Lui n°195 avril 1980
Lui n°195 avril 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°195 de avril 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 184

  • Taille du fichier PDF : 215 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Nastassja Kinski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIEN 1840  : le retour des cendres de l'Empereur... C'est là qu'ils se sont rendus compte que c'était « payant »  : ils avaient fourni à l'Histoire un homme exceptionnel ! » (Suite de la page 16.) une constitution qui ressemblerait davantage à une constitution américaine qu'aux constitutions françaises qui ont suivi la Révolution. Paoli est un homme des lumières. Ce n'est pas un révolutionnaire. Mais en 1768, les Français arrivent. Pourquoi ? D'abord parce qu'il y a déjà longtemps qu'ils s'intéressent à nous  : ils sont déjà venus en 1738, en 1742, par personnes interposées, pour le compte de Gênes. Cette fois nous sommes l'enjeu de la rivalité hégémonique de la France nation-colosse de l'époque et de l'Angleterre en Méditerranée, à la veille de la guerre d'Amérique, au lendemain de la guerre de sept ans. Résultat  : les Français ils sont à Toulon envoient progressivement beaucoup de monde, vingtsept mille hommes au total. Nous les combattons et sommes battus à Ponte Novo. Mais remarquez bien que s'il y 18 [FILTER CIGARETTES J a trois mille Corses paolistes à Ponte Novo, on trouve déjà mille Corses dans les rangs français ! Cela a toujours été notre problème. Il y a toujours eu chez nous un parti de l'extérieur  : c'est une constante de notre histoire... Mais les Français n'ont pas mal manoeuvré  : ils ont été brutaux, certes, mais toute l'époque était brutale. Lui La révolution française de 1789 est un grand événement pour la Corse. Certains Corses y voient le triomphe de leurs idées ? Sanguinetti Oui. Nous n'étions pas en retard sur ce point ! Mais viennent les années 1792-1793-1794 et Paoli, d'abord soulevé d'espoir par la révolution, se révolte pour la deuxième fois, rate son coup et fait venir les Anglais, car, je le répète, tout homme qui se révolte en Corse est tôt ou tard acculé à faire appel à une autre puissance pour résister à la puissance qui l'occupe  : il n'y a pas d'exemple que cela se soit soit Léo Burnett passé autrement  : Paoli finira en exil en 1807 à Londres. Lui Quand Napoléon, quand le Premier Consul apparaît sur la scène politique, la Corse se sent-elle française ? Sanguinetti Apparemment pas. Il faut bien comprendre que si Napoléon est un phénomène fondamental du point de vue français et européen, il ne l'est pas du point de vue corse. Pour une raison simple  : Napoléon ne s'est pas occupé de la Corse ! Il l'a quittée en 1792 et il n'y est revenue que deux jours en 1798, au retour d'Egypte. Napoléon a envoyé en Corse un excellent administrateur, Miot de Melito, qui a fait prendre un certain nombre d'arrêtés dont nous nous réclamons toujours. Mais il nous a aussi réprimés durement  : il nous a envoyé un général nommée Morland qui n'était pas un tendre. Mais qui était tendre à l'époque ? Ce Morland doit d'ailleurs être le frère de celui qui commandait le régiment des chasseurs à cheval de la Garde et qui est mort à Austerlitz, qu'on a retrouvé un jour dans un tonneau de rhum aux Invalides où on l'avait conservé avec ses moustaches qui lui tombaient jusqu'aux genoux. Tout le monde l'avait oublié dans ce coin-là... Bref, les Corses ont conscience qu'ils n'ont pas été au centre des préoccupation de l'Empereur et il faut reconnaître qu'ils sont très égocentriques  : si on ne s'occupe pas d'eux, ils vous en veulent à mort... Arrive la Restauration. Et jusqu'en 1848, nous sommes comme le reste de la France  : il y a un vide politique. Lui Quand la Corse commence-t-elle à sentir française ? Sanguinetti Entre 1840 et 1850. Pourquoi 1840 ? C'est la date du retour des cendres de l'Empereur... Et si je voulais être insolent vis-à-vis de mes compatriotes, je dirais que c'est à ce moment-là qu'ils se sont rendus compte combien c'était payant  : ils avaient vraiment fourni à l'Histoire un homme exceptionnel... (Suite p.20.)
Le croque-coeur de Ted Lapidus.



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