Lui n°197 juin 1980
Lui n°197 juin 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°197 de juin 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 198 Mo

  • Dans ce numéro : spécial tennis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIEN « Mais, dix minutes plus tard, nous étions au vestiaire, battus et déçus ! Sur ces balles rapides et franches, Borotra avait exécuté des volées prodigieuses... (Suite de la page 10.) On essayait d'oublier notre admiration pour lui, au moins pour excuser notre défaite. A la fin du match, il nous expliqua qu'il montait au filet parce qu'il jugeait trop fatigant de rester au fond du court. Chaban-Delmas C'est exact. Quand Jean Borotra approcha de la trentaine, il essaya d'acquérir un jeu de fond. Il croyait en avoir besoin. Il s'entraînait tous les jours, sur cinq sets, au Racing, à la Croix Catelan, avec Martin Plaa, un technicien étonnant, d'une résistance exceptionnelle, qui venait toujours au Racing après avoir joué avec Cochet, pendant cinq sets également, à Roland-Garros. Les enfants que nous étions suivaient ces matches « au couteau », haletants et stupéfaits. Mais Borotra ne persista pas longtemps dans cette voie. Il se rendit compte qu'il était dans l'erreur. C'était effectivement trop éprouvant. Pour lui, avec ses remarquables facultés de démar- rage, le mieux était de servir et de bondir instantanément au filet. Ainsi, il n'y avait pas d'échanges... Pour ma part, je m'efforce de m'inspirer de cette manière et je suis meilleur sur bois que sur terre battue. Borotra était un destructeur du jeu adverse. On ne devait pas lui donner la moindre ouverture. Une année, en Coupe Porée, nous nous sommes retrouvés face-à-face en double mixte. Borotra était associé avec Colette Boegner. Ils formaient l'un des meilleurs tandems du monde. J'avais pour partenaire une jeune joueuse charmante, Mademoiselle Marquet, classée à quatre/sixième et riche d'un excellent coup droit, solide et perforant. Comme seule et unique recommandation, je lui avais demandé de ne pas chercher à bien jouer devant Borotra. Sinon nous irions à la catastrophe. Il fallait donc multiplier les petites balles, molles, courtes, dans les pieds, sur la droite. EAU DE saanE EAU DE TOILETTE Des balles d'enfant. Je lui avais promis que ce serait rentable. Tout se passa très bien. Notre tactique portait ses fruits et ma coéquipière se montrait très appliquée et disciplinée. Nous tenions tête à Jean et Colette  : ce n'était pas une mince performance. Nous nous sommes approchés très près de la victoire  : au dernier set, nous menions et nous n'étions qu'à deux points du match. Soudain, à ce moment précis, ma partenaire, qui n'avait pas pu sortir un seul drive pendant quatre-vingt-dix minutes, lâcha prise. Elle vit, brusquement, un boulevard devant elle, pratiquement la moitié du court et... pas de Borotra dans cette zone ! Elle frappa un bon coup droit. Elle réussit même plusieurs merveilleux coups droits. Mais, dix minutes plus tard, c'était fini  : nous étions au vestiaire, battus et déçus ! Sur ces balles rapides et franches, Borotra avait exécuté deux volées EAU DE sal'dME. LA SENTEUR D
ENTRETIEN Le tennis est le seul sport qui permette à quiconque, quel que soit son talent, de réussir un jour, dans une seconde fugitive et imprévue, le meilleur coup du monde... prodigieuses puis quatre volées basses consécutives. Il n'y avait plus moyen de l'arrêter. C'était incroyable. Le talon d'Achille de Borotra, lors de sa splendeur, c'était la toute petite balle, cotonneuse à souhait, incertaine, ralentie, à droite, sur laquelle il n'était jamais à l'aise. Par contre, sur tous les autres types de balles, Borotra n'avait pas son pareil pour détruire le jeu de son adversaire. Il continue. Dabadie Un des autres sommets de ce match de Biarritz, ce fut une réflexion de Borotra. A un moment, il s'est tourné vers son partenaire, Christian Duxin, pour lui dire, sans rire du tout, des mots révélateurs  : « Avant le prochain tour, il faut que je travaille mon smash parce qu'il manque de régularité en ce moment... » Chaban-Delmas Je vous remercie ! Nous l'avons rencontré, Henri Pellizza et moi au tour suivant, et nous avons eu énormément de difficultés ! 0. : :.:  : - st = - 1../.ti :.'.', 1. 1i.. N.:.,  : i  : 'i.i +, iy, i'r ii. ib."Mis'Dabadie Bref, pour moi, le fait que Borotra, à soixante-dix-huit ans (il en a quatre-vingt-un maintenant), après sa fantastique carrière, ait encore le souci de travailler son smash, incarne tout l'espoir et le désespoir du tennis, quels que soient notre âge, notre talent, nos moyens... En tennis, que l'on soit puissant ou misérable, c'est-à-dire Bjorn Borg ou moi-même un non classé qui appartient à l'immense majorité silencieuse et souffrante des pratiquants —, on doit se persuader que même en travaillant très assidûment, en devenant même l'un des meilleurs mondiaux, on ne possède jamais un coup à vie... Le registre personnel ne grossit pas comme un compte d'épargne. Tout peut tout le temps se détériorer, se dérégler, se remettre en question. Pour des détails infimes. En résumé, le désespoir du tennis, c'est de se dire que, tout en étant un grand champion, on n'est jamais à l'abri de problèmes de jeu, des problèmes qui contrarient la vie privée ou professionnelle... Mais, en contrepartie, tout l'espoir c'est de savoir qu'à quatrevingts ans, comme le démontre Borotra, le tennis est un sport que l'on entretient de par sa propre volonté et non pas un sport qui « vous » entretient. L'espoir de progresser, même à quatre-vingts ans, demeure vivace. Pourquoi donc cette oscillation constante entre ces deux pôles de l'espoir et du désespoir ?... Tout simplement parce que le tennis est le seul sport au monde qui permette à quiconque, quel que soit son talent —, de réussir un jour, dans une seconde fugitive et imprévue, le meilleur coup du monde ou le même coup que celui du meilleur joueur du monde. Cette griserie est propre au tennis. Le sauteur en longueur Bob Beamon n'a jamais réédité son fameux bond des jeux Olympiques de (Suite page 16.) ES GRANDS ESPA AU VAGE S.



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