Lui n°197 juin 1980
Lui n°197 juin 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°197 de juin 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 198 Mo

  • Dans ce numéro : spécial tennis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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BELLES DE MATCH « J'en retiens trois ou quatre pour le soir, par principe, en indiquant que je confirmerai. Si j'ai gagné, je choisis une compagne tranquille. Si j'ai perdu, je peux me défouler !... » que ce soit. Sombre journée. Adriano Panatta avait éliminé Borg en quart de finale des Internationaux de Roland Garros, en quatre sets « au couteau ». Pour tenter d'oublier cette déception, les trois hommes s'étaient engouffrés dans l'auto et ils étaient partis à la recherche d'une terrasse de bistro pour y boire une bière fraîche. Et puis ils s'étaient paumés sur le périphérique. Agacés, ils avaient regagné leur hôtel, le Sofitel Sèvres, pour y garer la Saab et appeler un taxi. Soudain, à peine dans le hall, Borg se rue sur le téléphone. Il demande à parler à une jeune Roumaine, Mariana Simionescu, en train de se mettre au lit quelque treize étages plus haut. Ce coup de téléphone l'amuse. Ce coup de téléphone l'intrigue. Mais elle s'habille en vitesse. Vingt minutes plus tard, ils se retrouvent quatre  : Mariana Simionescu, Bjorn Borg, Rune Borg et Lennart Bergelin, à la terrasse du Fouquet's. L'une des plus célèbres idylles de cette fin de siècle est en train de se mettre en place. Bjorn parle encore moins que d'habitude. C'est-àdire qu'il est muet. Quasiment. Il regarde Mariana comme s'il ne l'avait jamais vue. « Effectivement, jusqu'à ce moment-là, je l'avais tout juste remarquée... » Sur l'instant, Bjorn avait eu peur d'être envoyé paître, au téléphone. Il lui en a beaucoup coûté de consentir à cet aveu, bien plus tard, une fois sa liaison avec Mariana dûment établie et transformée en « fiançailles officielles ». Car depuis cette soirée du Sofitel-Sèvres, Bjorn et Mariana sont restés inséparables. Pour le jeune Scandinave, que l'on croyait incapable d'un geste spontané, ce fut la révélation d'un nouvel équilibre. Pendant longtemps, sa vie sentimentale avait été un mystère. Il s'était laissé complaisamment photographier avec Caroline de Monaco. Il s'affichait ouvertement avec une jeune tenniswoman suédoise, Helena Anliot. De la frime. Du cinéma. Dans le désarroi d'une soirée qui terminait mal une journée pénible, Bjorn s'était réfugié 92 près d'une Roumaine de vingt ans qu'il connaissait à peine. Le docteur Freud en personne lui avait indiqué le chemin du téléphone. Sans ce creux de la vague où « l'invincible » avait ôté sa carapace, Mariana s'était trouvée là. Cinquante mois plus tard, elle gagne une deuxième fois. En devenant Madame Borg... Cet épilogue très moral du plus célèbre double mixte du monde n'est ni une exception ni une règle commune dans l'univers du tennis. Les tennismen ne grattent pas toujours les cordes de leurs raquettes comme celles d'une guitare platonique. Les chansons poussées sur les courts ne sont la plupart du temps que des chants de conquêtes vite soumises. Bourreaux des coeurs et des courts en même temps, ces héros des victoires obtenues en « cinq sex » battent de fort loin, au hit-parade des culottes roses retirées sans sourciller et des soutiens-gorge dénoués d'une main qui ne tremble pas, tous les autres « machos » du sport moderne  : les pilotes de course, auréolés du danger qu'ils dominent, les boxeurs fiers de leur muscles, les footballeurs, les rugbymen... La solitude du tennisman de fond n'est qu'une légende bidon. Dans les tribunes de Roland Garros, elles seront des milliers à mourir d'amour pour les beaux yeux d'Adriano Panatta, la démarche puissante de Guillermo Vilas, la silhouette féline de Yannick Noah, la virilité d'acier de John McEnroe, le charme du ténébreux Raul Ramirez, la désinvolture de Vitas Gerulaïtis... L'idolâtrie pour le champion se nourrit d'un féroce appétit sexuel. « Dans les vestiaires de Roland Garros, le casier du courrier réservé aux joueurs est toujours trop petit. Il déborde de lettres que l'on ne jette jamais. Du moins tant que l'on est célibataire... » révélait, voilà peu, un Français, très réputé pour ses prouesses d'alcôve et très critiqué pour avoir laissé s'étioler un joli talent naissant. Un tennisman bien organisé, sur le plan physique, note soigneusement sur un carnet rose toutes ses « conquêtes garanties », pays par pays, ville par ville, en précisant même les... « spécialités ». De tels petits carnets se complètent parfois par voie d'échange. « C'est le meilleur moyen de ne pas se tromper. Toutes mes adresses sont accompagnées de photographies récentes. Pour rafraîchir la mémoire et... les sens. Mon système est simple. Lors d'un tournoi, je commence ma journée en téléphonant à trois ou quatre amies. Je les retiens pour le soir, par principe, en leur indiquant que je leur confirmerai ou non ce programme en fonction de mon résultat, en fin de journée. Comme ça, quoi qu'il arrive, je ne suis jamais seul. Si j'ai gagné, je choisis une compagne tranquille. Si j'ai perdu, je peux me défouler plus librement !... » précise cet autre habitué des grands tournois internationaux, qui parcourt le monde au rythme de quarantequatre semaines par an. Lui non plus n'est pas une exception. Il est l'une des figures les plus représentatives de cette « sex-connection » qui, un peu partout, apporte un certain répit aux guerriers de la balle blanche. Bref, de tous les sports modernes, le tennis est celui qui a aboli le plus vite tous les tabous sexuels. D'abord en institutionnalisant froidement les compétitions mixtes. Ensuite, par son individualisation forcenée qui laisse chacun, ici ou là, entièrement libre de ses gestes et de ses désirs. Combien d'étreintes fugitives ne se sont-elles pas nouées ou dénouées, dans des chambres d'hôtel, à Monaco comme à Francfort, à Buenos Aires ou à Tokyo, à Acapulco ou à Rome, à Miami ou à Johannesburg, bref aux quatre coins de la planète, au gré d'une envie irrésistible, d'un brusque manque sexuel, d'un vague à l'âme ou, plus prosaïquement encore, d'un soudain « coup de coeur » ?... Le principe de l'abstinence en période de haute compétition est ici rejeté par les hommes et les femmes avec une vigueur identique. Naguère, Benny Berthet, le capitaine de l'équipe de (Suite page 178.)



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