Lui n°197 juin 1980
Lui n°197 juin 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°197 de juin 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 198 Mo

  • Dans ce numéro : spécial tennis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CALIFORNIQUE Elle planifie l'instant de ses étreintes de la même façon qu'elle subit ses heures de bureau. S'il tombe sur un mauvais jour, Redford lui-même s'entendra répondre non (Suite de la page 142.) la performance est un « must ». Chaque rencontre met à l'épreuve l'idée qu'un homme se fait de sa propre virilité. Toute aventure est un combat, toute approche féminine, un rapport de force dont il doit sortir vainqueur sous peine de se sentir déshonoré. A Los Angeles, le sexe, dans la hiérarchie des valeurs, arrive loin derrière l'argent, le confort, les cadeaux, la puissance. On est « cool ». Coucher ou ne pas coucher, quelle importance ? Si l'on en a vraiment envie, la parade de la séduction est à la portée d'un enfant de la maternelle. Un regard qui est une invite et parfois, si l'on se sent d'humeur bavarde, la phrase rituelle  : « Your place or mine Chez toi ou chez moi ? ». On doit noter cependant un petit détail. La question clé, ce n'est pas l'homme qui la pose, mais la femme. Homme, femme, dans l'inconscient, ces deux mots n'ont aucun sens. On peut très bien être détenteur d'un phallus dans son caleçon et se comporter comme une flaque. Ou bien en avoir un dans son citron l'hystérique — et sodomiser la terre entière. Pour mieux comprendre le fantastique phénomène d'inversion qui se déroule actuellement à l'échelle des Etats-Unis, il suffit de remplacer les mots « homme-femme » par « actif-passif ». En Amérique, c'est la femme qui est active. Elle fait les avances, prend les initiatives, décide du moment, du lieu. Comme très souvent elle travaille, elle planifie l'instant de ses étreintes de la même façon qu'elle subit ses heures de bureau. Le hasard n'existe plus dans la carte du Tendre. S'il tombe sur un mauvais jour, Robert Redford luimême peut bien s'enfermer avec une secrétaire dans sa chambre à coucher sous prétexte de lui dicter une lettre. S'il devient pressant, il s'entendra répondre  : « Sorry, it's not mv day ». En revanche, la même dactylo qui aura programmé sa partie de jambes en l'air le samedi entre 18 et 22h, se rabattra sur n'importe quoi pour respecter son planning. Pas besoin d'être beau, intel- 144 ligent ou drôle. Il suffit d'être là au bon moment. Je connais des Yougoslaves au physique de Quasimodo dont les palmarès californiens feraient pâlir de jalousie les séducteurs européens professionnels. Là où le Turc et le caporal sevré de la Légion étrangère feraient fortune, le mâle américain a démissionné depuis longtemps. Hommeobjet terrifié par la voracité de la femme, il s'esquive, rompt, devient fuyant, évasif. Et à son tour, ne se donne qu'à certaines conditions, dans le respect de certains rites. La route du lit, collective ou privée, passe obligatoirement par l'alcool, le jacuzzi, la f u mette ou la coke. La coke, on vous la propose avec la même facilité qu'une cigarette de marijuana. On vous la tend avec naturel sur le dos du pouce, par courtoisie. Vous refusez. Votre hôte la renifle. Le voilà parti pour quelques heures de bien-être. A ce stade-là, même une femme lui paraît désirable. La détente va se poursuivre dans le jacuzzi. Jacuzzi  : un mot et une chose qui ont fait un malheur ! Le mot est un nom propre, celui d'un plombier italien qui a eu l'intelligence de faire breveter un procédé dont la vente à des entreprises sanitaires lui a déjà rapporté plus de deux cents millions de dollars. La chose est con comme un balai  : une vaste baignoire perforée dont les orifices crachent des jets d'eau tiède bouillonnante. Pas de soirée réussie sans jacuzzi. Tout le monde se déshabille et plonge, sans distinction de sexe ou d'âge. Baromètre absolu de la promotion sociale californienne, les plus luxueux des jacuzzi sont des dixquinze places. On s'y tripote avec délices, sans bien savoir quoi appartient à qui. La reniflette fait son effet. L'aile du génie vous touche. Tout le monde devient beau, bon, fraternel. Les inhibitions disparaissent, l'imaginaire prend le pouvoir tandis que s'égarent les mains et que les éventuels numéros de téléphone privés, écrits au feutre Bic sur la partie la plus charnue des invités dans le délire de leur communication, disparaîtront quel ques minutes plus tard sous l'action conjuguée des jets et du frottement des peaux anonymes. Autant en emporte la mousse... Le lendemain, plus personne ne se connaît. Vous vous souvenez de ce film de Charlot dans lequel un milliardaire ne le reconnaissait que lorsqu'il était sacâul ? Eh bien c'est la même démarche ! A jeûn, les refoulements du vieux puritanisme jouent à plein temps. Etrange paradoxe  : la liberté absolue du discours et de l'acte contrée par le blocage inconscient du refoulement. Le tout s'articulant sur un maître-mot  : le Désir, avec un grand D. Ou plutôt, sur son absence. Là réside la faille  : on fait l'amour sans désir. Par souci d'hygiène avoué chez la femme bien que ses motivations réelles, beaucoup plus subtiles et profondes, lui échappent et par nécessité, chez l'homme, de montrer qu'on en a une. Et qu'à la limite, on peut s'en servir. Pas étonnant que sur dix mâles, séparément ou par accumulation, six se schnouffent, cinq soient franchement homosexuels, trois, un peu, deux, à voile et à vapeur, quatre, tellement dopés au scotch par épouvante de la femme qu'ils ne sont plus bons à rien. Le dernier réfléchit. Il pense... Bien entendu, s'il pense, il ne baise pas ! Et si par distraction, il baise, il le fait en pensant à autre chose. Comme si tous ces interdits, abolis par décret, se reconstituaient instantanément sur un autre registre. Celui de la jouissance, précisément. Par opposition au plaisir qui est une espèce de courant continu à faible voltage, la jouissance est éclat, chaleur, lumière, intensité. Fugace dans le temps, déchirante au point de faire oublier le verbe « être », placée sous les signes « plus » et « ailleurs », elle est forçage. Jouir ne se produit que lorsque quelque chose craque. Par exemple, lors de la transgression d'un interdit, dont le premier impératif catégorique est la prohibition de l'inceste, pierre d'achoppement tabou de toute civilisation. Le sexuel, contrairement à ce que pense (Suite page 146.)
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