Lui n°195 avril 1980
Lui n°195 avril 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°195 de avril 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 184

  • Taille du fichier PDF : 215 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Nastassja Kinski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIEN « Entre 1700 et 1729, nous avons trente-cinq mille morts violentes dans l'île et, à l'époque de Mérimée, il y avait neuf cents crimes de sang par an ! » (Suite de la page 18.) Ils ont mis du temps à s'en rendre compte parce que, en Corse, il est difficile de passer pour quelqu'un d'exceptionnel. C'est une société totalement égalitaire. Vous n'épatez personne parce que vous êtes empereur. Comme on dit en Corse  : « Je l'ai connu cerisier ». C'était la réflexion d'un homme qui montrait sa commode en disant  : « Regarde comme elle est belle ! » et son ami lui répondit  : « Moi, je l'ai connue cerisier... » C'est tout à fait ça. En Corse, l'Empereur, c'est surtout le Bonaparte... celui qu'on connaît. Ça n'a rien d'époustouflant. A partir de 1848, c'est la IIe République, et le retour du suffrage universel  : nous redevenons les premiers citoyens en Méditerranée, car les Italiens ne découvriront le suffrage universel qu'en 1911. Ce qui rapproche définitivement la bourgeoisie corse de la France, c'est le Prince-Président. Non parce qu'il est un Napoléon, mais parce qu'il a été un carbonaro qui a lutté pour le Risorgimento. Et en 1870, nous donnons au gouvernement de la Défense nationale beaucoup de volontaires. Et c'est à partir du Second Empire que nous entrons en masse dans la haute administration et que des cadres intermédiaires servent l'Etat. Lui Justement, pourquoi tant de Corses servent-ils de préférence l'Etat ? Sanguinetti Parce que nous n'aimons pas servir un particulier. L'Etat est une entité abstraite. Le marché qu'on passe avec l'Etat est le suivant  : nous te vendons quinze, vingt ou vingt-cinq ans de notre vie, et tu nous rends quinze, vingt ou vingt-cinq ans de liberté par la retraite et... une parcelle de ton pouvoir !... Servir autre chose qu'une entité, nous n'aimons pas ça  : ou on choisit la profession libérale, ou bien on est au service de l'Etat. Et c'est pour cela que nous sommes en retard, parce que nous n'avons pas choisi les professions et les métiers dont la Corse a besoin. Comme disait un brave conseiller municipal d'Ajaccio  : « Que voulez-vous, nous sommes un peuple 20 de cadres ; il faut bien avoir des gens à encadrer ! » Lui Vous dites, dans votre livre, que la IIIe République a été, pour les Corses, le régime d'élection ? Sanguinetti Nous avons été à l'aise dans la IIIe République quoique nous ayons toujours connu le système « bipartite ». Il y a toujours en Corse deux partis, et cela nous vient du fond des âges, cela nous vient des Guelfes et des Gibelins ! Les Guelfes les Noirs — partisans du pape, et les Gibelins les Blancs partisans de l'Empereur. C'est comme ça qu'il y a toujours eu deux partis en Corse. Pourquoi deux partis ? Parce que depuis toujours le Corse ne croit pas que le bulletin de vote soit l'expression d'un droit sacré, c'est une arme de pays pauvre. En somme, malgré notre pauvreté, nous avons appliqué le même système que les riches Américains, c'est-à-dire le spoil system. Qui paye ? Celui qui est vaincu. Qui profite ? Celui qui a gagné. Ça, ils le comprennent !... Par exemple, dans un village, si le camp noir a gagné aux élections municipales, les impôts sont à la charge du camp blanc, et les réalisations effectuées avec cet argent sont pour le camp noir. Cela explique l'âpreté des luttes... Lui Avec la III` République, les Corses commencent à exister politiquement, intellectuellement ? Sanguinetti I1 y a déjà beaucoup de journalistes, d'avocats corses. Trois phénomènes sont décisifs  : la loi sur les collectivités locales de 1884 qui fait vraiment de la possession de la mairie quelque chose de très important. Deuxièmement, la loi sur l'enseignement obligatoire de 1882, troisièmement, la loi sur le service militaire obligatoire de 1889. La loi sur l'enseignement obligatoire du français dans les écoles primaires est édictée dans un pays qui parle encore à 90% le corse et seulement le corse. Comme nous sommes très pauvres, le français devient une arme, il permet d'obtenir des diplômes. Et nous nous jetons sur ceux-ci avec une telle voracité qu'en 1914, nous sommes les recordmen de France des bacheliers et des licenciés par rapport à notre population ! Et cela nous francise. Tout le monde parle français, même dans les hauts villages, sauf les vieilles femmes. Mais où aller ? C'est le début de l'Empire. Nous sommes déjà allés en Algérie mais, à partir de 1880, c'est la Tunisie, l'Indochine, l'Afrique noire, le Maroc, et nous nous y précipitons. Pas ma famille, car la tradition de ma famille depuis 1840, c'est l'Egypte ! Certains vont au Venezuela, à Porto- Rico et ceux-là sont perdus pour la Corse. D'autres portent fièrement le drapeau français partout dans le monde où la France est puissance dominante. Et voici, après la Deuxième Guerre mondiale, le phénomène de décolonisation. Il les touche, les désoriente, les déçoit énormément. Beaucoup d'entre eux le ressentent comme un affaiblissement du prestige de la France. Puis, c'est la guerre d'Algérie... Lui Le Français du continent a-t-il aujourd'hui une image claire de ce qu'est la Corse ? Sanguinetti Vous savez, le Français n'a aucune image claire de ce qui n'est pas lui-même ! Et encore, je ne suis pas très sûr qu'il sache bien qui il est... Les Corses ont le sentiment que les Français ne les connaissent pas, qu'on les prend, au fond, pour une sorte de tribu primitive ! En fait, nous avons été victimes des écrivains à succès du XIXe siècle. Nous avons eu Colomba de Prosper Mérimée, les Frères Corses, Matteo Falcone... Lui L'honneur corse, la vendetta, le maquis, ce n'est tout de même pas faux... Sanguinetti Entre 1700 et 1729, nous avons trente-cinq mille morts violentes dans l'île et, à l'époque de Mérimée, il y avait neuf cents crimes de sang par an ! C'était une population d'une violence extrême. Mais ces romans, au fond, ne nous ne ressemblent pas. Bref, on s'est fait de (Suite page 24.)
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