah, y peuvent revenir ! Roger s'approche de l'étal. Sur les étiquettes, à la place des prix, il voit écrit  : « Servez-vous, c'est gratuit. » Sur toutes les ardoises  : « C'est gratuit. » Du coup, il fonce au bistrot. Il a deux mots à leur dire. Il les trouve attablés devant des verres. Il s'accoude au bar, commande un café, allume une cigarette et regarde, à travers les vitres, vers la place du marché. Il les ignore. Les autres parlent, discutent. Un des deux fils ou employés de la grosse parle  : - Vous allez vous fendre la gueule, Gérard Saviot, à la visite médicale, avait son calcif plein de merde. Il avait chié dans son bénar, ce con ! Et vous savez pourquoi ? On lui avait fait croire qu'on allait à la piqûre. Alors, lui, lui parlez pas de piqûre... L'année d'avant, il est tombé dans les pommes... Tenez, à propos, on dit, comme ça, « dans les pommes », on se demande même pas (Suite page 198.)
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