Lui n°207 avril 1981
Lui n°207 avril 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°207 de avril 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 162

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Pamela, Ariane et... Prudence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 138 - 139  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
138 139
LE GRIS DU COEUR Il reçut un jour une lettre du shérif d'Helena lui disant que son fils, alors âgé de quinze ans, avait été aperçu en compagnie de quelques prostituées notoires... (Suite de la page 135.) qu'il s'aperçoive qu'elles ne tenaient pas debout  : une idée assez largement répandue prétendait que les caractéristiques fondamentales d'un homme sautent parfois une génération. Le propre père de Ludlow avait maintenant quatre-vingt-quatre ans et commandait toujours son schooner. C'était un homme pétri de vigueur et de charme que ses enfants ne rencontraient presque jamais. Bien qu'elles soient comparativement assez pâles, Ludlow était convaincu que ses propres aventures avaient été directement engendrées par les récits de son père, des histoires de pieuvres géantes se livrant des combats mortels dans le courant de Humbolt, au large du Pérou. Il y avait aussi la notion selon laquelle un homme n'est plus jamais le même lorsqu'il a passé le Cap Horn sous un ouragan soufflant à soixantedix noeuds. Une année, Ludlow reçut en guise de cadeau de Noël une tête réduite provenant de Java et l'année suivante, un petit Bouddha en or venu du Siam, ainsi qu'un flot constant de spécimens minéraux cueillis dans le monde entier. Il se pouvait donc que par une étrange fantaisie génétique, Tristan soit à l'image de son propre père et que, semblable à Caïn, il n'obéisse jamais à personne et continue de construire son destin avec des démarches tellement personnelles que nul dans la famille ne saurait avec certitude ce qui pouvait bien se passer dans cet esprit inflexible. A quatorze ans, Tristan quitta l'école, devint trappeur de lynx et récolta assez de peaux en une seule saison pour pouvoir s'offrir à peu près tout ce qu'il désirait. Au lieu de cela, il fit confectionner un somptueux manteau qu'il expédia à sa mère stupéfaite, à Boston. Puis il emprunta le fusil anglais de Ludlow, disparut et revint trois mois plus tard avec un gros paquet d'argent gagné dans les concours de ball-trap. Il dépensa le tout pour acheter un fusil et une nouvelle selle pour Un Coup, un microscope perfectionné pour Samuel et un voyage à San Francisco pour 138 Alfred. La famille était parfaitement à l'abri du besoin et entassait peut-être même trop de richesses, mais Tristan semblait avoir un don personnel pour faire de l'argent. Ludlow reçut un jour une lettre du shérif d'Helena lui disant que son fils, alors âgé de quinze ans, avait été aperçu en compagnie de quelques prostituées notoires. La mère de Tristan en eut une véritable crise nerveuse et Ludlow se lança dans un long discours de remontrances qui dégénéra bientôt en simple curiosité ; il demanda à Tristan si les filles étaient jolies. Les voyages bimestriels de Ludlow à Helena étaient toujours agrémentés de quelques nuits furtives passées en compagnie d'une institutrice qu'il courtisait secrètement depuis dix ans. A ses vieux compères du Club des Eleveurs, il aimait citer les paroles de Theodore Roosevelt  : « J'aime boire le vin de la vie avec un peu de cognac dedans. » Ensuite, il se sentait un peu bête dans la mesure où il affichait généralement un mépris total pour tout ce que disaient les politiciens. Mais à présent, Tristan échappait à sa sphère d'influence et il savait qu'il aurait désormais peu de chances de le revoir, tout comme lui-même n'avait pratiquement jamais revu son père. Quelques années plus tôt, le vieil homme avait échoué son bateau sur un récif des îles Orcades et Ludlow s'arrangea pour lui en offrir un autre. Il n'en fut remercié que par une brève lettre  : « Cher fils. J'espère que ta famille se porte bien. Envoie-moi tes garçons pour que je les aguerrisse un peu. Au diable ton argent. Je te rembourserai chaque centime. » Et de petites sommes arrivaient périodiquement dans la banque d'Helena en provenance d'endroits aussi variés que Chypre ou Dakar. A mesure que ses paupières s'alourdissaient de sommeil, Ludlow comprit que le seul moyen d'avoir des nouvelles de Tristan serait d'interroger Susannah, sa fiancée. C'était une fille fragile, ravissante et remarquablement intelligente. Ludlow se réveilla très tard et fut embarrassé d'apprendre que Decker l'attendait depuis plusieurs heures pour partir à la chasse. Par la fenêtre, il vit ses chiens endormis sur la pelouse ; les setters tachés de jaune donnaient l'impression qu'un rayon de soleil les éclairait à travers le feuillage des bouleaux. C'étaient de bons chiens, expédiés tout droit du Devonshire par un ami qui venait chasser chez Ludlow, une année sur deux. Vers midi, leurs gibecières étaient gonflées de sept paires de perdrix à collier. Les hommes et les chiens étaient fatigués par la chaleur inhabituelle en octobre. Mais une barre noire couvrait l'horizon et cela signifiait qu'il y aurait bientôt de la neige, car telles sont les bizarreries du temps dans le Montana. Tandis qu'il faisait rôtir deux perdrix, Decker déclara que ce serait une bonne idée d'acheter un millier de veaux au printemps suivant ; la guerre allait faire monter le prix de la viande. De plus, il lui faudrait au moins. deux aides supplémentaires pour compenser la seule absence de Tristan. Pet avait deux cousins du côté de Fort Benton, mais l'un d'entre eux était à demi noir. Si cela ne gênait pas Ludlow, il se proposait de les engager car ils étaient d'excellents cow-boys. Ludlow jeta les coeurs et les foies des perdrix à ses chiens ; puis il donna son accord à Decker sur toutes ses propositions en se demandant toutefois à quoi pouvait bien ressembler un Indien Cree à demi noir. C'était probablement un homme d'une merveilleuse laideur. Ludlow s'assoupit dans le soleil en goûtant le fumet des oiseaux rôtissant sur la braise. Decker leva la tête et aperçut Un Coup qui se tenait très loin, sur le flanc de la colline bordant le canyon. Il sut que l'Indien ne les rejoindrait qu'après le repas ; il avait certainement remarqué que deux perdrix seulement rôtissaient sur le feu. C'est à Un Coup que Decker devait de travailler pour Ludlow. L'Indien l'avait ramené de Zortman et Ludlow l'engagea immédiatement tout en sachant fort bien (Suite page 142.)
Ville ou sportswear, il est les deux, habillé, par urrèges homme.ons, sahariennes, par. -alons, chemises, Une collection complète chez courréges Co homme 40, rue Françoi.s ler PARIS 8É, me Et chez les meilleurs détaillants du vêtement masculin.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 207 avril 1981 Page 1Lui numéro 207 avril 1981 Page 2-3Lui numéro 207 avril 1981 Page 4-5Lui numéro 207 avril 1981 Page 6-7Lui numéro 207 avril 1981 Page 8-9Lui numéro 207 avril 1981 Page 10-11Lui numéro 207 avril 1981 Page 12-13Lui numéro 207 avril 1981 Page 14-15Lui numéro 207 avril 1981 Page 16-17Lui numéro 207 avril 1981 Page 18-19Lui numéro 207 avril 1981 Page 20-21Lui numéro 207 avril 1981 Page 22-23Lui numéro 207 avril 1981 Page 24-25Lui numéro 207 avril 1981 Page 26-27Lui numéro 207 avril 1981 Page 28-29Lui numéro 207 avril 1981 Page 30-31Lui numéro 207 avril 1981 Page 32-33Lui numéro 207 avril 1981 Page 34-35Lui numéro 207 avril 1981 Page 36-37Lui numéro 207 avril 1981 Page 38-39Lui numéro 207 avril 1981 Page 40-41Lui numéro 207 avril 1981 Page 42-43Lui numéro 207 avril 1981 Page 44-45Lui numéro 207 avril 1981 Page 46-47Lui numéro 207 avril 1981 Page 48-49Lui numéro 207 avril 1981 Page 50-51Lui numéro 207 avril 1981 Page 52-53Lui numéro 207 avril 1981 Page 54-55Lui numéro 207 avril 1981 Page 56-57Lui numéro 207 avril 1981 Page 58-59Lui numéro 207 avril 1981 Page 60-61Lui numéro 207 avril 1981 Page 62-63Lui numéro 207 avril 1981 Page 64-65Lui numéro 207 avril 1981 Page 66-67Lui numéro 207 avril 1981 Page 68-69Lui numéro 207 avril 1981 Page 70-71Lui numéro 207 avril 1981 Page 72-73Lui numéro 207 avril 1981 Page 74-75Lui numéro 207 avril 1981 Page 76-77Lui numéro 207 avril 1981 Page 78-79Lui numéro 207 avril 1981 Page 80-81Lui numéro 207 avril 1981 Page 82-83Lui numéro 207 avril 1981 Page 84-85Lui numéro 207 avril 1981 Page 86-87Lui numéro 207 avril 1981 Page 88-89Lui numéro 207 avril 1981 Page 90-91Lui numéro 207 avril 1981 Page 92-93Lui numéro 207 avril 1981 Page 94-95Lui numéro 207 avril 1981 Page 96-97Lui numéro 207 avril 1981 Page 98-99Lui numéro 207 avril 1981 Page 100-101Lui numéro 207 avril 1981 Page 102-103Lui numéro 207 avril 1981 Page 104-105Lui numéro 207 avril 1981 Page 106-107Lui numéro 207 avril 1981 Page 108-109Lui numéro 207 avril 1981 Page 110-111Lui numéro 207 avril 1981 Page 112-113Lui numéro 207 avril 1981 Page 114-115Lui numéro 207 avril 1981 Page 116-117Lui numéro 207 avril 1981 Page 118-119Lui numéro 207 avril 1981 Page 120-121Lui numéro 207 avril 1981 Page 122-123Lui numéro 207 avril 1981 Page 124-125Lui numéro 207 avril 1981 Page 126-127Lui numéro 207 avril 1981 Page 128-129Lui numéro 207 avril 1981 Page 130-131Lui numéro 207 avril 1981 Page 132-133Lui numéro 207 avril 1981 Page 134-135Lui numéro 207 avril 1981 Page 136-137Lui numéro 207 avril 1981 Page 138-139Lui numéro 207 avril 1981 Page 140-141Lui numéro 207 avril 1981 Page 142-143Lui numéro 207 avril 1981 Page 144-145Lui numéro 207 avril 1981 Page 146-147Lui numéro 207 avril 1981 Page 148-149Lui numéro 207 avril 1981 Page 150-151Lui numéro 207 avril 1981 Page 152-153Lui numéro 207 avril 1981 Page 154-155Lui numéro 207 avril 1981 Page 156-157Lui numéro 207 avril 1981 Page 158-159Lui numéro 207 avril 1981 Page 160-161Lui numéro 207 avril 1981 Page 162