Lui n°202 novembre 1980
Lui n°202 novembre 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°202 de novembre 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 184 Mo

  • Dans ce numéro : filles de fame !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PORCS D'ARMES Des petites annonces rédigées avec des précisions de masseuse suédoise  : « Colt 63. Bon état. Parfait pour le voyage. Se glisse facilement sous l'oreiller... maintenant, ma femme et mes gosses dormiront tranquilles ! » Dehors, sur le trottoir de Mission St, tabassé par un soleil blanc, un Indien, saoûl à crever, gueulait datas l'oreille d'un Blanc saoûl à crever  : « Tu m'as volé mes terres, fils de pute ! ». Souriant toujours, le boutonneux les longea sans les voir. Puis il rentra chez lui, deux rues plus loin. Et, pour d'obscures raisons, flingua sa femme qui venait de placer sa dernière assiette dans son lave-vaisselle automatique... Les flics noirs et blancs qui s'amenèrent peu après, avertis par le boutonneux luimême, l'embarquèrent, lui et son Mauser, sans lever un sourcil. A croire que c'était monnaie courante, des mecs comme ça. Achetant un flingue à 11 h 5 du matin. Et lui faisant cracher la mort à 11 h 12. Si ça l'était, pourquoi est-ce qu'on le leur vendait ?...C'est la question que je posai, le lendemain, au vendeur de la Foire aux Armes. Son oeil bleu dit  : « Quelle question à la con ! » Sa bouche, elle, m'expliqua quand même qu'après les sept jours d'attente requis aux Etats- Unis pour l'achat d'un flingue, le dossier du boutonneux, expédié, selon l'usage, au F. b.i., était revenu impeccable. Le boutonneux n'était pas un de ces étrangers illégalement faufilé aux Etats-Unis pour leur ôter le hamburger de la bouche, aux Américains. Il n'avait jamais été en taule. Ni en clinique psychiatrique... « D'accord, il se trouve qu'il était cinglé quand même ! Mais ça, hein, comment voulez-vous vérifier ? » soupira-t-il. «...Pour le reste, je n'avais aucune raison de le lui refuser, son flingue ! Parce que je vous l'ai dit, que ça vous plaise ou pas, d'après la loi, ce bonhomme, Madame, il était en règle ! ». Ils l'étaient aussi ces deux jeunes qui, à New York, l'année dernière, flinguèrent ce pâtissier qui leur proposait du « gâteau roulé danois », à la place de la tarte aux pommes qu'ils avaient réclamée... Ce mari de Détroit, à Noël dernier, en voiture avec son épouse. Et d'un coup, paf, la panne d'essence. 70 « Et espèce de salope tu aurais pu y penser ! » Et il ouvre la boîte à gants. Et il la flingue... Cet étudiant de Chicago, il y a trois mois, flinguant son père à la sortie d'un match de baseball «...parce que ce con disait que le match était truqué ! »... Ce dentiste de l'Etat de Virginie, la semaine dernière. Flinguant un motard père de sept enfants qui, sur l'autoroute, venait de le faire stopper pour excès de vitesseEt les autres... Ces jaloux qui flinguent leur salope... Ces pères qui flinguent leur fille... Ces énervés qui flinguent leur voisin... Ces coléreux du supermarché qui flinguent l' « enfoiréqui-s'était-démerdé-pour-se-faireservir-avant-moi » Ces Américains qui, d'après statistiques, achètent un revolver toutes les treize secondes aux States ! Dans un sens, on se demande comment ils feraient pour ne pas l'acheter. Car ils sont là, partout, qui leur font de l'oeil, les Colts, les Winchester, les Browning, les Deringer, les Mauser, les Savage... Dans la vitrine de ce magasin de Madison Avenue exhibant, en juin dernier, un stock de Remington racheté d'occasion à un surplus militaire avec la pancarte « Le cadeau parfait pour la Fête des Pères »... Dans celle d'une rue commerçante de Chicago montrant, l'an dernier encore, un revolver à deux barillets de fabrication persane. Et la légende  : « Le shah lui-même a personnellement testé chacun de nos spécimens... » Dans celle de Pasadina, faubourg à verdures de Los Angeles, balançant à longueur d'année sous l'oeil du passant une collection de Beretta... Et leur panneau publicitaire  : « Le choix de l'homme de goût »... Dans celles de Tir, magasin géant de la Bay Aerea où s'approvisionnent les membres du Parti nazi, même que vous pouvez acheter le casque à croix gammée qui va avec... Dans des milliers d'autres... Et aussi dans les sous-sols de tous ces grands magasins inoffensifs, genre Galeries Lafayette... Et aussi dans ces boutiques d'articles de sports s'étalant à la chaîne, et qui, sur leurs onze étages, leur en réservent deux... Et aussi entre les pages couleurs de centaines de magazines spécialisés  : Le protecteur du citoyen, Revolvers, Armes et munitions, L'homme et son arme... et leurs petites annonces rédigées avec des précisions de masseuse suédoise  : « Colt 1963 Bon état Parfait pour le voyage Se glisse facilement sous l'oreiller ou au creux d'une poche Elégant Léger Prix à débattre ». Même que c'est dans Le fusil américain qu'Oswald se dégotta la carabine Mannlicher- Carcano qui lui servit à flinguer le président Kennedy... A la préfecture de police de San Francisco, un commissaire à nez grêlé et ancêtres irlandais, m'a dit  : « Qu'estce que vous voulez, l'Amérique s'est bâtie à coups de flingues ! C'est une partie regrettable de notre Histoire ! Mais, ce que les Européens ne veulent pas comprendre, c'est que, ici, du temps du vieil Ouest, se procurer un flingue, ça ne posait de problème à personne ! » C'est sûr, ça n'en posait pas à Jesse James qui se baladait dans les rues à poussière de Kansas City, un Colt et un Smith & Wesson rebondissant sur ses fesses moulées de cuir. Et une carabine Winchester à l'épaule. Avec un arsenal comme ça, mon vieux, en quinze ans, il cassa onze banques, dévalisa neuf trains, pilla sept diligences. Quel mec... Ni à Billy le Kid. Lui, mon vieux, c'était un spécialiste du guet-apens. Même que, avec son Thompson, il pouvait tirer de derrière n'importe quel bosquet touffu sans jamais rater son coup. Quel type... Ni à Calamity Jane. Une salope bien roulée. Née dans le bordel de sa mère, à Deadwood City. Chevauchant un pur-sang du tonnerre. A sa ceinture, le Colt offert par son premier amant. Le journal de l'époque disait d'elle  : « Son tir qui ne manque jamais son homme fait que... tous les hommes sont ses amis ! ». Quelle bonne femme... Ni à Billy le Sauvage. Lui, (Suite page 88.)
— Non ! ça fait déjà trois fois que je vous dis que c'est une erreur !



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