Lui n°206 mars 1981
Lui n°206 mars 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°206 de mars 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 139 Mo

  • Dans ce numéro : les fantasmes des nanas... et Clio Goldsmith.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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JEUX DE CASH-CASH « Récemment, il s'est fait expulser du Costa Rica. Il avait réussi à acheter deux gouvernements au grand complet. Le troisième lui a été fatal ! » Lui Quel système ? Cornfeld Tous les dirigeants de ma société, engagés, je le précise, par mes soins, en étaient également les principaux actionnaires. Très gros actionnaires. A partir de cette émission publique en 1969, ils sont tous devenus millionnaires en dollars. Chacun a reçu le choc du pactole à sa façon. Certains se sont retirés, fortune faite. Les autres ont continué. Ils ont laissé leur argent dans les actions de la société cotée en bourse. Le jour où les actions ont commencé à descendre, ils ont paniqué. Il faut comprendre que tous étaient de nouveaux riches. Avant de travailler avec moi, la plupart d'entre eux n'avaient pas d'argent. Notre ancien directeur pour l'Italie, par exemple, avait été chauffeur de taxi. Lui Ce n'était pas un peu imprudent d'engager un chauffeur de taxi pour des opérations financières internationales ? Cornfeld Avant d'être directeur, il avait été vendeur. Un vendeur de génie. Seul, son talent lui a permis d'accéder à ces fonctions. J'engageais des gens à des postes modestes. Ils se révélaient sur le tas. Le chauffeur avait de telles qualités qu'il avait réussi à fanatiser ses propres vendeurs. Mettez-vous à sa place. Il s'aperçoit un jour que le fruit de son travail perd 75% de sa valeur sur le papier. Alors, lui et quelques autres se mettent à douter. Ils se tournent vers l'extérieur pour trouver un sauveur providentiel. Lui Qu'est-ce que vous leur avez dit à ce moment-là ? Cornfeld Qu'ils faisaient une bêtise. Les seuls qui pouvaient redresser la barre, c'était nous-mêmes. Ils ont eu peur. Ils ont eu le choix entre la Banque Rothschild et un financier nommé John King, dont les offres étaient encore supérieures à celles des Rothschild. Ils ont donc opté pour John King, malgré mon avis défavorable. Dans le contrat qui leur était proposé, il était stipulé que je devais quitter la présidence de ma société. Je me suis incliné, j'ai démissionné. John 62 King n'a assumé ses responsabilités que pendant deux mois. Il a alors été remplacé par Robert Vesco. Et Vesco était un voleur. Lui I1 est parti avec la caisse ? Cornfeld Mieux que ça. Il avait à ses côtés un adjoint, un Canadien nommé Leblanc, expert comptable. Un jour, ce Leblanc a désigné une petite mallette à un de mes amis qui m'a raconté la scène plus tard  : « Combien croyezvous que je puisse mettre d'argent làdedans, en billets de cent dollars ? » Mon ami n'en savait rien. « Trois cent mille dollars », a précisé Leblanc. Et il a ajouté  : « Mais si je bourre la même mallette de diamants, je peux y faire entrer entre douze et quinze millions de dollars ». Lui C'est ce qu'a fait Vesco ? Cornfeld Je connais un type, en Californie, un ancien pilote. Il parle français. Il m'a raconté qu'il était lui-même aux commande du Lear Jet qui a convoyé 50 millions de dollars en billets et en diamants entre San Francisco et San José de Costa Rica. Lui Avec Vesco ? Cornfeld Sans. Lui On l'a retrouvé, Vesco ? Cornfeld Récemment, il s'est fait expulser du Costa-Rica. Il avait réussi à acheter deux gouvernements au grand complet. Le troisième lui a été fatal. Toute la campagne électorale avait été basée sur son expulsion. Le type qui est devenu président n'a été élu que parce qu'il avait promis de le virer sitôt arrivé au pouvoir. Ce qui fut fait. Aujourd'hui, Vesco est aux Bahamas. Lui Et personne ne l'arrête ? Cornfeld L'Amérique a essayé de le faire extrader, mais sans succès. A mon sens, il a trouvé là-bas un gouvernement aussi compréhensif que celui du Costa Rica. Vous savez, quand un touriste débarque dans un pays avec un milliard de dollars, il est plutôt bien accueilli ! Lui Matériellement, comment emporte-t-on une telle somme ? Cornfeld Quoi de plus facile pour le patron d'un organisme financier ? On fait des transferts en douce, de banque à banque, à Panama, aux Bahamas, en Amérique du Sud ou ailleurs. Lui Et personne n'a eu vent de ces prélèvements ? Cornfeld Si, mais trop tard. Le S.e.c. Security Exchange Commissions. L'organisme américain qui contrôle tous les mouvements des actions. Ce sont eux qui ont porté plainte pour la première fois pour un détournement de 224 millions de dollars. Ce chiffre, ils pouvaient le prouver. D'autres experts ont estimé qu'il était audessous de la vérité, que le vol s'élevait à 500 millions de dollars. Je les trouve trop modestes. A mon sens, Vesco a raflé plus d'un milliard de dollars. Lui Rien n'a été récupéré ? Cornfeld Si. A Londres, par exemple, 50 millions de dollars qui avaient été placés à la National Westminster Bank. Pourtant, Vesco n'était pas tombé de la dernière pluie. Entre la Westminster et lui, une cinquantaine d'autres banques éparpillées sur la planète, chacune faisant écran à l'autre  : on ne pouvait plus savoir quelle banque avait prêté à l'autre. Lui Comment, dans une société qui verse des intérêts aux actionnaires, un Vesco peut-il s'emparer d'un milliard ? Cornfeld A l'I.o.s., l'argent je veux dire les actions étaient dans la Banque de New York. Lui Je croyais que c'était en Suisse ? Cornfeld On avait deux grandes banques. L'argent liquide, oui, au Crédit Suisse. La Banque de New York, elle, était dépositaire des actions. Quand une action était vendue, le produit liquide de cette vente passait au Crédit Suisse. Dès qu'un de nos fonds de placement faisait un investissement en actions à la Banque de New York, Vesco le transférait en Suisse où l'action était instantanément convertie en liquide. Vesco a perfectionné le système. Dans un premier temps, il a exclu du circuit la Banque'de New York pour la remplacer par une petite banque du New (Suite page 125.)



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