Lui n°202 novembre 1980
Lui n°202 novembre 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°202 de novembre 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 184 Mo

  • Dans ce numéro : filles de fame !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ODYSSEXE Les participants ne devaient jamais oublier le dialogue que, d'entre les cuisses de l'institutrice où était enfoui son visage... un ventriloque tint avec sa marionnette (Suite de la page 192.) sité de fantasmes pour se remonter la libido. C'est là que, dès le premier soir, il participa à une scène de groupe, agréable récréation que rehaussait la présence stimulante du docteur Comfort ; et les participants ne devaient jamais oublier le dialogue que, d'entre les cuisses de l'institutrice où était enfoui son visage, un très fameux ventriloque tint avec sa marionnette absente. C'est à Sandstone que Talese découvrit et apprécia les joies du nudisme ; et sans être le moins du monde bisexuel, il s'accoutuma à la promiscuité d'hommes nus et à en saluer certains, devenus des amis, par une embrassade aussi naturelle qu'une poignée de mains. Mais tout n'était pas toujours agréable, et en particulier les aprèsmidi où se retrouvaient entre eux les dix résidents permanents (la « famille » de John Williamson) qui, dans l'ensemble, se montraient assez froids visà-vis de Talese, sceptiques sur ses intentions, et ne se gênaient pas pour lui demander pourquoi il n'avait pas emmené sa femme. Au bout d'un mois, Williamson lui-même commença à se montrer distant et inamical, comme s'il se reprochait d'avoir fait une bêtise en offrant à son invité de demeurer autant qu'il le voudrait, mais préférait le mettre mal à l'aise plutôt que lui dire de partir. Talese mit d'abord cela sur le compte de la nature taciturne de Williamson, dont l'avait averti Mac Grady ; ou peutêtre était-ce là une de ces épreuves que le gourou imposait aux étrangers dési- reux de vivre la haut, parmi les nudistes tant bien que mal les journées, et attendant impatiemment l'arrivée de la nuit qui ramenait le joyeux carrousel des membres du club. Supporter les ondes lourdes des silences williamsoniens et l'ostracisme de la famille n'était pas très difficile à cet homme habitué à être traité en étranger  : son passé l'avait familiarisé avec ce rôle. Paroissien italo-américain dans une église américano-irlandaise, appartenant à la minorité catholique d'une ville à majorité protestante, étudiant du Nord dans une université sudiste, ce jeune homme conventionnel, invariablement en costume-cravate, ce constipé avait choisi par vocation l'un des rares métiers prisés habituellement par les frégolis et les funambules de l'intellect  : le journalisme, qui lui donna la possibilité de surmonter sa timidité innée, de satisfaire sa curiosité effrénée et d'explorer la vie d'individus qu'il considérait comme plus passionnants que lui-même. Et comme on pouvait le prévoir, il s'attacha à ceux qui divaguaient loin des sentiers battus, aux errants anonymes de New York, aux pontonniers itinérants perchés sur les poutrelles d'acier, aux excentriques du monde de la presse, aux enfants de la Mafia, aux contrebandiers de la littérature interdite, aux ex-étudiantes devenues masseuses et, là, chez Williamson, aux pionniers de la non-propriété. Mais enfin, même pour un individualiste comme Talese, qui se vantait de son aptitude à supporter longtemps des gens insup- portables si une bonne histoire devait l'en récompenser, la patience avait néanmoins des limites dont il se rendait compte qu'elles étaient atteintes quand, un après-midi, la porte du pavillon où il logeait s'ouvrit sans préavis sur le sourire modeste et réservé de Mme Williamson, nue. Tandis qu'il restait assis devant sa machine, elle vint se placer derrière lui et entreprit de lui masser doucement le dos, les épaules et le cou. Puis, après peu de mots et moins encore de résistance, il se laissa conduire vers le lit où ils firent l'amour. C'était la première fois qu'une femme l'attaquait aussi directement et son corps s'y plia aussi aisément que son esprit. Après cet intermède, et après seulement, Barbara Williamson se mit à parler librement, se confiant à lui comme elle ne l'avait jamais fait (...) Un soir, Talese rentra chez lui pour trouver la maison silencieuse et une enveloppe sur la table de la salle à manger. Sa femme l'informait qu'elle quittait la maison, sans dire quand elle reviendrait. Par l'entêtement inconsidéré qu'il mettait à raconter aux journaux ce qui ne les regardait pas, écrivait-elle, il avait méconnu le droit qu'elle avait à l'intimité, auquel elle tenait par-dessus tout. Elle profitait de l'occasion pour le mettre en garde contre la sincérité de sa démarche intellectuelle qui allècherait peut-être quelques lecteurs de magazines mais le couvrirait de ridicule. (...) Extraits de La femme du voisin, par Gay Talese. Copyright Julliard 1980. marklin mini-club, le tout petit train qui vow
BOURGOGNE  : NEUF SUR LE PLAT Les escargots de Bourgogne — pardon, de race bourgogne — prennent maintenant l'autoroute. Beaucoup ont l'accent des pays de l'Est, certains arrivent tout préparés... (Suite de la page 107.) Lui présente donc des « cuisiniers en Bourgogne », et un de leurs compères bressans, Georges Blanc et non la cuisine de Bourgogne. Les dames, Céline Menneveau et Edith Remoissenet, sont relativement plus enracinées dans le terroir, Ducloux nous a servi (hors service) un formidable coq au vin, un vrai grand méchant coq de ferme, mais nos amis prennent presque tous leurs distances avec les traditions locales galvaudées. Peu nombreuses pour un pays si vaste, les vedettes à la toque utilisent les produits du coin, sans plus  : les huîtres, chaudes naturellement, le foie gras, le homard et le turhot l'emportent dans leur panier sur ses poissons de la pauchouse, sur l'andouillette et le judru, bonnes charcutailles n'ayant rien à faire, il est vrai, sur des tables étoilées. Seule, la volaille de Bresse reste vraiment en lice, sans toutefois mettre k.o. la saint-Jacques. Nous n'en pleurerons pas dans la meurette, leur cuisine étant formidable, mais aurions plaisir, un jour, à présenter des restaurants où l'on mange à l'ancienne... et bien. Cela nécessitera une sérieuse enquête et la complicité des gens du pays, auxquels nous demanderons de ne pas nous envoyer dans les pièges à touristes... Ayant depuis longtemps délaissé les petits chemins dans les vignes, les escargots de Bourgogne pardon  : « de race bourgogne » prennent maintenant l'autoroute. Beaucoup ont l'accent des pays de l'Est, certains arrivent tout préparés chez les gargotiers pour se faire réchauffer. Sont-ils encore les symboles de la gastronomie bourguignonne, avec le jambon persillé stressé d'avoir été préparé des siècles à l'avance, avec les coqs au vin à la silhouette de poulet et l'époisses à la puanteur maintenant standardisée ? Quelques braves bistrots et bons petits restaurants mis à part, sur lesquels on ne tombe pas facilement, ça vole plutôt bas dans les cuisines ducales  : tels les dormeurs, ces escargots en hibernation ayant clos leur coquille d'un opercule, maints restaurateurs ayant pignon sur rue se sont assoupis alors que les confrères d'autres provinces rajeunissaient et extrapolaient leurs recettes. Pas de témérité au pays du Téméraire  : manquerait-il un Daguin ou des Haeberlin pour galvaniser les troupes ? Parée de monuments merveilleux ou attendrissants, belle et diverse, productrice de vins somptueux, la Bourgogne s'est figée comme une vieille sauce dans ses traditions culinaires, répétant machinalement les recettes inusables. En attendant le sursaut, l'apparition d'autres Meneau, d'autres Billoux, et en souhaitant aux familles restauratrices des fils tels Jacques Lameloise ou Georges Blanc, nous ne pouvons croire les dépliants touristiques proclamant la région fascinée par la table. Est-ce bien à Dijon, « capitale de la gastronomie », prétend un panneau, que nous avons eu droit à des sauces si épaisses, après les inévitables saint-Jacques décoquillées servies au fort de l'été ? Il est vrai qu'un grand restaurant dijonnais se proclame « le rendez-vous gastronomique des gens de bonne compagnie », et que seuls les voyous s'étonnent d'étouffer avec une estouffade écroulée. Nous n'avons rien contre les plats substantiels et les sauces vigoureuses, au contraire, mais détestons l'inertie, le réchauffé quand il n'y a pas lieu de réchauffer, et le régionalisme abâtardi. Que la gastronomie traditionnelle bourguignonne ne s'adapte pas facilement aux goûts actuels, c'est un fait et ce n'est pas forcément un mal  : nous ne demandons pas aux cuisiniers et cordons bleus de jouer les précieuses ridicules et savons qu'on fait les meilleures salades sans langouste ni foie gras. Il suffirait de se souvenir qu'une meurette réussie ne manque pas de finesse, que des écrevisses se pêchent encore en Saône, que les poissons d'eau douce et le vin blanc ne manquent pas pour la pauchouse. En attendant la résurrection du vrai bon jambon persillé, nous irons chez les chefs présentés par Lui, chez Parra (un autre immigré !) à l'Ermitage de Corton, à la Côte d'Or de Nuits-Saint- (eorges, au Moulin de Bouilland, charmant moulin dont la carte, trop progressiste à certains égards, conserve de savoureux et astucieux plats régionaux. Gourmandises toutes dorées que réalisent particulièrement bien les pâtissiers et boulangers de l'Yonne, quelques gougères tièdes nous mettront en appétit  : elles sont toujours à la mode, en tant que bouchées apéritives. Jacques-Louis Delpal. donne des idées de grandeur mâikIIn Reconstituer la gare de Lyon ? Impossible il y a quelques années le plus petit train électrique du monde. sans posséder un hangar. Maintenant avec Màrklin Mini-Club ec à l'échelle 1/220e, c'est parfaitement réalisable. Qui peut le plus, peut le moins. Vous pouvez aussi l'installer ° J, a/atòG ` ` e` plus modestement dans un tiroir, sur une table basse, dans une valise (pour faire rire les copains). Vous retrouverez dans Màrklin Mini-Club toutes les qualités qui ont contribué à la//vte, a Qa renommée mondiale des trains Màrklin  : solidité, simplicité, la petitesse *plus. a o Pour Noël, offrez-vous vos souvenirs d'enfance., J 6\6"\<'36)\§00*/et J°e. oJ aa Ga S at` J55/Q a/. Seti oJ5 eae oaJ. C° ta a\5 e GQ`QveQovee0e.J, a eQee G.°àe,c,(9‘ a Jô vtaO J ON ate s 5 tite 4 Q Q° ti.` P P



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