Lui n°206 mars 1981
Lui n°206 mars 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°206 de mars 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 139 Mo

  • Dans ce numéro : les fantasmes des nanas... et Clio Goldsmith.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIEN « J'ai en vain essayé d'expliquer à Amin Dada que je ne possédais pas de stocks dans ma cave, et que je devais avoir un bon de commande en bonne et due forme... » (Suite de la page 32.) de ma résidence de Londres, l'autre dans un salon du rez-de-chaussée. C'était assez drôle mais ce n'était pas un exploit. Durant la Seconde Guerre mondiale, la firme Oerlikon n'a-t-elle pas parfois dû recevoir à des étages différents, en raison de la neutralité de la Suisse, des délégués de différents pays en guerre les uns contre les autres ? Mes marges bénéficiaires viennent du fait que je sais choisir les armes que l'on va me demander, que je peux les stocker en attendant que les prix montent et que je bénéficie de la confiance des uns et des autres. Par exemple, la mitrailleuse allemande Mg 42 de la Seconde Guerre mondiale est très recherchée et mes clients savent pertinemment que je traite avec leurs adversaires, que je sais donc combien d'obusiers, de mitrailleuses, de bazookas ou de fusils d'assaut j'ai vendus aux uns et aux autres. Et pourtant, ils traitent toujours avec moi. Sans que j'aie à leur donner des pots de vin. Lui Et le trafiquant, que fait-il, lui ? Cummings Le trafiquant ? Il vend des armes qu'il n'a pas. Il vend à n'importe qui, il n'a pas pignon sur rue, il ne traite pas avec des gouvernements et il n'offre aucune garantie. Il y a quelques années, j'ai reçu un appel téléphonique. C'était Idi Amin Dada alors au faîte de sa puissance. « Vous ne savez peut-être pas qui je suis m'a-t-il dit mais moi je sais qui vous êtes. Mon avion personnel va se rendre en Belgique pour prendre livraison d'une Mercedes. J'ai donné ordre à mon pilote de faire escale à Nice. Je voudrais que vous y fassiez charger tel et tel stock d'armes... » J'ai éclaté de rire et j'ai en vain essayé de lui expliquer que je ne possédais pas de stocks d'armes dans ma cave à Monte- Carlo, que je devais avoir un bon de commande établi en bonne et due forme par un gouvernement légal il l'était à cette époque et qu'enfin il me fallait l'agrément du gouvernement britannique ou américain. Il n'a pas compris et son avion s'est quand même posé à Nice. Un de mes collaborateurs se trouvait à l'aéroport et il a simplement remis au pilote mon catalogue et nos tarifs. Depuis, je n'ai plus jamais eu de contact avec Idi Amin mais j'ai su qu'il avait été très déçu. Un trafiquant aurait accepté le marché. Il aurait demandé une avance, il aurait cherché les armes et peut-être les aurait-il trouvées. Mais il n'aurait demandé aucun agrément du gouvernement américain, du gouvernement britannique ou, pour les régions sous influence française, du gouvernement français. Il y a quelques années également, M. Claustre s'est présenté chez moi, en plein désarroi et cherchant, le pauvre, à sauver par tous les moyens la vie de sa femme. Dans sa mallette, il avait des millions. Il m'a présenté une liste d'armes qu'Hissen Habré exigeait en échange de la liberté de sa femme. Le sort de ces deux êtres était dramatique. Mais j'ai refusé car je ne pouvais pas traiter en lieu et place du gouvernement français. Un trafiquant n'aurait pas hésité, même sachant comme ce fut le cas qu'il ne pouvait respecter ses engagements. Lors du conflit indo-pakistanais, un émissaire du gouvernement d'Islamabad m'a contacté pour acheter deux sousmarins afin d'aller couler l'unique porte-avions que possédait alors l'Inde. J'ai refusé. D'abord parce que je ne traite pas d'autres armes qu'individuelles et pas plus lourdes que les mitrailleuses ou les petits obusiers. Ensuite parce qu'il fallait enfreindre l'embargo décidé par les grandes puissances. Un autre marchand d'armes que je connais a pourtant accepté et l'affaire a été réalisée... Lui Mais pourquoi achète-t-on à Sam Cummings plutôt qu'au gouvernement américain ou britannique ? Cummings Parce que, bien souvent, les gouvernements acheteurs ne veulent pas tomber sous l'emprise des grandes puissances qui leur imposeront d'autres conditions que commerciales au moment de leur fournir des pièces détachées et des munitions. Avec un marchand d'armes, aucune implication politique ne s'ajoute aux clauses commerciales. Cela dit, lorsque les gouvernements britannique ou américain acceptent de m'accorder les licences d'exportation, cela signifie une prise de position et les véritables trafiquants d'armes ne sont en réalité que les gouvernements. Lui Vous vivez à Monte-Carlo comme sir Basil Zaharoff, le célèbre marchand d'armes de la Première Guerre mondiale, et pourtant on dit que vous n'aimez ni la munificence, ni la grande vie. Pourtant, vous êtes riche et vous êtes même un personnage de roman ? Cummings Je sais ! Rizzoli a fait réaliser un film avec Alberto Sordi, dont j'étais le héros, et des romans d'espionnage me présentent bardé de bagues, de colliers et signant des ordres d'opérations de toute sorte. En fait, ma ressemblance avec Basil Zaharoff s'arrête à notre profession commune et à ma résidence, pour des raisons de commodité, à Monte-Carlo. C'est tout. J'ai horreur des casinos même si j'y accompagne parfois des émirs. Je me couche à huit heures et je me lève à cinq heures. Je vais aux sports d'hiver avec ma femme et mes enfants dans notre châlet et je voyage en seconde classe dans les trains car je considère qu'on arrive en même temps que les premières et pour moins cher. Je préfère, quand je le peux, envoyer une lettre plutôt que de téléphoner, et mieux, une carte postale au lieu d'une lettre. C'est moins cher. Mais je sais profiter de la vie. J'aime la bonne chère. J'apprécie le confort et je descends dans les meilleurs hôtels. Mais je ne possède pas ma banque. Du moins pas encore. Et si je l'ai un jour, je ne ferai pas crédit car ce n'est pas prudent et c'est en prêtant de l'argent que l'on compromet sa fortune. Or, je veux être riche, très riche un jour, car j'ai connu les lendemains sans pain. J'ai définitivement pris pour devise  : « Mieux vaut être que paraître... » (Propos recueillis par Albert Zarca.) 35



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