Lui n°207 avril 1981
Lui n°207 avril 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°207 de avril 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 162

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Pamela, Ariane et... Prudence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LE GRIS DU COEUR Les ranches n'appartenaient jamais à des cow-boys. Ceux-ci n'étaient guère plus que les hippies errants de leur temps, des cosaques de la prairie... (Suite de la page 106.) bourre à canon au milieu des machinations internationales de la politique et de l'économie. Durant un mois, ils furent soumis à un entraînement intensif avant de s'embarquer sur un transport de troupes qui appareillerait de Québec. Alfred reçut rapidement ses galons d'officier et Samuel fut nommé aide de camp en raison de ses connaissances en allemand et de son talent pour déchiffrer les cartes d'état-major. En revanche, Tristan se saoula, se mêla à toutes les bagarres et se conduisit de telle manière qu'il fut relégué aux travaux d'écurie, ce qui lui convenait parfaitement. Il supportait fort mal son uniforme et les exercices l'ennuyaient à mourir. Il aurait déserté depuis longtemps s'il ne s'était pas senti lié par la loyauté qu'il devait à son père et la tâche de veiller sur Samuel. Sinon, il y avait beau temps qu'il aurait volé un cheval et serait reparti vers le sud sur les traces de Un Coup... Près de Choteau, William Ludlow (colonel en retraite du génie de l'Armée des Etats-Unis) ne pouvait plus trouver le sommeil. Il avait pris froid le matin où ses fils étaient partis de la maison et il demeura couché durant toute une semaine, fixant l'horizon à travers la fenêtre de sa chambre orientée au nord, attendant les nouvelles que lui ramènerait Un Coup, aussi maigres et futiles soient-elles. Il écrivait de longues lettres à son épouse qui passait l'hiver dans sa propriété de Prides Crossing, près de Boston. Elle possédait également une résidence dans Boston même afin de pouvoir encore être chez elle lorsqu'elle rentrait de ses soirées à l'opéra ou au concert. Elle aimait le Montana de mai à septembre, mais elle aimait tout autant reprendre chaque automne le train qui la ramenait aux élégances de Boston, une habitude assez répandue chez les riches éleveurs de l'époque. Contrairement à la notion généralement répan- Ses deux lames serties dans une cartouche compacte et fine restent en contact quasi permanent avec votre peau. Même aux endroits difficiles  : les pommettes, sous le nez, sous le menton... Des espaces spéciaux entre les deux lames rendent le rinçage facile et rapide. due, les ranches n'appartenaient jamais à des cow-boys. Ceux-ci n'étaient guère plus que les hippies errants de leur temps, des cosaques de la prairie, connaissant les bêtes mieux qu'ils ne se connaissaient eux-mêmes. Certains ranches parmi les plus importants du Montana appartenaient à des aristocrates anglais ou écossais qui n'y mettaient pratiquement jamais les pieds. (L'un d'eux, sir George Gore, un rustre irlandais de race douteuse, avait provoqué la fureur des Indiens en venant massacrer près d'un millier d'élans et autant de bisons au cours de ce qu'il appelait « un voyage d'agrément ».) Ludlow envoyait à sa femme des lettres douloureuses. Elle avait insisté pour que Samuel soit préservé de la guerre. L'année précédente, elle se faisait une joie sans cesse renouvelée de ces déjeuners du samedi, à Boston, lorsque son fils cadet venait lui parler de la semaine extraordinaire qu'il GiIIettc
LE GRIS DU COEUR Il en arrivait même à lui pardonner de s'être absenté une semaine, juste après le repas de ses fiançailles, pour suivre l'Indien sur les traces d'un ours grizzly... venait de vivre à Harvard. Elle avait cajolé et dorloté son dernier-né avec d'autant plus de passion que cela n'avait guère été possible avec Alfred qui se montrait massif et méthodique depuis sa prime enfance, pas plus qu'avec Tristan qui, lui, était carrément ingouvernable. En septembre, un mois après Sarajevo, elle se disputa avec son mari et quitta le ranch presque aussitôt (il lui fallait au moins trois jours pour faire ses bagages). A présent, Ludlow se disait qu'il aurait dû retenir Samuel, ne serait-ce que pour satisfaire sa mère. Celle-ci avait ramené de l'Est une jeune cousine nommée Susannah avec l'idée qu'elle ferait une excellente épouse pour Alfred. En fait, Susannah se fiança avec Tristan. Ce choix amusait Ludlow qui avait une faiblesse pour l'inconduite notoire de son puîné. Il en arrivait même à lui pardonner d'être parti juste après le repas de fiançailles et de s'être absenté plus d'une semaine Contour iVM TÊTE PIVOTANTE 4 pour suivre Un Coup sur les traces d'un ours grizzly qu'on soupçonnait d'avoir tué deux vaches. Ludlow était allongé sur son lit à baldaquin, feuilletant les albums qui retraçaient sa vie, l'esprit aiguisé par une légère fièvre. Il était arrivé à un âge où sa perception généralement sentimentale des choses était maintenant remplacée par une vision ironique du monde et de ses occupants ; le passé devenait un marécage épais d'où il se sentait incapable d'extraire la moindre conclusion. A soixante-quatre ans, sa santé et sa vigueur étaient intactes et ses parents octogénaires vivaient encore en Cornouailles. Cela signifiait qu'à moins d'un accident, il vivrait probablement plus longtemps qu'il ne le souhaitait vraiment. Entre deux pages d'un album, il retrouva un poème dérisoire, composé durant son séjour à Vera Cruz. Il remarqua avec amusement qu'il l'avait collé auprès d'une coupure de presse qui traitait de la fécondité des morues. Sa carrière d'ingénieur des mines l'avait mené dans le Maine, à Vera Cruz, à Tombstone dans l'Arizona, à Mariposa en Californie ainsi que dans les mines de cuivre de la péninsule du Michigan. Il s'était marié à trente-cinq ans et d'un côté comme de l'autre, le choix des conjoints apparaissait curieux  : son épouse était la fille d'un banquier immensément riche du Massachusetts. La fortune de sa femme n'avait joué aucun rôle dans sa résolution aussi subite qu'absurde de fonder un foyer. Il était lui-même confortablement nanti et depuis trente ans, il percevait chaque mois les revenus d'une mine d'argent de Vera Cruz qui se montaient à cinq cents livres sterling. Au cours de l'époque, cela représentait un appoint régulier d'environ quarantehuit mille dollars par an. Mais cette petite fortune se couvrait de poussière dans la banque d'Helena où il se rendait plusieurs (Suite page 132.) GILLETTE. TOUJOURS UNE TÈTE D'AVANCE.



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