Lui n°198 juillet 1980
Lui n°198 juillet 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°198 de juillet 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 122

  • Taille du fichier PDF : 118 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Madleen Kane.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MOSCOU OU... MOCHE COUP ? Ces profs de l'amour, dûment mandatés par le gouvernement pour extorquer des confidences aux touristes ou les faire surprendre dans des tenues sans équivoque... ville étrangère en voyage organisé. D'emblée, les servantes de l'hôtel vous donnent la mesure de l'érotisme moscovite. Je sais bien qu'il est du pire mauvais goût de juger les femmes sur leur aspect physique j'en suis conscient et quelque peu honteux. Ce n'est pas ma faute si les petites Russes sont plutôt boulottes mais celle du régime chou-pommes de terre ! On m'objectera que les gros seins sont plutôt une aubaine par rapport à nos contrées. Certes oui. Malheureusement, le tout est à l'avenant, et les seins ne se détachent pas vraiment de l'ensemble... Je tente de sourire à une serveuse. A deux, à trois, à plusieurs, sans résultat. Je m'apercevrai qu'à l'exception des soirées entre amis « intra-muros », le Moscovite et sa compagne... font la gueule ! Particulièrement dans la rue, vous bousculant, ne s'excusant pas. Je croyais le Parisien mal léché, mais le Moscovite a la politesse du char d'assaut. Il existe une différence encore plus fondamentale entre Moscou et les capitales occidentales  : l'absence totale de publicité à caractère érotique. Les réclames étant réservées aux rares spectacles et aux réalisations du Pays et du Parti, on n'a pas cru bon de promettre une partie échangiste aux nouveaux adhérents. Reste donc la morosité des soirées moscovites. Le cinéma ? Il faut prendre sa place dans la sempiternelle queue vers dix heures du matin. Pas pour voir le film, pour obtenir un ticket du soir. J'ai l'air d'enfoncer des portes ouvertes. Mais que voulez-vous donc qu'on voie d'autre que des queues (disons des files d'attente, pour décevoir encore plus nos lectrices) devant des magasins ? C'est un cliché, mais c'est pourtant le spectacle de base de la vie là-bas. Dans la file d'attente, certains lisent, mais bien peu se causent. Un matin, je décide de me rendre à la piscine « Moscou » qui se trouve non loin du centre. C'est une piscine de conception originale. Construite sur 68 l'emplacement d'une ancienne église dynamitée par les Bolcheviks dans les années trente (Que voulez-vous encore leur reprocher ? Ils s'ennuyaient déjà ferme. Ils avaient de la dynamite et une église. Allez, boum !) , c'est une piscine découverte, pourvue d'eau chaude et dans le bassin de laquelle on accède par des sas latéraux s'enfonçant dans l'eau. Après avoir écarté deux panneaux en caoutchouc, on peut donc se retrouver, nageant, sans avoir exposé son corps au froid. Une légende court sur cette piscine. De solides femmes dit-on vous saisissent à l'entrée et vous frottent le dos en vous insultant copieusement. J'arrive vers dix heures et demie, j'aperçois un nageur solitaire dans le grand bassin. Je pénètre dans la piscine et m'en fait éjecter poliment mais fermement. Je finis pas échouer devant un guichet devant lequel attendent trente personnes. Explication. L'entrée de la piscine n'est valable que pour une heure. Nous faisons la queue pour acheter nos tickets à onze heures et quart et nous baigner vers la demie. Sous l'oeil goguenard des Moscovites, j'ai quitté la file et suis rentré chez moi. Et j'ai retrouvé l'enfer. Nos chers amis russes, rendant l'accès de leur pays difficile, vous condamnent aux voyages organisés. Ils ont beau vous allécher avec la possibilité de payer plus cher pour obtenir une chambre individuelle, vous vous retrouvez immanquablement avec quelqu'un. J'ai écopé d'un militant du Parti communiste français, brave homme au demeurant, mais tellement émerveillé par le régime que j'en devins odieusement réactionnaire, défendant des positions qui ne sont pas les miennes, rien que pour me venger de ses ronflements. Car il ronflait, le bougre, puisant dans ses songes socialistes des raisons d'affronter mes railleries du lendemain. Chaque voyage en Urss comprend, l'inévitable militant du Pcf, comme si le destin se chargeait de mesurer notre mauvaise foi à l'aide d'un tuteur. Je convainquis certaine dame d'étage de me laisser squattériser une chambre vide, pour une nuit. Et là, mon souvenir s'attriste. Cette charmante et jeune et fraîche demoiselle d'étage, qui me tendait une clé en souriant, m'invitait-elle à l'inviter ? Devais-je tenter ma chance ? Mais en quelle langue effectuer la transaction ? Un scrupule me retint. Et si elle cherchait un Français pour se marier et quitter son pays ? Un homme d'honneur n'abuse pas de... l'intérêt d'une femme ! La question de l'amour vénal n'est pas de celles qui me rebutent. Il vaut mieux payer pour du plaisir que se faire suer avec des sentiments, mais il n'existe vraiment pas de plus grand affront que de proposer de l'argent à une femme quand elle n'en désire pas ! A propos de vénalité, on m'avait longuement parlé de ces professionnelles de l'amour, dûment mandatées par le gouvernement, chargées d'extorquer des confidences aux touristes, ou de les faire surprendre dans des tenues et des poses sans équivoque, afin de les mieux tenir (ceci étant surtout valable pour les hommes d'affaires ou les petits camarades des partis frères). Je me mis à la recherche de ces dames. Je n'en vis ni dans la rue (il ne faut tout de même pas rêver) ni dans mon hôtel, ni dans les autres, particulièrement l'Intourist et le Métropole, où l'on m'en avait signalé. Il me semble pourtant que les deux créatures croisées dans l'ascenseur... leur façon de se recoiffer, assez typique des femmes qui viennent de faire l'amour en service commandé, me laissa croire qu'il s'agissait de prostituées. Je leur emboîtai le pas au rez-dechaussée. Elles eurent une conversation animée avec le portier, ce qui confirma mes soupçons. Elles prirent la porte et je ne les revis plus de mon séjour. Vous avez dit  : « Bizarre ? » On comprend, dans ces conditions, que le voyage organisé ne soit plus un calvaire, mais un bienfait. Encore heureux que l'Intourist vous mâche le boulot ! S'il fallait trouver tout par soimême, on n'aurait guère le temps de voir grand-chose, (Suite page 70.)



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