Lui n°203 décembre 1980
Lui n°203 décembre 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°203 de décembre 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 234

  • Taille du fichier PDF : 224 Mo

  • Dans ce numéro : Anicee Alvina style Lui.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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TOUT GROS TOUT BEAU Les phalanges cassées à ce jeu ne se comptaient plus et on disait reconnaître les distingués membres du club de pêche de Catalina à leur main gauche plâtrée ! l'énorme marlin rendu fou par la piqûre de l'hameçon secoue son grand rostre avant de démarrer sur la queue à plus de quatre-vingts kilomètres à l'heure, et vous arrache trois cents mètres de dacron avant que vous ayez pu ajuster le talon de la canne dans son godet... Tout s'est passé si vite... Il y a trente secondes à peine, vous somnoliez dans le siège de combat, bercé par le ronronnement des moteurs et le clapotis de la houle contre la coque du Bertram ; et maintenant, alors que le fil continue de se dérouler à une vitesse folle dans un bruit de crécelle, que votre Penninternationnal 80 fume, vous êtes arc-bouté contre le plat-bord arrière, les deux mains agrippées sur cette canne qui plie, plie encore, avec la sensation d'être aussi impuissant que si vous aviez harponné un train de marchandise. Heureusement, le skipper qui n'en est pas, lui, à son premier marlin, a anticipé la folle course du poisson et, virant largement avant que celui-ci ne plonge, va vous permettre de récupérer une bonne partie de votre ligne. Car maintenant, il va vous falloir mouliner, et à toute allure, et vous ne regrettez pas de vous être entraîné depuis une semaine à cet exercice stupide qui consiste à tourner le plus vite possible la manivelle d'un moulinet, dans une chambre d'hôtel, jusqu'à ce que les muscles de votre avant-bras vous fassent mal... La manoeuvre a réussi, et vous n'êtes plus qu'à une centaine de mètres du grand poisson quand il se décide à plonger. Vous ressentez maintenant toute sa formidable puissance, transmise à vos épaules par les courroies du harnais qui supporte la canne et le moulinet, et, bien calé dans le siège de combat, vous vous préparez à la longue lutte que vous avez déjà vécue cent fois en rêve... C'est en Californie, le ler juin 1898, que fut capturé à la canne et au moulinet le premier « tout-gros ». Il s'agissait d'un thon rouge de cent quatre-vingt-trois livres anglaises et l'heureux pêcheur, Charles F. Holder, 170 fonda l'année suivante avec quelques adeptes de ce nouveau sport, le Catalina Tuna Club du nom de l'île au large de laquelle cette capture avait été réalisée. Et ce que Frédéric Halford, quelques années auparavant, en transformant un passe-temps de manant en un sport de gentleman, avait apporté à la pêche à la truite, les très aisés sportsmen du Catalina Club le firent pour la pêche du gros en édictant eux aussi des règles très strictes que tous les membres devaient s'engager à respecter. Ce n'était plus tant la capture qui comptait, mais la façon dont celle-ci avait été réalisée. Pour être membre du Catalina, il convenait d'avoir capturé selon les règles c'est-à-dire avec une canne légère et une ligne de vingtquatre brins au maximum un thon de plus de cent livres. Les lignes de l'époque étaient en lin tressé qu'il fallait rincer à l'eau douce, dérouler, et soigneusement faire sécher après chaque partie de pêche. Une ligne de vingt-quatre brins avait une résistance d'environ cinquante livres et ces merveilleux fous pêchant sur leurs drôles de barques s'attaquèrent dès le départ aux deux espèces de poissons encore considérées aujourd'hui comme les plus combatives  : le thon et l'espadon. Le véritable handicap était représenté par le freinage du poisson qui, une fois ferré, prenait le large à toutes nageoires, car les moulinets de l'époque n'étaient que de grosses bobines, contenant trois à quatre cents mètres de ligne, et assujetties d'une manivelle. Et cette manivelle, tournant en sens inverse à la vitesse que l'on, peut imaginer quand le thon prenait la fuite, le pêcheur n'avait alors pour seule ressource que de presser fortement une pièce de cuir sur la bobine avec sa main droite, dans le but de ralentir suffisamment celle-ci afin que sa main gauche puisse se saisir de la manivelle avant que toute la ligne ne se soit déroulée. Les phalanges cassées à ce jeu ne se comptaient plus et, à San Francisco, on disait reconnaître les distingués membres du Catalina Club à leur main gauche bardée ou plâtrée un mois sur deux ! Ces pionniers ne se découragèrent pas pour autant et d'ailleurs, très vite, l'un deux, William Boschen, sans doute agacé par l'inaction forcée que ces doigts plâtrés entraînaient, inventa en 1911 le premier moulinet avec frein incorporé, à peu près tel que nous le connaissons aujourd'hui. Et pour prouver le bon fonctionnement de sa machine, il captura deux ans plus tard, toujours à Catalina, le premier espadon de l'histoire du « big game », un magnifique poisson de trois cent cinquante-huit livres. Le premier, il entra dans la légende. Devaient le suivre les Zane Grey, Lerner, Marron, Hemingway, Farrington, authentiques sportsmen, mais également toute une pléiade de pêcheurs qui n'avaient de sportif que le nom. Car si, au Catalina, on était entre gentlemen, l'engouement pour le « big game f ishing » avait, dès le début des années trente, fait tant d'adeptes dont certains ne voyaient dans ce sport qu'un moyen de se propulser dans la jet society —, qu'il convenait d'y séparer le bon grain de l'ivraie. Hemingway, qui n'aimait pas les tricheurs, pressentit le premier la nécessité de règles internationales cette fois applicables à tous, et donc d'un organisme capable de les faire appliquer et respecter. En 1937, préfaçant le livre de Kip Farrington sur la Pêche sportive dans l'Atlantique, il écrivait  : « Le développement de la pêche au « toutgros » a été retardé pendant de nombreuses années par un matériel inadapté à ces grands poissons. Aujourd'hui, cette pêche est en passe de devenir sans aucun intérêt du point de vue sportif, à cause justement du développement ces dernières années d'un matériel trop efficace... Les équipements disponibles aujourd'hui trouvent trop souvent leur justification au travers du désir bien compréhensible de guides de pêche qui veulent faire prendre de gros (Suite page 205.)



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