Lui n°207 avril 1981
Lui n°207 avril 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°207 de avril 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 162

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Pamela, Ariane et... Prudence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LE GRIS DU COEUR Ludlow savait que Un Coup gardait dans sa hutte un sac plein de scalps dont un bon nombre coiffaient autrefois des têtes blanches. Mais cela ne le gênait pas. (Suite de la p.132.) du lait tiède ainsi que de la viande réduite en purée. Pet haussa les épaules et se concentra sur la pâte à pain qu'elle était en train de pétrir. Ludlow fit réchauffer du lait tandis que Decker examinait l'animal. Puis ils fouillèrent dans une armoire et trouvèrent un vieux biberon et quelques tétines. Isabel s'installa sur une chaise et se mit à bercer le blaireau qui tétait goulûment. A présent, Ludlow se sentait provisoirement plus heureux. Il sortit une bouteille de vieil armagnac et remplit deux verres afin de corser son café et celui de Decker. Isabel refusait d'aller à l'école pour ne pas avoir à subir les brimades habituellement infligées aux métis. Ludlow annonça qu'après mûre réflexion, il allait entreprendre l'éducation de la fillette dès le lendemain matin, à huit heure précises. L'ambiance se réchauffa si sensiblement que Ludlow se rendit à la cave afin d'y prendre une précieuse bouteille de bordeaux destinée à accompagner le repas. Durant des années, il était demeuré assez indifférent au goût de sa femme pour le bon vin. Mais il se laissa insensiblement convertir, puis se plongea dans des traités d'oenologie et commença finalement à remplir sa cave avec tant d'ardeur qu'elle en devenait presque impraticable. Elle était maintenant bourrée de caisses et de bouteilles dont un nombre important provenait du déraillement d'un train du North Pacific. Celui-ci contenait des trésors de grands crus destinés à des connaisseurs de San Francisco et Ludlow les racheta en sous-main à un employé de la compagnie des chemins de fer. C'est dans la cave qu'il résolut son problème  : désormais, ils mangeraient tous à la cuisine en compagnie de Un Coup lorsqu'il serait de retour. De cette manière, il espérait que l'absence de ses fils lui paraîtrait moins évidente et donc moins cruelle. En revenant dans la cuisine avec le vin, il présenta la chose comme un excellent moyen d'économiser le chauffage pour l'hiver. La salle à manger serait fer- mée. Decker et sa famille emménageraient dans la chambre d'ami et les trois employés du ranch pourraient s'installer dans leur bungalow. Tous savaient qu'Un Coup refuserait de quitter sa hutte où nul n'était jamais entré, hormis Isabel lorsqu'elle tomba malade à l'âge de trois ans et que Un Coup demanda la permission de pratiquer sur elle quelque cérémonie secrète. Toutefois, Ludlow savait que Un Coup gardait dans sa hutte un sac plein de scalps dont un bon nombre coiffaient autrefois des têtes blanches. Mais cela ne le gênait pas et en son for intérieur, il nourrissait même une certaine approbation. Après le dîner, ils jouèrent à la manille et Pet gagna toutes les parties contre Ludlow et Decker dont les facultés d'attention étaient légèrement émoussées par tout le vin et le cognac qu'ils avaient ingurgités. Ludlow demanda à Decker de libérer sa journée du lendemain afin de l'accompagner à la chasse. Decker tenta de se dérober en disant que Un Coup serait bientôt de retour mais ce fut en pure perte. Pet servit un pudding confectionné avec les prunes du verger et Isabel s'endormit sur sa chaise sous l'oeil inquisiteur du blaireau qui reposait sur ses genoux, enveloppé dans un morceau de couverture. A minuit, Ludlow alla se coucher avec le sentiment paisible et réconfortant que le monde était finalement un endroit agréable, que la guerre serait de courte durée et qu'il ferait une bonne chasse avec Decker, le lendemain. Il récita ses prières du soir et exceptionnellement, il en ajouta une au bénéfice de Un Coup que sa qualité de païen rendait certainement imperméable à ce genre d'influence. Peu après trois heures du matin, il se réveilla trempé de sueur, secoué jusqu'au plus profond de lui-même par un rêve si précis qu'il en tremblait encore une demi-heure plus tard. Il venait de voir ses fils mourir dans la bataille tandis qu'il se tenait debout sur un mamelon, impuissant à les secourir ; puis il baissait les yeux, voyait qu'il portait des jambières en cuir d'élan et comprenait qu'il était dans la peau de Un Coup. Il alluma sa pipe en regardant flotter les ombres produites sur le mur par la lampe à pétrole et se demanda où il se trouvait, lui, dans ce rêve. La chose était d'autant plus poignante qu'il se souvenait clairement de cette journée de 1874 où il campait avec ses hommes au pied des collines de Short Pines. Un Coup était arrivé en annonçant avec sérénité que Sitting Bull se dirigeait vers eux depuis la Tongue River à la tête de cinq mille braves. Ludlow et ses soldats sautèrent sur leurs montures et chevauchèrent pendant trois jours et trois nuits pour échapper au piège. Certains hommes s'étaient attachés à leur selle pour ne pas en tomber d'épuisement. Ludlow sortit de sa chambre et marcha dans le grand couloir. Il jeta d'abord un coup d'oeil dans la chambre d'Alfred. Il la trouva remplie d'un bric-àbrac juvénile d'haltères et de manuels d'initiation. Puis il entra dans la chambre de Samuel encombrée de microscopes, de spécimens botaniques, d'un morceau de bois flotté ressemblant de manière surprenante à un épervier et d'animaux empaillés dont une renarde qui le fixait avec un rictus plein de hargne. Par opposition, la chambre de Tristan que Ludlow n'avait pas visitée depuis longtemps apparaissait sévère et dépouillée. (...) Il termina son verre et s'endormit sans éteindre la lampe, de peur que le cauchemar ne revienne avec ses questions angoissantes et ses teintes théâtrales de fatalité inexorable. Ludlow avait assez de raison pour ne pas tenter d'ordonner une existence déjà vécue, mais il nourrissait le sentiment gênant que la seconde existence qu'il vivait à travers ses fils était mal dirigée. Il ne pensait point tant à Alfred et Samuel qui étaient finalement ce qu'ils devaient être ; son souci se portait surtout sur Tristan. Ludlow était homme à donner crédit aux théories scientifiques les plus bizarres, au moins jusqu'à ce (Suite page 138.) 135



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