Lui n°199 août 1980
Lui n°199 août 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°199 de août 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 122

  • Taille du fichier PDF : 162 Mo

  • Dans ce numéro : sexe et cinéma.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 68 - 69  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
68 69
ROCKORICO Quand des gosses ont osé grimper sur une scène pour crier les vraies préoccupations de la jeunesse (« Les Hlm c'est pas beau et Lola j'ai envie de me la faire ») , ça a explosé ! rez votre petite nana  : le Nouveau Rock arrive. Il est en train d'envahir les ondes, d'occuper les chaînes de télévision et de remplir les bacs des disquaires. Partout en Europe. La France elle-même, pays pourtant si tranquille, est touchée ; stupéfiant d'ailleurs comme les groupes hexagonaux (voir plus haut) peuvent se torturer l'esprit dans le secret espoir de se démarquer du voisin. Des voisins qui, Outre-Manche, luttent en forcenés pour conserver un ferry-boat d'avance. Et cela donne  : Courant alternatif- Courant continu (AcDc  : la traduction américaine est plus scabreuse), Wayne County et les Chaises électriques, Les lézards volants, Les rats de la villeexplosion (Boomtown Rats  : ceux-là viennent de Dublin). En fait d'imagination, c'est à qui tapera le plus fort dans le genreésotérique, mystérieux ou carrément n'importe quoi. Tenez  : Manoeuvres orchestrales dans l'obscurité. On ne saisit pas toujours ce qu'ils ont voulu dire mais cela sonne bien non ? Et n'est-ce pas le plus important ? Après tout, un nom c'est déjà une carte d'identité, ça vous pose, ça vous colle à la peau mieux qu'une tenue de scène. Suffisamment bien choisi, il peut vous permettre d'obtenir un entrefilet dans un journal local  : à Paris, nous dit Philippe Constantin (trente-cinq ans, responsable des éditions Clouzeau, le plus important catalogue Rock français), les directeurs artistiques voient débarquer des tas de jeunes — très jeunes parfois avec des cassettes souvent minables ; mais presque tous ont leurs coupures de presse sous le bras. Comme l'arbre qui cache la forêt, cette folie des nones nous masque en fait une réalité plus conséquente  : l'arrivée en force sur le marché de jeunes loups aux dents (très) longues. En France, où les maisons de disques ont une tendance naturelle à se méfier des groupes carrières trop fulgurantes, un petit tube et puis s'en va — le cas de Téléphone (« Parlez/Parlez dans l'hygiaphone... ») est exemplaire 68 à cet égard  : inconnus trois mois plus tôt (en 1977), ils se voient proposer par Pathé-Marconi une avance de quinze millions anciens. Et vendent 400 000 albums l'année suivante. Pourtant, derrière cette floraison de groupes, cette jungle qui semble s'épaissir au fur et à mesure qu'on y progresse, les raisons du phénomène Nouveau Rock sont presque évidentes  : pendant les années 1970, après l'agonie de la Pop-Music, toute une génération de jeunes s'est retrouvée coincée entre, d'une part, la Variété-Disco « poum-poum », souvent assez débilitante, et, d'autre part, le Jazz-Rock ou même le Free-Jazz, musiques ultra-sophistiquées pour intellectuels branchés ou autres grosses têtes. Résultat  : des années de frustration. Aussi, quand des gosses ont osé en Angleterre tout d'abord prendre une guitare et grimper sur une scène pour crier bien haut et bien fort les vraies préoccupations de la jeunesse (« Les Hlm c'est pas beau et Lola j'ai envie de me la faire ») , ça a été l'explosion. Les Punks prônaient la dérision, dénigraient les valeurs occidentales et se moquaient du monde « adulte ». Sur leurs Stratocasters ou leurs Gibsons, ils savaient à peine gratter quatre notes ; jouer deux-trois roulements sur leurs batteries. Musique sauvage et provocatrice (les Sex-Pistols et leur chanson- « hommage » à Sa Très Gracieuse Majesté), musique facile (les punks se vantaient de leur nullité instrumentale), compréhensible par tous, la Punk-Music a servi d'exutoire à toute une violence emmagasinée. Mode vestimentaire autant que musicale avec ses accessoires obligés épingles à nourrice, pantalons en skaï trop courts, cheveux décolorés coupés en brosse, maquillages démoniaques elle ne fut jamais vraiment suivie que par une minorité. Pourtant, « le grand espoir Punk » a permis l'éclosion d'une nouvelle lignée de musiciens ; jeunes, décomplexés, le plus souvent sans expérience mais pleins d'énergie, d'agressivité, d'humour ou de choses à dire. Et bourrés d'ambition. En Angleterre, en France (ou aux Etats-Unis, bien qu'un peu en retrait), des groupes naissent dont la multiplicité et la variété embarrassent jusqu'aux spécialistes, toujours férus d'étiquettes. C'est la New-wave, version anglaise de la nouvelle vague, qui sonne le glas du « baba-cool » (adepte des paradis artificiels, héritier du hippie, le baba-cool est censé rêver sa vie) déjà rudement éprouvé par le Punk. La New-wave regroupe tout ce qui est musique « saine » (clean dit-on en anglais), pulsante, en prise directe avec le monde. « Look sharp » chante alors Joe Jackson, dansé dans un grand nombre de discothèques  : ayez l'air pointu, ne vous laissez pas aller. Le mot-clé est  : Énergie. En 1978-1979 apparaît le Ska, vecteur d'une autre mode vestimentaire ; chapeau « gâteau-de-porc » (Pork-pie hat  : celui de Sinatra dans ses films des années 1950), veste croisée trois boutons, pantalons serrés portés sur des chaussures basses. Ancêtre du reggae, ce rythme sensuel venu de Jamaïque et si bien popularisé en France par Serge Gainsbourg, le Ska a été « réinventé » en Angleterre, conjointement par des émigrés du ghetto de Kingston nostalgiques du soleil et des petits gars très British ; toute une population de jeunes pris au piège entre l'usine et les pubs à bière. Une musique gaie, sautillante, dont l'emblème (le damier noir et blanc) est fièrement arboré, en cravates ou foulards, par les « Rude boys » (les garçons) et les « Richards » (les filles). Le Ska qui, avec des groupes comme Madness ou Specials, remet à la mode l'aspect extérieur, l'apparence le « look ». 1980  : voilà le Rock ! « Le Rock qui roule pas en limousine, qui met pas de rouge à lèvres et qui brille sans paillettes » ; on ne travaille plus beaucoup en studio (à quoi bon puisqu'on peut enregistrer son disque en 48 heures. Mieux vaut « exploser » sur une scène, devant (Suite page 107.)
w ; tn... x. Depuis qu'on a la vidéo, il est sage comme une image !...



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 199 août 1980 Page 1Lui numéro 199 août 1980 Page 2-3Lui numéro 199 août 1980 Page 4-5Lui numéro 199 août 1980 Page 6-7Lui numéro 199 août 1980 Page 8-9Lui numéro 199 août 1980 Page 10-11Lui numéro 199 août 1980 Page 12-13Lui numéro 199 août 1980 Page 14-15Lui numéro 199 août 1980 Page 16-17Lui numéro 199 août 1980 Page 18-19Lui numéro 199 août 1980 Page 20-21Lui numéro 199 août 1980 Page 22-23Lui numéro 199 août 1980 Page 24-25Lui numéro 199 août 1980 Page 26-27Lui numéro 199 août 1980 Page 28-29Lui numéro 199 août 1980 Page 30-31Lui numéro 199 août 1980 Page 32-33Lui numéro 199 août 1980 Page 34-35Lui numéro 199 août 1980 Page 36-37Lui numéro 199 août 1980 Page 38-39Lui numéro 199 août 1980 Page 40-41Lui numéro 199 août 1980 Page 42-43Lui numéro 199 août 1980 Page 44-45Lui numéro 199 août 1980 Page 46-47Lui numéro 199 août 1980 Page 48-49Lui numéro 199 août 1980 Page 50-51Lui numéro 199 août 1980 Page 52-53Lui numéro 199 août 1980 Page 54-55Lui numéro 199 août 1980 Page 56-57Lui numéro 199 août 1980 Page 58-59Lui numéro 199 août 1980 Page 60-61Lui numéro 199 août 1980 Page 62-63Lui numéro 199 août 1980 Page 64-65Lui numéro 199 août 1980 Page 66-67Lui numéro 199 août 1980 Page 68-69Lui numéro 199 août 1980 Page 70-71Lui numéro 199 août 1980 Page 72-73Lui numéro 199 août 1980 Page 74-75Lui numéro 199 août 1980 Page 76-77Lui numéro 199 août 1980 Page 78-79Lui numéro 199 août 1980 Page 80-81Lui numéro 199 août 1980 Page 82-83Lui numéro 199 août 1980 Page 84-85Lui numéro 199 août 1980 Page 86-87Lui numéro 199 août 1980 Page 88-89Lui numéro 199 août 1980 Page 90-91Lui numéro 199 août 1980 Page 92-93Lui numéro 199 août 1980 Page 94-95Lui numéro 199 août 1980 Page 96-97Lui numéro 199 août 1980 Page 98-99Lui numéro 199 août 1980 Page 100-101Lui numéro 199 août 1980 Page 102-103Lui numéro 199 août 1980 Page 104-105Lui numéro 199 août 1980 Page 106-107Lui numéro 199 août 1980 Page 108-109Lui numéro 199 août 1980 Page 110-111Lui numéro 199 août 1980 Page 112-113Lui numéro 199 août 1980 Page 114-115Lui numéro 199 août 1980 Page 116-117Lui numéro 199 août 1980 Page 118-119Lui numéro 199 août 1980 Page 120-121Lui numéro 199 août 1980 Page 122