Lui n°198 juillet 1980
Lui n°198 juillet 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°198 de juillet 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 122

  • Taille du fichier PDF : 118 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Madleen Kane.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DORE SUR TRONCHES Il a des trous. Des trous de mémoire. Ce ne sont pas des existences entières qui disparaissent dans une complicité de bon aloi, mais des pans d'histoire personnelle... (Suite de la page 74.) fait le nom de son père qui était restaurateur. Il y a beaucoup d'omissions volontaires ou de mensonges dans le Who's Who. Ils portent d'abord sur l'âge. Ces mensonges-là sont vite percés à jour par les responsables qui rectifient  : ce ne sont pas les sources d'information qui manquent ! On dit que les comédiennes ont tendance à se rajeunir. Ce n'est pas Isabelle Huppert qui dira le contraire, qui, à 26 ans déjà, prétend n'en avoir que 24, ni sa soeur Elisabeth qui, elle, n'a pas même donné son âge ! Mais les femmes ne sont pas les seules tentées par le rajeunissement perpétuel. Marcel Carné, à chaque nouvelle édition, tentait de se rajeunir de trois ans. Et, à chaque fois, le Who's Who corrigeait ! N'empêche, il recommençait à l'édition suivante dans l'espoir de tromper cette fois la vigilance des rédacteurs du gros livre rouge. Pour la première fois et pour la quinzième édition, il y a renoncé. Les mensonges ne portent pas que sur l'âge. Ils portent aussi sur les diplômes et, là, le Who's Who est impuissant à corriger les erreurs de ses membres distingués. Car l'administration universitaire, plus encore que toute autre administration, a le goût du secret. C'est heureux pour tous ceux qui revendiquent titres et diplômes qu'ils n'ont pas ! Il y a d'ailleurs, à l'opposé, une autre façon de se faire valoir  : c'est d'afficher glorieusement, comme René Fallet, à la rubrique diplômes  : « Certificat d'Etudes Primaires », ou comme Françoise Giroud, non sans coquetterie, « Bachelière ». Pour mieux mettre en valeur l'ampleur de sa réussite... Il y a enfin les prudents qui sautent discrètement la rubrique — et passent directement de leurs études à la carrière. Parmi ceux-là, les trois vedettes de la vulgarisation de l'Histoire à la télévision et à la radio. Alain Decaux n'affiche en effet aucun diplôme à sa sortie de la Faculté de Droit. André Castelot, non plus, au sortir de Gerson, de Sainte-Croix de Neuilly et du Cours Kayser. Jean-François Chiappe, 76 qui vit lui aussi de l'Histoire racontée aux Français moyens, mais avec moins d'éclat que ses deux aînés (peut-être à cause de sa voix horripilante de prétention et de snobisme), lui, est simplement bachelier. Il est vrai qu'à défaut de diplômes d'études historiques, il affiche de nombreux liens de sang avec l'Histoire. A la rubrique « illustrations familiales », il cite un arrière-grandoncle conventionnel, Ange Chiappe, et le fameux préfet de police du 6 février 1934, Jean Chiappe. Et il a épousé la fille d'un des principaux chefs des armées blanches russes pendant la révolution bolchevique, le Général Dénikine qui se donna même le titre de Régent de 1918 à 1920  : la productrice de télévision, Marina Grey. A côté des mensonges actifs, il y a les mensonges passifs. Par omission. Si, on l'a vu, le Who's Who est souvent un livre qui en dit plus, il arrive aussi qu'il en dise moins ! Il a des trous. Des trous de mémoire. On se moque souvent en France de l'Encyclopédie soviétique qui passe sous silence l'existence de personnages historiques importants qui ont cessé d'être persona grata. Dans le Who's Who, ce ne sont pas des existences entières qui disparaissent dans une complicité de bon aloi, mais des pans de l'histoire personnelle avec des pans de l'Histoire nationale. Notamment, la période 1940-1944. Par exemple, à lire le Who's Who, les activités journalistiques de François Chalais de son vrai nom, Henri Bauer, datent de 1945. Mais il ne manque pas de témoins à la mémoire longue qui ont connu Henri Bauer, collaborant (c'est le mot qui convient ! ) à l'Echo de la France, un des journaux de la presse pro-allemande. C'est même là qu'il a rencontré France Roche, sa première femme. Cela ne l'empêcha pas à la Libération d'obtenir la médaille de la Résistance inscrite, elle, dans le Who's Who. Pareillement, la notice de René Barjavel est passablement confuse en ce qui concerne cette époque  : ce fils de boulanger, ancien employé de banque à Vichy (déjà !) , était à cette époque « chef de fabrication des éditions Denoël », note sobrement le Who's Who. C'était pourtant déjà un écrivain connu puisque le très collaborateur « Je suis partout » publiait ses nouvelles. Heureusement, on le sait depuis 1968, les murs parfois crient, et crient la vérité. Tout récemment, sur l'affiche du film Les Turlupins, on a pu voir la première page du journal collaborationniste « Je suis partout » et sous le titre tristement fameux, cette annonce alléchante  : « Avec une nouvelle de René Barjavel »... Cette affiche qui complétait heureusement le Who's Who a très vite disparu des murs parisiens. Encore plus vite que le film des écrans... François Brigneau (pseudonyme de Emmanuel Allot) qui trempe chaque semaine pour Minute une plume dénonciatrice et haineuse dans l'encre bleu, blanc, rouge, quoique né en 1919, ne commence sa carrière dans le Who's Who qu'en 1957 ! A trente-huit ans ! C'est bien tard pour un fils d'instituteur qui ne vivait pas de ses rentes... Mais ne remuons pas le passé proche ou lointain, c'est de très mauvais goût. Prenons de la hauteur  : Valéry Giscard d'Estaing des diamants de Bokassa, Georges Marchais de chez Messerschmitt, Chaban-Delmas, des déclarations d'impôts et François Mitterrand du Jardin de l'Observatoire, avec tout l'establishment politique, nous y incitaient tout récemment à propos des affaires Boullin et Broglie... Le Who's Who efface parfois d'ailleurs les traces des impostures trop voyantes. Le titre de « déporté du travail », qui figurait dans la notice de Georges Marchais, a disparu des nouvelles éditions. Comme la médaille de la Résistance de Françoise Giroud qu'elle n'a jamais eue que sur la page la concernant dans le gros livre rouge et sur ses affiches électorales. La situation de famille prête aussi à toutes sortes de variations. La proclamation « célibataire », (Suite p.100.)
Jean-Yves Terlai est 1an. dans la transat 80 catamaran Gautie (réalisé par Prouv qu'il a entièrempt, imaginé et conçu. Pour Lui, il l'a fait naviguer — avec la collaboration du port des Minimes de La Rochelle et de M. Mercorelli...



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