Lui n°207 avril 1981
Lui n°207 avril 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°207 de avril 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 162

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Pamela, Ariane et... Prudence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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MAGOUILLES DANS LA BARBOUILLE « Vous n'êtes pas aux Etats-Unis, à faire du shopping. Ces peintures sont des tableaux vo-lés. Si la police vous prend avec, ça signifie cinq ans de taule... » (Suite de la page 72.) ventes aux enchères et un classeur contenant des photos en couleur. Il m'expliqua qu'il était spécialisé dans l' « ancien ». Il espérait que mes préférences n'allaient pas à l'art moderne. - Pas du tout, dis-je. Votre galerie est magnifique ! Est-ce la totalité de ce que vous avez à vendre ? Walter et Angelo éclatèrent de rire. - John, reprit Walter, comme s'il expliquait les réalités de la vie à un enfant de quatre ans, ici, vous n'êtes pas aux Etats-Unis, à faire du shopping. Ces peintures sont des tableaux vo-lés. On ne peut pas se promener avec — si la police vous prend, cela signifie cinq ans de taule pour possession illlégale. Vous comprenez ? Ce n'est pas légal. Je n'aime pas beaucoup ça, mais Barry m'a dit que vous vouliez voir des tableaux volés, alors... — Dans ce cas, pourquoi ces tableaux sont-ils ici - Angelo a des certificats. Vous voulez acheter un tableau ? Facile. La police ne sait pas. Interpol ne sait pas. Si vous voulez acheter, vous payez Angelo, vous prenez l'avion pour Dallas, déclarez à la douane, pas de problème. - J'aimerais quand même voir les autres. - Oh, fit Walter. Mais je n'aime pas beaucoup cette histoire. Angelo commença à feuilleter les brochures, s'arrêtant de temps en temps pour me désigner les tableaux qu'il pouvait fournir  : ici un Bellini, là un Jordaens, là encore un Veronese. Les prix étaient relativement bas pas plus de deux ou trois mille dollars pièce. Pendant ce temps, Barry allait et venait nerveusement, jusqu'au moment où il explosa - Walter, tout ça ne vaut pas un clou. Il faut expliquer à Angelo que John n'a pas fait tout ce chemin pour regarder des trucs qu'on peut trouver à New York. On est pressés, et on n'a pas le temps de s'intéresser à des broutilles. L'associé de John veut un chef-d'oeuvre. Si Angelo n'a rien, j'irai 116 voir le Comte. Walter traduisit rapidement, tandis qu'Angelo malaxait son triple menton. « Combien voulez-vous mettre ? » fit ce dernier. « L'argent n'a pas d'importance, répondis-je, je paierai le prix. » « Quel dommage que vous soyez venu si tôt, soupira Angelo. Le mois prochain, j'aurai des choses intéressantes. Pour le moment, j'ai un Luca Giordano, un Jan Fyt et un Memling. » « Ah ! nous y voilà... » commenta Barry, qui n'avait pas la moindre idée de qui étaient Giordano ou Memling. Angelo refusa de me montrer des photos. Il prétentit qu'elles étaient trop dangereuses à transporter, et que les tableaux se trouvaient à Bergame, dans son château. « Il parle de sa villa, dit Walter, à une cinquantaine de kilomètres de Milan. » Angelo promit les trois tableaux pour le lendemain. Je lui demandai de bien vouloir me donner par écrit les références exactes et les prix, pour en discuter avec mon associé, au téléphone. Angelo griffonna sur un bout de papier  : Luca Giordano, 1680, La Cena di Caana. Olio su tela. 12 000 000 lires. Jan Fit (sic), 60 x 80, « Natura Morta », 1670 (Ndlr  : Jan Fyt est mort en 1661) 12 000 000 lires. Memling, « Tavola Fiamminga Firmata e Datata », 1467, 115 x 74, 20 000 000 lires. En retournant au Hilton, dans la voiture, Barry demanda à Walter s'il avait pu contacter le Comte. Celui-ci se trouvait à Lugano, et il ne serait peut-être pas de retour avant la fin du week-end. « Malheureusement, ajouta Barry, on ne peux pas téléphoner au Comte et demander à voir ses tableaux. Personne n'appelle le Comte. C'est lui qui vous appelle. » Tôt le matin suivant, Walter téléphona pour nous fixer rendez-vous à onze heures, à une adresse sur le Corso Garibaldi. Nous nous y rendîmes en taxi. C'était un carrefour très animé, avec des bars et des boutiques aux quatre coins, et nous entrâmes dans un de ces bars pour tuer le temps. « Le nombre d'heures que j'ai pu passer dans ce genre d'endroit ! dit Barry en sirotant son café. Parfois, j'ai l'impression d'avoir passé la moitié de ma vie à attendre. » C'était un bar typiquement milanais. Il comportait en tout et pour tout  : un comptoir, une vitrine contenant des montres et des calculatrices de poche, deux ou trois tables poussiéreuses et un Space Invaders. Un hautparleur crachait une chanson des Bee Gees. Après une demi-heure d'attente, Walter passa la tête dans l'entrebaîllement de la porte et nous fit signe de le suivre. Il nous fit faire le tour du pâté de maisons, s'engagea dans une ruelle, franchit une grille, traversa une cour et nous entraîna dans un escalier. Il y avait trois portes sur le palier du premier étage, dont une marquée de la lettre I. Walter appuya sur la sonnette. Un homme qui ressemblait vaguement à Norman Mailer nous accueillit et s'excusa, dans un anglais excellent, du désordre dans lequel se trouvait son studio. La pièce était remplie de meubles de style contemporain chaises design et divans au ras du sol - et renfermait une importante collection d'oeuvres modernes. Au passage, je crus reconnaître des Braque et des Klee. Après les présentations d'usage l'homme s'appelait Daniele - je montrai le lingot d'argent et la conversation habituelle s'engagea  : Daniele souhaitait s'assurer de la pureté du métal, il fallait comprendre, nous étions en Italie. « Je ne suis pas amateur d'art, précisa Daniele, mais de tableaux « volés ». Nuance. Je suis un capitaliste. » J'expliquai à Daniele que j'étais mandaté pour acheter des tableaux, mais que mon associé ne m'avait donné que de vagues indications sur ce qu'il souhaitait acquérir. J'exprimai un intérêt particulier pour les toiles de maître. « Je peux vous en trouver, dit Daniele, mais cela prendra du temps. Je suis spécialisé dans l'art contemporain. Est-ce que cela vous intéresse ? » (Suite page 120.)



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