Lui n°202 novembre 1980
Lui n°202 novembre 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°202 de novembre 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 184 Mo

  • Dans ce numéro : filles de fame !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENJEU D'ENFER Le regard bleu sombre, lointain, décrivit un cercle lent, panoramiquant tout autour de la table, passant successivement sur les visages et les mains sans paraître les voir... (Suite de la p.170.) allaient par la suite le caractériser  : tout d'abord, s'agissant du tirage au sort des places, Sarkissian tira le roi de carreau, hasard qui, lors des parties suivantes, devait se reproduire pratiquement une fois sur deux. Sa place une fois déterminée, Sarkissian s'y installa, disposant sa chaise avec soin et mesurant discrètement la distance entre son abdomen et le rebord de la table, distance qu'il vérifia en interposant la largeur de sa paume. Il avait posé la mallette debout sur le sol, contre le pied avant gauche de sa chaise. De la poche intérieure de son veston, il retira une vieille montre de gousset en argent, gravée au dos des initiales Hts. Il la remonta et, quelques secondes avant la première donne, en mit les aiguilles à zéro heure zéro minute ; puis il la posa devant lui, légèrement sur sa droite. Il fit ensuite tourner la chevalière, la replaçant dans l'axe du doigt, puis, doigts écartés, appuya ses paumes sur le tapis de la table durant quelques secondes, un peu comme ce geste qu'ont, par exemple, les joueurs de tennis de table. Nous jouerons donc quatre heures. Et enfin, le regard bleu sombre, lointain, décrivit un cercle lent, panoramiquant tout autour de la table, passant successivement sur les visages et sur les mains sans paraître les voir. Cette partie-là connut deux moments très particuliers. Le premier de ces moments se situa lorsque, interrogé par Lammers sur son activité ordinaire, Ben Sarkissian répondit de sa voix indifférente, ses yeux fixant pensivement un point situé juste au-dessus de la tête de Van Heeren  : Je suis employé à la banque de Monsieur Van Heeren, à l'agence centrale de Williams Street. Je pousse des chariots dans la salle des coffres. Pendant quelque temps, avant qu'on m'attribue ce poste de confiance, je balayais les couloirs, évidemment pas ceux de la direction générale, qui sont réservés à des balayeurs expérimentés. Un silence. 174 — Ce qui explique sans doute que Monsieur Van Heeren et moi n'ayons pas encore eu l'occasion de nous rencontrer. Le deuxième moment prit place à trois heures quarante-cinq du matin, à quelques secondes près, le samedi 8 juin. La main de Ben Sarkissian s'allongea et reprit la montre de gousset. Nous avons joué quatre heures, ditil de sa voix calme et mélodieuse. Et j'ai perdu exactement vingt mille dollars. Il souriait, l'air rêveur de quelqu'un pensant à tout à fait autre chose. Coudes proches de son torse, il se tenait très droit, ses longs doigts posés à plat sur le bord du tapis. - Et c'est vous, vous seul, qui les avez gagnés, Monsieur Van Heeren. Il fut debout sans paraître avoir bougé. Se baissant, il souleva la mallette, la plaça sur la table, l'ouvrit et en retira les deux enveloppes contenant chacune dix mille dollars, qu'il poussa avec douceur devant Van Heeren. - Voulez-vous vérifier que le compte y est, s'il vous plaît ? Chacun des cinq hommes assis à la même table que Benedict Sarkissian, cette nuit-là, avait maintes fois vu gagner et perdre ; eux-mêmes avaient, en une soirée, gagné ou perdu bien plus de vingt mille dollars. Ça ne pouvait donc pas être l'importance de la somme, pour eux minime. Ce n'était pas davantage le fait que cet argent eût été perdu par un garçon jeune, pour qui vingt mille dollars représentaient à n'en pas douter un capital important. Pas de sentiment. Ce qui, dans leur esprit, marqua le caraétère exceptionnel de cette partie fut leur certitude que Benedict avait joué dans un seul but  : perdre au bénéfice exclusif de Van Heeren sans qu'à aucun moment l'on eût pu prouver son intention. Bien évidemment, il ne s'était pas agi de tricherie, d'une quelconque et grotesque manipulation. Ce fut pire. Au moins du point de vue de Van Heeren et de l'atteinte formidable portée à son ego. Pour perdre vingt mille dollars exactement, les perdre de façon que ce fût seulement lui qui les gagnât, pour les perdre en exactement quatre heures de temps, le dernier dollar à la dernière minute, il fallait que Sarkissian eût fantastiquement percé à jour le jeu du banquier, pratiquement à chaque donne, devinant les moments où Van Heeren pouvait l'emporter et ceux où il devait perdre. Cela revenait à dire que Sarkissian avait contrôlé chaque seconde de la partie, chacune des deux cents donnes successives. Et c'était une constatation vexante même pour un O'Keefe, qui ne mettait pourtant pas son amourpropre sur la table. Mais cela signifiait aussi que Ben aurait tout aussi bien pu gagner, contre n'importe lequel de ses adversaires, gagner à volonté. « Je suis complètement cinglé », pensa O'Keefe. « Rien de tout cela n'est arrivé. Le gamin s'est tout simplement fait lessiver. Pourquoi chercher plus loin ? La vérité vraie est que cette espèce de loup maigre venu de Californie, émergeant des brumes de la Golden Gate, est tout à fait déconcertant, avec son diable de sourire gentil, presque timide, et son air d'être dans les nuages, son air de ne pas être là. Sa foutue nonchalance indifférente courtoise en plus, et ça n'arrange rien, on ne peut même pas le haïr finirait par briser les nerfs de n'importe qui. Ça, c'est la vérité. Pour le reste... » - Il faut vraiment que, je m'en aille, dit Benedict Sarkissian avec douceur. O'Keefe quitta la table à son tour. Entre le jeune Sarkissian et lui, il y avait plus de vingt ans d'écart, presque un quart de siècle ; O'Keefe n'avait pas fait ses douze millions de dollars en donnant dans la tendresse ; il était encore capable de tuer, au propre et au figuré. Or il était ému, d'un coup. Il l'était, qu'il le voulût ou non. Peut-être par ce qu'il y avait de maladroit, de théâtral, d'excessif chez le jeune Sarkissian. - Je vous raccompagne, dit O'Keefe. Mais vous n'avez (Suite page 176.)
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