Lui n°206 mars 1981
Lui n°206 mars 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°206 de mars 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 139 Mo

  • Dans ce numéro : les fantasmes des nanas... et Clio Goldsmith.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 108 - 109  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
108 109
RUE DE LA... POMPE Le lendemain toute la classe savait que l'institutrice mettait un coeur-croisé, mais aussi et surtout, qu'elle avait le zizou complètement rasé... toujours en travers de la gorge. Longtemps j'ai cherché pourquoi ça faisait mal à la gorge de mon père quand ma mère mamourait avec Roger et je serais peut-être encore en train d'essayer de comprendre si Pouska Rudesco, qui habite à côté avec son frère Miska, ne m'avait expliqué qu'il s'agissait d'une image, d'une métaphore, comme dit Mademoiselle Moreuil, la maîtresse. D'ailleurs, autant vous prévenir tout de suite  : Mademoiselle Moreuil c'est à la fois notre maîtresse à nous et celle du père de Pouska, même qu'un soir où sa femme était à Megève pour se guérir d'une dépression, Monsieur Rudesco l'a fait venir chez lui et qu'ils se sont enfermés dans la chambre nuptiale pour étudier la géographie de leurs corps, là où coulent les rivières du plaisir, comme dirait la mère de Benoît Léandri, qui est actrice de théâtre à la télé. Bon, juste avant que les amants n'éteignent pour s'étreindre pour pas se regarder dans le blanc des yeux, les deux frères ont collé les leurs au trou de la serrure et c'est comme ça que le lendemain toute la classe savait que l'institutrice mettait un coeur-croisé Playtex, mais aussi et surtout, qu'elle avait le zizou complètement rasé. Mohammed, qui habite la rue des Saints-Pères avec son père qu'est laveur de vitres, nous avait dit que chez lui au Maroc toutes les femmes étaient imbarbes et que c'était la religion qui voulait ça, parce que les poils ça fait cochon et que justement le cochon on n'a pas le droit d'en manger. Mohammed, c'est le plus petit de la classe, mais pas le plus bête. L'ennui, c'est qu'il est élevé dans la rue par faute que son père n'a pas d'heure pour rentrer et encore moins pour sortir, car des fois il ne revient pas du tout à cause des supplémentaires et des clientes qui le gardent à dîner quand elles ont envie, elles aussi, que Monsieur Propre leur donne un coup comme sur les vitres. Mais ça ne fait rien, Mohammedc'est un bon copain malgré qu'il soit arabe et que son émission préférée 108 soit Mosaïques. Quand il ne sait pas où aller ou quand il n'a plus rien dans son frigo, on se le partage tous un peu. Un jour il est chez moi, un autre chez les Rudesco, un autre chez les Léandri, et c'est vachement pratique pour nous parce que quand il y en a un qui fait une bêtise, on lui met aussitôt sur le dos. Mohammed, non seulement il s'en fout de se faire engueuler à notre place, mais en plus il aime ça. Il est comme Jésus, quand on lui claque une fesse il tend l'autre. Un jour on jouait au foute dans la rue de Lille et vlan ! voilà le ballon en plein dans le carreau de Mademoiselle Cynthia, une Anglaise à moitié vieille fille, c'est-àdire que du bas elle fait jeune et du haut plutôt très âgée. Le mieux, c'est ses jambes et son derrière, même que de dos, avec son Lee Cooper bien serré et ses cheveux ras, on pourrait la prendre pour un Rocker. Bien sûr, quand on la regarde en face c'est pas la même chose, elle ressemble plutôt à la Mère Denis sauf que, elle, c'est pas une vedette. La Cynthia, elle habite un rez-de-chaussée sans rideaux, même qu'on vient la regarder l'hiver à la sortie de l'école quand les jours sont si courts qu'ils ont mis leurs minijupes. Tout de suite, la voilà qui sort comme une furie, enveloppée dans son peignoir de bain, et elle crie qu'il faut que le coupable ait le courage de s'approcher. C'est moi qui avait chouté, mais évidemment c'est Mohammedqui y a été car il savait très bien qu'en payant pour moi, il payait en même temps pour toutes les glaces qu'il se tapait à la maison et qu'il savourait entre amis avec délectation, comme s'il arrivait juste de voyage pour se taper une tasse de café Jacques Vabre. Nous, on est restés dans la rue à attendre, et quand il est ressorti au moins une heure plus tard, tout rouge et tout décoiffé, il nous a raconté qu'il s'était mis à raidir pendant la fessée comme pendant une dramatique quand y en a deux qui s'embrassent sur la bouche. En voyant la quéquette qui pointait sous le pantalon du survê- tement Adidas, trop petit pour Benoît Léandri, et que sa mère avait donné à Mohammedplutôt qu'aux réfugiés cambodgiens, la Cynthia la lui avait prise entre les doigts comme si ça avait été une Malle Boro à la menthe mais elle avait pas osé l'allumer parce que la fumée c'est pas bon pour la santé, comme dit Madame Veil à la télé. Mohammed, il avait voulu lui ouvrir le peignoir pour voir comment c'était fait sous la culotte et elle lui avait expliqué que ça n'était pas le bon moment, mais qu'il pourrait revenir dans trois ou quatre jours. Mohammedse doutait bien qu'elle employait Corolle fraîcheur, le tampon périodique double épaisseur avec sa pochette plastique jetable, mais il ne comprenait pas pourquoi elle ne pouvait pas mamourer comme tout le monde alors que la publicité disait qu'on pouvait continuer à vivre comme si de rien n'était, et même faire du ski, de la planche à voile et du jogging. Corolle fraîcheur, au fond, c'était presque aussi bien que le Club méditerranée. Le lendemain Cynthia rencontra le père de Mohammedchez Madame Bonnot, la marchande de légumes de la rue des Saints-Pères, et elle lui raconta à l'envers et à haute voix ce qui était arrivé. En apprenant que Mohammedavait cassé un carreau pour violer Mademoiselle Cynthia, les clientes du magasin insultèrent le père en criant qu'il y en avait marre des travailleurs immigrés et que si ça continuait, on allait les reconduire chez eux. Seul, Monsieur Papin, le marchand d'estampes qui vendait de l'air aux tiques, prit la défense des Arabes, mais ça c'était plutôt pour la forme parce que tout le monde savait que Monsieur Papin mamourait la petite Portugaise qui était justement livreuse chez Madame Bonnot. Monsieur Papin, il vivait seul dans son arrière-boutique pleine d'images défendues et de toiles d'araignée ; n'empêche que toutes les semaines la petite Portugaise arrivait chez lui avec un cageot sur la tête et qu'elle en repartait chaque (Suite page 112.)
Je t'assure, Josette, tu n'as aucune chance de passer dans « Lui » si tu refuses de quitter ta culotte ! 109



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 206 mars 1981 Page 1Lui numéro 206 mars 1981 Page 2-3Lui numéro 206 mars 1981 Page 4-5Lui numéro 206 mars 1981 Page 6-7Lui numéro 206 mars 1981 Page 8-9Lui numéro 206 mars 1981 Page 10-11Lui numéro 206 mars 1981 Page 12-13Lui numéro 206 mars 1981 Page 14-15Lui numéro 206 mars 1981 Page 16-17Lui numéro 206 mars 1981 Page 18-19Lui numéro 206 mars 1981 Page 20-21Lui numéro 206 mars 1981 Page 22-23Lui numéro 206 mars 1981 Page 24-25Lui numéro 206 mars 1981 Page 26-27Lui numéro 206 mars 1981 Page 28-29Lui numéro 206 mars 1981 Page 30-31Lui numéro 206 mars 1981 Page 32-33Lui numéro 206 mars 1981 Page 34-35Lui numéro 206 mars 1981 Page 36-37Lui numéro 206 mars 1981 Page 38-39Lui numéro 206 mars 1981 Page 40-41Lui numéro 206 mars 1981 Page 42-43Lui numéro 206 mars 1981 Page 44-45Lui numéro 206 mars 1981 Page 46-47Lui numéro 206 mars 1981 Page 48-49Lui numéro 206 mars 1981 Page 50-51Lui numéro 206 mars 1981 Page 52-53Lui numéro 206 mars 1981 Page 54-55Lui numéro 206 mars 1981 Page 56-57Lui numéro 206 mars 1981 Page 58-59Lui numéro 206 mars 1981 Page 60-61Lui numéro 206 mars 1981 Page 62-63Lui numéro 206 mars 1981 Page 64-65Lui numéro 206 mars 1981 Page 66-67Lui numéro 206 mars 1981 Page 68-69Lui numéro 206 mars 1981 Page 70-71Lui numéro 206 mars 1981 Page 72-73Lui numéro 206 mars 1981 Page 74-75Lui numéro 206 mars 1981 Page 76-77Lui numéro 206 mars 1981 Page 78-79Lui numéro 206 mars 1981 Page 80-81Lui numéro 206 mars 1981 Page 82-83Lui numéro 206 mars 1981 Page 84-85Lui numéro 206 mars 1981 Page 86-87Lui numéro 206 mars 1981 Page 88-89Lui numéro 206 mars 1981 Page 90-91Lui numéro 206 mars 1981 Page 92-93Lui numéro 206 mars 1981 Page 94-95Lui numéro 206 mars 1981 Page 96-97Lui numéro 206 mars 1981 Page 98-99Lui numéro 206 mars 1981 Page 100-101Lui numéro 206 mars 1981 Page 102-103Lui numéro 206 mars 1981 Page 104-105Lui numéro 206 mars 1981 Page 106-107Lui numéro 206 mars 1981 Page 108-109Lui numéro 206 mars 1981 Page 110-111Lui numéro 206 mars 1981 Page 112-113Lui numéro 206 mars 1981 Page 114-115Lui numéro 206 mars 1981 Page 116-117Lui numéro 206 mars 1981 Page 118-119Lui numéro 206 mars 1981 Page 120-121Lui numéro 206 mars 1981 Page 122-123Lui numéro 206 mars 1981 Page 124-125Lui numéro 206 mars 1981 Page 126-127Lui numéro 206 mars 1981 Page 128-129Lui numéro 206 mars 1981 Page 130-131Lui numéro 206 mars 1981 Page 132-133Lui numéro 206 mars 1981 Page 134-135Lui numéro 206 mars 1981 Page 136-137Lui numéro 206 mars 1981 Page 138