Lui n°206 mars 1981
Lui n°206 mars 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°206 de mars 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 139 Mo

  • Dans ce numéro : les fantasmes des nanas... et Clio Goldsmith.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 114 - 115  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
114 115
RUE DE LA... POMPE Ma mère a été obligée de prendre un avocat même qu'elle a dû lui donner des provisions et que c'est à cause de ; a qu'on a rien eu dans le frigo pendant un mois. (Suite de la page 112.) Ma mère, elle avait attendu qu'il revienne du boulot et puis elle avait brandi le caleçon comme un martinet en criant  : « Salaud ! Et ça, c'est aussi les pompiers ? » Roger, il s'était défendu en disant que c'était pas du rouge, mais du sang, que ça devait être des homo roides ou quelque chose comme ça, mais ma mère, qui n'était pourtant pas très forte en géographie, savait très bien que le trou de balle ne se trouve pas en face de la braguette. Roger, il avait continué à mentir et à raconter que ce jour-là il avait dû mettre son slip à l'envers comme le roi Dagobert, n'empêche que ça n'avait pas pris et que ma mère avait emmené le caleçon de Roger au laboratoire de la Samaritaine là où on analyse les produits dénigrés par cinquante millions de consommateurs dans « C'est la vie ». Comme le type du labo était un copain de ma mère et qu'il téléphonait tout le temps en province sans qu'elle le cafte, mais qu'au contraire elle le couvrait, il lui a dit la vérité, à savoir que c'était bien du rouge à lèvres et pas du tout du sang d'homo roides. Alors ma mère, toute fière de sa victoire morale, voulut en savoir plus et apprit par l'analyse que c'était du Helena Rubinstein, teinte fraise des bois. A partir de là, ma mère s'était mise à regarder sous le nez de toutes les femmes du quartier dans l'espoir qu'elle retrouverait la criminelle. Dès qu'elle avait un moment de libre, elle fonçait chez Madame Bonnot, la marchande de légumes, ou chez les soeurs Tardieu, les jumelles qui tenaient la charcuterie ou même carrément chez Madame Bertrand, la coiffeuse, et elle restait là à faire la causette et la détective jusqu'au jour où elle a vu arriver, justement chez la coiffeuse, une espèce de grande bringue avec des bottes en cuir jusqu'aux cuisses et des seins jusqu'au menton, avec en plus une bouche peinturlurée au Helena Rubinstein, couleur fraise des bois. Tout de suite elle lui a demandé si son ascenceur n'était jamais tombé en 114 panne et comme l'autre a répondu oui, alors ma mère l'a giflée très fort en la traitant de pute. La pauvre, qu'est-ce qu'elle avait fait là ! D'abord la fille n'était pas pute mais chercheuse auC.n.r.s., là où on construit le monde scientifique de demain comme dit Laurent Brumaide dans son émission à la télé, et ensuite elle était protégée par un député de gauche qu'on voyait souvent rentrer chez Lip, si bien que la chercheuse porta plainte pour coups et blessures et que ma mère a été obligée de prendre un avocat même qu'elle a dû lui donner des provisions et que c'est sans doute à cause de ça qu'on n'a rien eu dans le frigo pendant au moins un mois. Roger, il avait dit que les avocats c'étaient des affameurs du peuple, à cause justement qu'ils se faisaient payer en provisions, comme s'ils ne pouvaient pas aller eux-mêmes au marché ou bien y envoyer leur bonne. Maman, elle l'avait drôlement mauvaise, vu que c'était payer très cher pour un pompier et que si elle avait su, eh bien elle aurait pas cherché à savoir d'où venait le rouge, mais elle se serait plutôt vengée avec un voisin ou un collègue de bureau. De toute façon elle avait dit que Roger allait s'en mordre les doigts de s'être fait éteindre le feu dans un ascenseur et qu'il ne perdait rien pour attendre. Roger, il avait laissé passer l'orage parce qu'il en avait vu d'autres depuis l'invasion des Russes à Budapest jusqu'à celle de Kaboul et que dans ces cas-là il avait l'habitude de se faire tout petit en attendant que ça passe. Roger, il était communiste comme Monsieur Papin qui vend des gravures air aux tiques et ils allaient ensemble à la cellule du quartier tous les mercredis soir. Evidemment Roger rentrait bourré de vin et aussi bourré d'idées nouvelles pour le bien du quartier, même qu'une fois il s'en était pris aux gens qu'avaient des chiens et notamment à un psikiatre qui venait tous les soirs devant l'immeuble, juste le temps que son berger laisse tomber sa crotte sur le trottoir. Le psikiatre, Monsieur Lourmel, il avait dit que c'était pas sa faute et qu'il ne pouvait pas obliger son chien à faire ailleurs parce que ça le traumatiserait. Monsieur Lourmel, il charriait bien sûr d'avoir répondu ça et c'est pourquoi Roger avait vu rouge et qu'il s'était précipité sur le bonhomme en l'obligeant à mettre le nez dans la crotte de son chien. Et maintenant, avait dit Roger, qui c'est qui sera traumatisé ? Le plus étrange c'est que le berger n'était pas intervenu pour défendre son maître et qu'il avait assisté à la bagarre en remuant la queue. Il trouvait ça drôle, le chien, et pendant que le psikiatre s'essuyait le nez avec un rouleau de sopalin que la concierge, Madame Rodriguo, avait amené gentiment, Roger s'était mis à lire un article paru dans l'Huma Dimanche où il était question de la propreté des trottoirs parisiens. Le journaliste disait qu'il faudrait faire comme à Nouillorque et obliger les maîtres à se balader avec un petit sac et une pelle. Le psikiatre, qui avait repris un peu du poil de la bête, répliqua que ça ne risquait pas d'arriver à Moscou parce que là-bas les chiens, on les mange. Mademoiselle Olga, qu'est propriétaire d'une galerie de peinture à côté de chez nous et qui buvait le thé avec Cynthia, avait applaudi la réplique de Monsieur Lourmel et pourtant tout le monde savait dans le quartier qu'entre elle et lui c'était pas tous les jours dimanche. Olga, elle devait avoir l'âge de ma mère, dans les quarante ans, et à la suite d'un chagrin amoureux, elle avait fait l'année dernière une déprime de première, si bien qu'Estelle Léandri, la mère de Benoît, qu'est actrice à la télé et qui a tourné plusieurs fois dans « Au théâtre ce soir » l'avait présentée à Monsieur Lourmel, lequel avait déjà soigné la déprime de Madame Léandri survenue à la suite d'une contrariété professionnelle, parce que Robert Hossein n'avait pas voulu d'elle pour faire la femme de Robespierre au Palais (Suite page 116.)
XR3 by FORD La phénomène des phénomènes. La synthèse ultime d'une technologie que peu de voitures de cette classe sont capables d'atteindre aujourd'hui. 182 km/h chrono en vitesse de pointe. De 0 à 100 km/h en 9,7 secondes. CX 0,375. Nouveau moteur CVH 1,6 litre transversal. 8 CV Carburateur Weber double corps. Culasse hémisphérique en alliage léger. Soupapes en V à angle composite. Arbre à cames en tête. Consommations  : 6,9 I à 90 km/h, 8,9 I à 120 km/h, 10,2 I en ville. Jantes en alliage léger. Pneus taille basse standard. Traction avant 4 roues indépendantes. Témoins de fonctionnement à microprocesseurs. Montre digitale multifonctions. Sièges baquets anatomiques. 2 rétroviseurs extérieurs réglables de l'intérieur. En options  : toit ouvrant transparent et basculant, verrouillage central des portes et hayon, vitres électriques. XR3  : 47.000 F prix clés en main (hors frais d'immatriculation) au 26.9.80, modèle 81. FORD ESCORT ; ? r FORD ESCORT VOITURE DE L:ANNEE 1981 Légendaire robustesse et sécurité.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 206 mars 1981 Page 1Lui numéro 206 mars 1981 Page 2-3Lui numéro 206 mars 1981 Page 4-5Lui numéro 206 mars 1981 Page 6-7Lui numéro 206 mars 1981 Page 8-9Lui numéro 206 mars 1981 Page 10-11Lui numéro 206 mars 1981 Page 12-13Lui numéro 206 mars 1981 Page 14-15Lui numéro 206 mars 1981 Page 16-17Lui numéro 206 mars 1981 Page 18-19Lui numéro 206 mars 1981 Page 20-21Lui numéro 206 mars 1981 Page 22-23Lui numéro 206 mars 1981 Page 24-25Lui numéro 206 mars 1981 Page 26-27Lui numéro 206 mars 1981 Page 28-29Lui numéro 206 mars 1981 Page 30-31Lui numéro 206 mars 1981 Page 32-33Lui numéro 206 mars 1981 Page 34-35Lui numéro 206 mars 1981 Page 36-37Lui numéro 206 mars 1981 Page 38-39Lui numéro 206 mars 1981 Page 40-41Lui numéro 206 mars 1981 Page 42-43Lui numéro 206 mars 1981 Page 44-45Lui numéro 206 mars 1981 Page 46-47Lui numéro 206 mars 1981 Page 48-49Lui numéro 206 mars 1981 Page 50-51Lui numéro 206 mars 1981 Page 52-53Lui numéro 206 mars 1981 Page 54-55Lui numéro 206 mars 1981 Page 56-57Lui numéro 206 mars 1981 Page 58-59Lui numéro 206 mars 1981 Page 60-61Lui numéro 206 mars 1981 Page 62-63Lui numéro 206 mars 1981 Page 64-65Lui numéro 206 mars 1981 Page 66-67Lui numéro 206 mars 1981 Page 68-69Lui numéro 206 mars 1981 Page 70-71Lui numéro 206 mars 1981 Page 72-73Lui numéro 206 mars 1981 Page 74-75Lui numéro 206 mars 1981 Page 76-77Lui numéro 206 mars 1981 Page 78-79Lui numéro 206 mars 1981 Page 80-81Lui numéro 206 mars 1981 Page 82-83Lui numéro 206 mars 1981 Page 84-85Lui numéro 206 mars 1981 Page 86-87Lui numéro 206 mars 1981 Page 88-89Lui numéro 206 mars 1981 Page 90-91Lui numéro 206 mars 1981 Page 92-93Lui numéro 206 mars 1981 Page 94-95Lui numéro 206 mars 1981 Page 96-97Lui numéro 206 mars 1981 Page 98-99Lui numéro 206 mars 1981 Page 100-101Lui numéro 206 mars 1981 Page 102-103Lui numéro 206 mars 1981 Page 104-105Lui numéro 206 mars 1981 Page 106-107Lui numéro 206 mars 1981 Page 108-109Lui numéro 206 mars 1981 Page 110-111Lui numéro 206 mars 1981 Page 112-113Lui numéro 206 mars 1981 Page 114-115Lui numéro 206 mars 1981 Page 116-117Lui numéro 206 mars 1981 Page 118-119Lui numéro 206 mars 1981 Page 120-121Lui numéro 206 mars 1981 Page 122-123Lui numéro 206 mars 1981 Page 124-125Lui numéro 206 mars 1981 Page 126-127Lui numéro 206 mars 1981 Page 128-129Lui numéro 206 mars 1981 Page 130-131Lui numéro 206 mars 1981 Page 132-133Lui numéro 206 mars 1981 Page 134-135Lui numéro 206 mars 1981 Page 136-137Lui numéro 206 mars 1981 Page 138