Lui n°198 juillet 1980
Lui n°198 juillet 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°198 de juillet 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 122

  • Taille du fichier PDF : 118 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Madleen Kane.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIEN « Quand on pense que, dans de nombreux villages, les Indiens ne disposent pas d'eau potable, manquent d'électricité et que 70% d'entre eux sont encore analphabètes... » monomoteur. Et surtout à mon vol de 1932, Bombay-Karachi, qui était alors la route aérienne la plus longue du monde (1 350 miles)  : une date qui marque, en effet, le premier vol historique de l'aviation commerciale indienne. Et j'emportais quelques sacs de courrier ! Ces jours sont les plus heureux de ma vie. C'était l'époque aussi où « l'aérodrome » de Bombay... n'était qu'un vaste terrain vague ! Pendant que je volais (à la fabuleuse vitesse de 160 kilomètres-heure !) sur la rivière Indus, le désert du Sind, à bord de mon petit Puss Moth, ma « mite », j'ai murmuré une prière silencieuse. Détail très rétro  : l'essence nécessaire à mon ravitaillement m'avait été apportée dans de petits bidons de huit litres sur une charrette traînée par des boeufs ! Et lorsque je refis ce vol en 1962 sur le même type d'avion, la Compagnie Shell me fit la surprise de reconstituer cette scène. Une seule chose avait changé  : l'homme qui jadis m'avait apporté l'essence était devenu un haut fonctionnaire ! Mais, pour l'occasion, il avait revêtu la tenue qu'il portait trente ans avant. Comme la charrette de jadis, ainsi que les boeufs, avaient été décorés pour cette fête, j'avais l'impression d'être entré dans la « machine à remonter le temps » de 11.G. Wells ! J'étais très ému... Lui Qui vous a donné le goût de voler ? Tata La France, justement ! L'envie enivrante de voler s'est emparée de moi dès mon enfance qui a coïncidé avec les premiers « pas » de l'aviation. Comme ma mère était française, je passais mes vacances près d'une plage dans le nord de la France où nos voisins et amis étaient la famille Blériot. Blériot, vous le savez, fut le Lindbergh de ce temps, le premier à avoir traversé laManche. Et là, sur cette plage, sous mes regards fascinés, des avions Blériot décollaient et atterrissaient parfois. Un jour, en 1919, j'ai eu mon « baptême » sur un de ces appareils qu'utilisait alors un pilote acrobate. Depuis ce jour, je n'ai rêvé qu'à une seule chose  : apprendre à voler. Lui Vous étiez déjà Général de division de l'Armée de l'air indienne à titre honorifique. Le gouvernement indien vient de vous nommer Vice-maréchal de l'air... Tata J'en remercie le Gouvernement indien... lais ne trouvez-vous pas singulières, pour ne pas dire assez cocasses, ces escalades honorifiques ? Churchilla possédé lui aussi un grade honorifique, modeste d'ailleurs, relatif à son activité dans la R. a.f.  : personne n'a jamais songé, que je sache, à lui en décerner un plus élevé ! Lui Giscard d'Estaing vous a invité à l'Elysée peu avant son voyage en Inde. Avez-vous parlé de l'Inde ? Tata Oui. Et je me suis permis d'insister pour qu'il vienne à Bombay, cité industrielle. C'était une pure visite de courtoisie... Ce qui me frappe en tout cas, lorsque je rencontre des personnalités occidentales, aux Etats-Unis ou en Europe, c'est que l'Inde est indiscutablement pour eux un sujet d'inquiétude. Comment les Indiens vont-ils faire face à temps aux énormes problèmes posés par la surpopulation alors qu'ils sont déjà obsédés par les besoins immédiats de la population actuelle ? Vous rendez-vous compte qu'avant la fin du siècle, d'ici à vingt ans, l'Inde comptera plus d'un milliard d'habitants, davantage peut-être que la Chine ! Car au cours de ces vingt prochaines années, environ trois cent trente millions d'habitants viendront s'ajouter aux sept cent cinquante millions actuels... Or, durant les vingt premières années de son indépendance, le pays a complètement négligé ce problème. Résultat  : entre 1947 et 1967, une première addition d'environ trois cent millions d'Indiens de plus... D'où, malgré nos efforts, un niveau de vie très bas et un pays qui reste parmi les plus pauvres du monde. Comment s'en étonner ? Et songez que le nouveau surplus de trois cent millions de gens qui nous attend, d'ici à l'an 2000 ou 2020, représente plus que la totalité des habitants de l'Europe de l'Est, des Etats-Unis ou de l'Urss ! Tout cela exige la mise en route d'une infrastructure gigantesque  : écoles, hôpitaux, maisons, routes, travail... etc. Et quand on pense que dans de nombreux villages, les Indiens, à l'heure actuelle, ne disposent pas d'eau potable, manquent d'électricité, que 70 7 d'entre eux sont encore analphabètes, on ne peut que se prendre la tête à deux mains... ou se mettre immédiatement au travail ! Et il y en a au moins pour cinquante ans ! Mais je crois, comme Indira Ghandi, aux forces vives du peuple indien... Car je fais cette observation  : en dépit du manque d'homogénéité originel de notre peuple, — de son individualisme, de la diversité de ses langues, de ses croyances religieuses, de ses coutumes et de ses modes d'alimentation —, diversité qui provient d'un héritage millénaire, il est remarquable que nous soyons aujourd'hui une nation réellement unie. Surtout si l'on pense aux pays d'Europe qui n'ont cessé, pendant mille ans, de s'entre-déchirer avec des guerres, et qui n'ont pas réussi jusqu'ici à créer une Unité européenne, malgré leur homogénéité beaucoup plus grande sur le plan racial, religieux et économique... Il n'empêche que, depuis des années, je tire la sonnette d'alarme  : à Bombay, par exemple, trois millions d'hommes et de femmes vivent dans des conditions effroyables, dans des quartiers misérables. Un autre million vit dans des bâtiments délabrés qui peuvent s'écrouler d'un instant à l'autre. Que se passera-t-il quand la population de notre ville dépassera dans vingt ans, les quinze millions d'habitants ? Je l'ai crié  : il faut sauver Bombay qui ne doit pas devenir le plus grand taudis du monde ! Bombay, comme Calcutta, est une ville malheureuse  : malheureuse, parce qu'il y a trop de monde... Lui Alors que faire ? Continuer à stériliser les gens ? Les envoyer dans l'espace ? Tata Préparer, en tout cas, si la politique économique nous (Suite page 8.)
C OLL E TTE CO MMUNICATION Michel Debus, maître brasseur, Président des Brasseries Fischer, diplômé de la plus ancienne école de brasserie du monde  : la Weihenstephan à Munich. "Sans esprit de clocher, je suis fier que nos ouvriers-brasseurs soient tous Alsaciens:'E videmment, çan'explique'pue pas tout, mais travailler ensemble depuis 20 ans, et rien qu'entre Alsaciens, ça aide à bien se comprendre. Et quand on a certaines idées sur la bière d'Alsace à défendre, je pense que c'est important. C'est important d'avoir le même respect des traditions ; la même intransigeance dans le choix des matières premières ; le même goût du travail bien fait... Et la même volonté d'indépendance pour sauvegarder tout ça. Le voilà, l'esprit Fischer. Un esprit que nous sommes 350 à défendre. Bien souvent ouvriers-brasseurs et malteurs de père en fils, et tous nés en Alsace. Le résultat ? Une bière qui, au contraire de bien d'autres, a su garder son âme et sa personnalité. Celles que symbolise le petit bonhomme Fischer que vous voyez sur nos étiquettes et nos packs. Et qui, tant qu'il sera là, vous dira qu'il existe encore une bonne bière en Alsace. Je m'en porte garant. La tradition, chez nous, on ne se contente pas d'en parler.



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