Lui n°198 juillet 1980
Lui n°198 juillet 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°198 de juillet 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 122

  • Taille du fichier PDF : 118 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Madleen Kane.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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REAGAN... A LASSO DE LA MAISON-BLANCHE Son activité préélectorale fut débordante  : déjeuners-débats à dix mille dollars, éditorial quotidien à la radio relayé par des centaines de stations... (Suite de la page 106.) tien aux sénatoriales à une actrice de gauche, Helen Gahagan Douglas, qui fut battue. Son heureux rival était un républicain conservateur et anticommuniste. Il s'appelait Richard Nixon. La rupture de Reagan avec son passé démocrate coïncida avec la rencontre de Nancy Davis. Nancy était une jeune et ravissante actrice de bonne famille ; il l'épousa le 4 mars 1952. Dès lors, l'influence que le père de Nancy exerçait sur lui ne cessa de grandir. Le docteur Loyal Davis, un riche médecin de Chicago, était très lié à l'aile droite du Parti républicain. Mais ce n'est qu'en 1960 que Reagan se rallia à Nixon, après avoir soutenu Eisenhower par deux fois, en 1952 et en 1956. En 1954, Reagan fut engagé par la General Electric, qui finançait une campagne de propagande contre la « dérive à gauche de l'opinion publique américaine ». Outre ses apparitions sur le petit écran comme présentateur et occasionnellement comme acteur d'une émission nationale, le General Electric Theater, il fit la tournée des cent-trente cinqusines du groupe pour y prêcher la bonne parole aux ouvriers, prononçant des conférences sur les dangers du centralisme étatique, du socialisme et du communisme. Les statistiques, les anecdotes et les arguments dont il se servait lors de ces conférences étaient inscrites sur des fiches qu'il continua à utiliser pendant des années, jusqu'à aujourd'hui. En 1952, Reagan était déjà totalement lié à des organisations de droite (« Les jeunes Américains pour la Liberté », la « Croisade chrétienne anticommuniste », etc.), après avoir opéré un virage à cent quatre-vingts degrés par rapport à ses anciens idéaux. Mais personne ne le prenait encore au sérieux, jusqu'à ce jour de 1964 où il fit un tabac à la télé. Il s'agissait d'un appel destiné à soutenir financièrement le candidat républicain à la présidence, le sénateur Barry Goldwater. Celui-ci menait une campagne 1 O ultra-conservatrice, accumulant erreurs sur erreurs. Au milieu de cette débâcle, l'intervention de Reagan fut un modèle de conviction et d'éloquence. Ce discours suffit à le qualifier dans la prochaine course à la présidence, et à le désigner comme candidat possible au siège de gouverneur de Californie. Avant la fin de l'année, il avait abandonné son show télévisé et annoncé officiellement sa candidature. Les Démocrates californiens l'attendaient au tournant, se léchant les babines dans l'attente d'un fiasco comparable à celui que venait de connaître Goldwater à l'échelle nationale. Il n'en fut rien. Reagan mena une campagne impeccable. Ses attaques contre le centralisme eurent un grand écho populaire et il se retrouva en tête avec cinq cent mille voix d'avance. Pendant les huit ans que dura son mandat, il surprit autant ses amis que ses ennemis. On attendait un homme de droite, on trouva un conservateur modéré, augmentant les impôts pour équilibrer le budget et réformant le programme d'aide sociale sans pour autant le démanteler. Son mot de passe était le compromis. Il fut distant, moins soucieux de rencontrer les élus que de déléguer ses pouvoirs à son cabinet, où il ne se montrait que rarement. Mais sa popularité n'enregistra pas de baisse sensible. Dès son installation à l'Hôtel de ville de Sacramento, Reagan n'avait cessé de rêver à la Maison-Blanche. En 1968, il se présenta tardivement à la convention républicaine et faillit obtenir l'investiture du Parti. Après sa réélection comme gouverneur en 1970, il attendit 1976 pour se mesurer avec le président sortant, Richard Nixon. Son activité préélectorale fut débordante  : déjeuners-débats à dix mille dollars organisés à son profit avec les associations patronales et dans les universités, éditorial quotidien à la radio relayé par des centaines de stations, chroniques pour des chaînes de journaux... le tout lui rapportant environ quatre cent mille dollars pour sa campagne. Cette activité fébrile cessa après son échec. L'espoir déçu que la route de la Maison-Blanche lui serait ouverte en 1976 explique, selon certains, le soutien forcené qu'il apporta à Nixon en plein Watergate  : si Nixon restait en place, le vice-président, Gerald Ford, ne pourrait lui succéder. Mais la démission de Nixon renversa la situation. Malgré les efforts désespérés déployés par Ford pour le convaincre de se retirer, Reagan se présenta comme candidat à l'investiture républicaine, et faillit l'emporter sur son rival, à quelques voix près. Ce comportement lui valut une solide inimitié de la part de Ford, qui vit dans cette demi-trahison la cause de son échec face à Carter, lors de l'élection générale. Curieusement, ce n'est pas sur les débats de politique intérieure que Reagan marqua des points, et il allait même se retirer de la course lorsque sa campagne « flamba » subitement sur deux points de politique étrangère  : la négociation des Salt II et le traité de restitution du canal de Panama. Ironie du sort, Reagan n'avait jamais prêté attention à la politique étrangère, fûtce comme arme politique. Parce qu'il avait passé toute la durée de la guerre en Californie, Reagan attendit 1949 pour faire son premier voyage à l'étranger. Il passa donc deux mois et demi en Angleterre, le temps du tournage de The Hasty Heart et d'une brève visite en France. Enfin, vingt ans plus tard, il partit en déplacement officiel pour représenter Nixon à un certain nombre de cérémonies d'importance secondaire (bien que Reagan persiste à décrire ses voyages comme des missions diplomatiques sérieuses). De 1969 à 1975, il se rendit de Hong Kong à Singapour en passant par Londres, Paris, Tokyo... Mais il n'était que gouverneur, et ne prit part à aucune conversation importante. C'est pourquoi les deux voyages qu'il fit en 1978, à la veille de sa troisième et dernière tentative dans la course à la magistrature suprê- (Suite page 110.)
ANISETTE PERNOD TOVJOURS LA QUAND IL LE FAUT.



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