Lui n°195 avril 1980
Lui n°195 avril 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°195 de avril 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 184

  • Taille du fichier PDF : 215 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Nastassja Kinski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 62 - 63  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
62 63
LA VOIX DE LA LIBERTE Ça « refroidit la marmite »  : les instants qui suivent une prise d'otages sont les plus dangereux. Ils sont dans une telle psychose de force qu'ils tueraient sans hésitation » Un grand bureau dans une étroite maison flamande d'Amsterdam. Quelques plantes vertes et une série d'armoires métalliques grises. Une seule tache de couleur au mur  : le chromo d'un petit port sur un lac italien. L'homme assis derrière sa table encombrée de dossiers a la soixantaine et les joues roses d'un bourgmestre dans un tableau de Franz Hals. Posé devant lui se trouve un portedocuments dont il extrait une thermos de café brûlant et une pomme, les deux ingrédients avec lesquels il entame toujours sa journée de travail. Le docteur Henrick Jagerman est le fils d'un ancien ouvrier devenu inspecteur des prisons d'Amsterdam. Tout jeune, il a accompagné son père dans ses visites aux détenus et ressenti une fascination particulière pour la mentalité criminelle. Guidant des touristes le long des canaux et dans les musées de sa ville natale pour payer ses études, il est devenu psychiatre spécialiste en criminologie. Ce Hollandais modeste et obscur est en fait la plus grande autorité mondiale en matière de psychologie terroriste  : une sorte de « Docteur Terrorisme » unanimement reconnu par les polices internationales. C'est lui qui a résolu, par ses méthodes originales, et non violentes, quelques-unes des plus retentissantes affaires de prises d'otages ayant frappé la Hollande au milieu des années soixante-dix, notamment la capture de l'ambassade de France à La Haye par des Palestiniens, la prise en otage d'une chorale venue chanter l'office de Noël dans une prison, l'attaque de deux trains de voyageurs et d'une école par des terroristes moluquois. Pour des raisons faciles à comprendre, ce maître de la science anti-terroriste fuit toute publicité. Il n'accorde jamais d'interviews, 62 ne fait aucune apparition publique, n'accepte jamais aucun honneur. Car demain une nouvelle prise d'otages l'appellera quelque part dans le monde, et ses auteurs ne devront pas soupçonner à quel genre d'adversaire ils auront affaire. Le docteur Jagerman a pourtant fait une exception à ses sacro-saintes habitudes. Il a accepté de « jouer » avec moi un des épisodes marquants du fantastique scénario que nous avons imaginé avec Larry Collins dans notre roman « Le cinquième cavalier ». Des jours durant, nous avons disséqué ensemble la personnalité du colonel Kadhafi et celle des terroristes en général, pour élaborer la doctrine de dissuasion psychologique que les forces de l'ordre doivent être en mesure d'appliquer pour résoudre pacifiquement une affaire de chantage avec prise d'otages et préserver la vie des victimes. Lapierre Il semble que les prises d'otages constituent aujourd'hui l'une des armes favorites de l'action politique violente. Qu'est-ce qui pousse un homme, ou un groupe d'hommes, à préférer ce mode de terrorisme ? Jagerman Sans aucun doute l'exceptionnelle publicité que procure à ses auteurs et à leur cause ce type d'opération. Du jour au lendemain, des inconnus, des marginaux, des minorités rejetées démontrent à la face du monde leur existence et la valeur de leur cause. Ils cessent d'être des « oubliés » pour devenir des « demidieux ». Qui connaissait l'existence des Moluquois avant qu'ils ne s'emparent des deux trains hollandais ? Lapierre Pour agir efficacement, il faut d'abord que vous sachiez à qui vous avez affaire. J'imagine que des Palestiniens, des Moluquois, un chef d'Etat comme Kadhafi ou comme Khomeiny, et un vulgaire braqueur de banque ne se manipulent pas de la même façon. Jagerman Non, certes. Mais la techni- que d'intervention reste la même dans tous les cas. D'abord entrer en contact avec l'adversaire. Immédiatement. C'est vital. Sans l'établissement d'un dialogue, rien n'est possible. Lapierre Alors, tout de suite, une précision. Des lecteur du « Cinquième cavalier » se sont étonnés que, dans le scénario de chantage atomique que nous avons imaginé, votre première recommandation au président Carter serait de refuser un dialogue direct avec Kadhafi. Pourquoi ? Jagerman Mon premier souci est toujours de gagner du temps. Or, cela serait pratiquement impossible si l'autorité suprême celle qui peut accorder au terroriste ce qu'il réclame entame d'entrée de jeu les négociations. Car le terroriste risquerait de l'acculer tout de suite le dos au mur, d'exiger une réponse immédiate. C'est pourquoi je préconise toujours d'interposer un négociateur entre le terroriste et l'autorité. Si le terroriste formule une exigence pressante, le négociateur peut alors prétexter qu'il doit en référer à ceux qui ont le pouvoir d'accorder ce qu'il demande. Lapierre Et si les terroristes refusent de parler ? Jagerman Cela n'arrive jamais. Des hommes qui viennent de s'emparer d'une ambassade ou de détourner un avion sont dans un tel état d'hyperexcitation paranoaïque et d'érection psychique qu'ils n'attendent qu'une chose  : qu'on les laisse se défouler verbalement, exprimer leurs exigences, énumérer leurs griefs et leurs doléances. Ces discours sont extrêmement importants car les terroristes s'y trahissent toujours d'une façon ou d'une autre. Ils donnent des indications capitales sur leur passé, leur éducation, leur niveau psychique et physique, sur leur ego, leur degré d'intégration, leurs tensions, leurs faiblesses. Mais ce défoulement verbal permet surtout de « refroidir la marmite ». Car les instants qui suivent immédiatement une prise d'otages sont les plus dangereux de (Suite p.70.)
4-"_'tvia.-, - 2q  : i zigliliiii..7, ir i -41-F, I dii.:,Iiiiii:.  : ii:Eiiikitibiiii:iiii ilmlilfitt...7,.v:ii iiii ; i  : EiTiliriiillEitiftuliV.47: ; ; Lis ill'iliffiltoiallirtt.i...42.4IIIi ; "171,2411'. iiiiiiiiiiiiifilliv. F ; i  : lull:iiiiiiii_ighlui _ijiii =^..""" u qi « Tiighll — Poisson d'Aurü/63



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 195 avril 1980 Page 1Lui numéro 195 avril 1980 Page 2-3Lui numéro 195 avril 1980 Page 4-5Lui numéro 195 avril 1980 Page 6-7Lui numéro 195 avril 1980 Page 8-9Lui numéro 195 avril 1980 Page 10-11Lui numéro 195 avril 1980 Page 12-13Lui numéro 195 avril 1980 Page 14-15Lui numéro 195 avril 1980 Page 16-17Lui numéro 195 avril 1980 Page 18-19Lui numéro 195 avril 1980 Page 20-21Lui numéro 195 avril 1980 Page 22-23Lui numéro 195 avril 1980 Page 24-25Lui numéro 195 avril 1980 Page 26-27Lui numéro 195 avril 1980 Page 28-29Lui numéro 195 avril 1980 Page 30-31Lui numéro 195 avril 1980 Page 32-33Lui numéro 195 avril 1980 Page 34-35Lui numéro 195 avril 1980 Page 36-37Lui numéro 195 avril 1980 Page 38-39Lui numéro 195 avril 1980 Page 40-41Lui numéro 195 avril 1980 Page 42-43Lui numéro 195 avril 1980 Page 44-45Lui numéro 195 avril 1980 Page 46-47Lui numéro 195 avril 1980 Page 48-49Lui numéro 195 avril 1980 Page 50-51Lui numéro 195 avril 1980 Page 52-53Lui numéro 195 avril 1980 Page 54-55Lui numéro 195 avril 1980 Page 56-57Lui numéro 195 avril 1980 Page 58-59Lui numéro 195 avril 1980 Page 60-61Lui numéro 195 avril 1980 Page 62-63Lui numéro 195 avril 1980 Page 64-65Lui numéro 195 avril 1980 Page 66-67Lui numéro 195 avril 1980 Page 68-69Lui numéro 195 avril 1980 Page 70-71Lui numéro 195 avril 1980 Page 72-73Lui numéro 195 avril 1980 Page 74-75Lui numéro 195 avril 1980 Page 76-77Lui numéro 195 avril 1980 Page 78-79Lui numéro 195 avril 1980 Page 80-81Lui numéro 195 avril 1980 Page 82-83Lui numéro 195 avril 1980 Page 84-85Lui numéro 195 avril 1980 Page 86-87Lui numéro 195 avril 1980 Page 88-89Lui numéro 195 avril 1980 Page 90-91Lui numéro 195 avril 1980 Page 92-93Lui numéro 195 avril 1980 Page 94-95Lui numéro 195 avril 1980 Page 96-97Lui numéro 195 avril 1980 Page 98-99Lui numéro 195 avril 1980 Page 100-101Lui numéro 195 avril 1980 Page 102-103Lui numéro 195 avril 1980 Page 104-105Lui numéro 195 avril 1980 Page 106-107Lui numéro 195 avril 1980 Page 108-109Lui numéro 195 avril 1980 Page 110-111Lui numéro 195 avril 1980 Page 112-113Lui numéro 195 avril 1980 Page 114-115Lui numéro 195 avril 1980 Page 116-117Lui numéro 195 avril 1980 Page 118-119Lui numéro 195 avril 1980 Page 120-121Lui numéro 195 avril 1980 Page 122-123Lui numéro 195 avril 1980 Page 124-125Lui numéro 195 avril 1980 Page 126-127Lui numéro 195 avril 1980 Page 128-129Lui numéro 195 avril 1980 Page 130-131Lui numéro 195 avril 1980 Page 132-133Lui numéro 195 avril 1980 Page 134-135Lui numéro 195 avril 1980 Page 136-137Lui numéro 195 avril 1980 Page 138-139Lui numéro 195 avril 1980 Page 140-141Lui numéro 195 avril 1980 Page 142-143Lui numéro 195 avril 1980 Page 144-145Lui numéro 195 avril 1980 Page 146-147Lui numéro 195 avril 1980 Page 148-149Lui numéro 195 avril 1980 Page 150-151Lui numéro 195 avril 1980 Page 152-153Lui numéro 195 avril 1980 Page 154-155Lui numéro 195 avril 1980 Page 156-157Lui numéro 195 avril 1980 Page 158-159Lui numéro 195 avril 1980 Page 160-161Lui numéro 195 avril 1980 Page 162-163Lui numéro 195 avril 1980 Page 164-165Lui numéro 195 avril 1980 Page 166-167Lui numéro 195 avril 1980 Page 168-169Lui numéro 195 avril 1980 Page 170-171Lui numéro 195 avril 1980 Page 172-173Lui numéro 195 avril 1980 Page 174-175Lui numéro 195 avril 1980 Page 176-177Lui numéro 195 avril 1980 Page 178-179Lui numéro 195 avril 1980 Page 180-181Lui numéro 195 avril 1980 Page 182-183Lui numéro 195 avril 1980 Page 184