Lui n°202 novembre 1980
Lui n°202 novembre 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°202 de novembre 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 184 Mo

  • Dans ce numéro : filles de fame !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ODYSSEXE Les femmes payaient des hommes pour qu'ils leur lavent les cheveux ou dessinent leurs vêtements, mais elles ne paieraient pas un coït sur carte de crédit... (Suite de la p.183.) recrutaient principalement chez des pauvres filles sorties du ruisseau, illettrées ou presque, ayant toujours des histoires de drogues et rarement séduisantes. Mais le genre « masseuse avec diplôme universitaire » lui plaisait beaucoup, type de prostituée avec laquelle « le cave » pouvait parfois s'entretenir d'autre chose que de cul. Nombreux étaient les habitués des massages qui, comme Talese, n'appréciaient pas le vice solitaire. Pour eux, être caressé par une jolie fille, avec cette présence physique d'une femme avec laquelle il pouvait y avoir quelque communication, quelque compréhension, n'était certes pas de l'amour, mais quelque chose d'agréable, de plaisant, d'amusant. Et au cours des mois, Talese en vint à voir les masseuses comme des espèces d'infirmières, ou plutôt de thérapeutes parallèles. Comme des millions de personnes payaient tous les jours des psychiatres pour se faire écouter d'eux, le client des salons payait pour se faire toucher. Et si les habitués étaient comme Talese, ce dont il était convaincu par ses conversations et ses lectures des agendas, leur péché mignon ne diminuait en rien leurs ardeurs conjugales. Il semblait même que beaucoup d'époux désirassent davantage leur femme les soirs qui suivaient une petite séance d'après-midi, comme si les officiantes avaient stimulé leurs élans sexuels, comme si les types se sentaient mieux, plus heureux chez eux et plus désireux de faire plaisir à leur femme au lit, ou autrement. Après son stage derrière le bureau de La Vie secrète et pendant le suivant à La Terre du Milieu, dans la 51e Rue Est, Talese réalisa un jour que jamais le téléphone n'avait résonné d'une voix de femme demandant si de jeunes masseurs étaient disponibles pour le plaisir des dames. Celles-ci ne pouvaient pas ne pas être informées  : il y avait des affichettes collées aux dossiers des taxis, sur les murs des maisons et dans les journaux comme le 186 Post ou Village Voice, qui promettaient des satisfactions sensuelles pour hommes et femmes. Talese était bien persuadé qu'il y avait dans New York des ribambelles de personnes du sexe, veuves sur le retour, vieilles filles, femmes d'affaires ou commerçantes d'âge moyen, qui eussent pris un plaisir de chatte à un massage en milieu de journée avec des mignardises érotiques, y compris une minette ou une bonne tringle dans l'atmosphère odorante et cossue d'un salon d'Elizabeth Arden ou d'un luxueux club sportif pour dames. On avait fait une grosse publicité pour un établissement de ce genre installé dans un bon hôtel de l'East Side, mais, faute de voir accourir les gourmandes vers ses jeunes masseurs, il avait fermé ses portes. On en avait conclu que la gent féminines refusait de payer pour ce genre de service. Les femmes payaient des hommes pour qu'ils leurs lavent les cheveux ou dessinent leurs vêtements ou apaisent leurs psychismes ou fassent tomber leur ventre, mais elles ne donneraient pas d'argent en échange d'une masturbation, d'un cunnilingus ou d'un coït sur carte de crédit. De même, expliquèrent à Talese des hommes bien placés pour en parler, on se méprenait complètement sur le rôle du gigolo ; bien sûr, il y avait des femmes fortunées qui en entretenaient, mais ces minets leurs servaient de cavaliers servants ou de fils bien plus que d'amants. Beaucoup de greluchons étaient pédés, lui dit-on, et les rombières qui les maternaient étaient souvent traitées à leur insu, jusque par leurs accompagnateurs stipendiés, de mémé-tata ». Apparemment, le pénis en soi n'était pas un article très demandé sur le marché sexuel américain, sauf pour les invertis. Rares étaient les femmes à réagir au spectacle d'une verge érigée, à moins que l'homme qui venait après ne fût cher à leur coeur. Sans même parler du danger potentiel qu'il pouvait y avoir à lever un type seul dans un lieu public, l'hétérosexuelle moyenne ne prenait pas plaisir à forniquer sans intimité sentimentale ou attirance personnelle pour son partenaire. Si c'était de l'orgasme seul qu'elle avait besoin, elle recourait plutôt, dans le secret de sa chambre, à un vibrateur en forme de pénis, plutôt que.d'embaucher l'instrument ad hoc d'un inconnu. Un spécialiste des tensions conjugales dit un jour pour à Talese  : « La femme rejette l'équipement génital d'un mâle inconnu aussi naturellement que le fait l'organisme humain de tout corps étranger, virus microscopique ou greffon incompatible. Le mot-clé, ladedans, c'est "étranger" ; si un homme est inconnu d'une femme, son pénis est étranger à celle-ci ; elle n'est pas disposée à l'accepter en elle car cela constituerait une invasion de son être. Mais si ce pénis n'est pas anonyme, s'il est une partie de quelqu'un qu'elle connaît, qu'elle apprécie, en qui elle a confiance, alors elle pourra le recevoir en elle, l'englober, s'harmoniser avec lui... » Il était donc logique, continua l'expert, que fût nulle la réaction des femmes aux photos d'hommes nus, ce que bien des femmes confirmèrent ultérieurement à Talese ; il n'y en avait pratiquement pas à se masturber devant l'image d'un inconnu dévêtu, quelque beau ou bien monté que fût le modèle. Si les étalages regorgeaient de magazines « de femmes » pour hommes, il n'y avait qu'un élégant périodique, Playgirl, qui proposât des jules à une hypothétique clientèle féminine ; un autre mensuel, Viva, s'était lancé dans cette voie et avait fini par disparaître. En 1973, Talese visita les principales villes d'Europe pour déterminer si les femmes du Vieux Continent que n'affectaient pas les vestiges du puritanisme avaient davantage le goût pour des mercenaires du sexe dans les salons de massage (appelés parfois saunasclubs) ou pour les représentations dans les magazines de la nudité masculine ; mais les Européennes ne semblaient pas différentes de leurs soeurs de New York. Ni à Londres, (Suite page 188.)
Une larme de Courvoisier pour un flot de souvenirs. COURVOISIER 4 COGNAC



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